
Paul Thomas Anderson a enfin gagné son Oscar… mais ces cinéastes attendent toujours la récompense suprême !
Alors que l’expression « passer sous le nez » semblait avoir été inventée pour Paul Thomas Anderson, qui a vu l’Oscar lui échapper onze fois par le passé, le metteur en scène américain est enfin rentré dans le club ! La malédiction a pris fin cette nuit lors de la 98ème cérémonie avec le triomphe d’Une bataille après l’autre (2025) qui repart avec six statuettes au total !
Trois décennies de malédiction pour « PTA »
Pour rappel, le réalisateur avait déjà séduit dès 1998 avec Boogie Nights (nommé dans la catégorie Meilleur scénario original), puis deux ans plus tard avec Magnolia (1999) pour la même catégorie. There Will Be Blood (2007) comptait des nominations pour le Meilleur Film, la Meilleure réalisation et le Meilleur scénario adapté, cette dernière catégorie étant celle retenue également pour Inherent Vice (2014).
Avec Phanthom Thread (2017), Paul Thomas Anderson est dans les starting blocks pour l’Oscar du Meilleur film et Meilleure réalisation. Mais encore raté : Guillermo del Toro rafle la mise avec La Forme et l’eau pour les deux catégories. En 2022, son film Licorice Pizza (2021) avait largement séduit l’Académie avec trois nominations (Meilleur Film, Meilleure réalisation et Meilleur scénario originale) mais là encore, pas de miracle.
Hitchcock et Lynch ignorés de leur vivant
L’histoire des Oscars est ainsi faite d’absences remarquables. Certains des plus grands cinéastes du XXᵉ siècle n’ont jamais été récompensés par l’Académie, malgré des carrières qui ont profondément marqué le cinéma mondial. Pensons à Alfred Hitchcock, l’inventeur du suspense moderne ou David Lynch, créateur d’univers surréalistes inoubliables. Ils ont laissé une empreinte indélébile sur le cinéma… sans jamais voir leur nom gravé au palmarès des Oscars de la Meilleure réalisation Il a également fallu attendre 2010 pour qu’une réalisatrice obtienne enfin l’Oscar pour la première fois, l’Américaine Kathryn Bigelow pour Démineurs (2008).
Aujourd’hui, certains réalisateurs et réalisatrices contemporains, talentueux, influents et souvent cités continuent de subir cet étrange « oubli ». Pour JustWatch, je vous fais une liste de sept cinéastes extraordinaires — hommes et femmes — qui ont marqué le cinéma… sans jamais décrocher l’Oscar de la Meilleure réalisation.
Greta Gerwig
Après le succès phénoménal au box-office de son film rose bonbon Barbie, Greta Gerwig s’impose comme une réalisatrice incontournable. C’est à la suite d’un début de carrière d’actrice dans le cinéma indépendant américain qu’elle passe derrière la caméra et connaît immédiatement un immense succès critique.
Son premier long métrage, Lady Bird (2017), est nommé à cinq Oscars et lui vaut une nomination dans la catégorie Meilleure réalisation, faisant d’elle l’une des rares femmes citées dans cette catégorie. Elle confirme ensuite son talent avec Les Quatre filles du Dr March (2020), puis connaît un succès mondial avec Barbie (2023).
Malgré cette reconnaissance critique et publique, l’Oscar lui échappe toujours.
Ridley Scott
La Reine Elizabeth a beau avoir anobli ce citoyen britannique pas comme les autres, pour services rendus au cinéma de son pays, « Sir » Ridley Scott ne possède pas encore la récompense suprême de ses pairs. Pourtant souvent reconnu pour son talent d’architecte d’un cinéma spectaculaire, le cinéaste a été nommé dans la catégorie Meilleure réalisation pour Thelma et Louise (1991), Gladiator (2000) et La Chute du faucon noir (2001). Sans gratification ultime au bout.
Et certains de ses films cultes sont passés à la trappe : Alien, le huitième passager (1979) a bien reçu l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1979, mais rien pour son metteur en scène. Seul sur Mars (2015) partait grand favori avec sept nominations (sauf celle de la Réalisation). Encore raté, le film repart totalement bredouille.
Plus de vingt-cinq ans après Gladiator (2000) et plusieurs films marquants entre-temps, Ridley Scott reste un maître du cinéma mondial dont l’Académie semble avoir décidé de ne pas couronner le travail de metteur en scène. Une situation qui frôle l’injustice tant son influence est immense, de Kingdom of Heaven (2005) à American Gangster (2007), en passant par Prometheus (2012).
Quentin Tarantino
Enfant terrible d’Hollywood depuis les années 1990, Quentin Tarantino a profondément marqué la culture populaire avec ses films à la violence stylisée, mêlant dialogues virtuoses et références cinéphiles. Dès son deuxième film, Pulp Fiction (1994), il révolutionne le cinéma indépendant américain avec une narration éclatée et des dialogues devenus cultes. Le film remporte la Palme d’or au Festival de Cannes et vaut à Tarantino son premier Oscar du Meilleur scénario original, partagé avec Roger Avary. Pourtant, l’Oscar de la réalisation lui échappe déjà cette année-là.
Le réalisateur revient ensuite régulièrement dans la course aux Oscars. Inglourious Basterds (2009) est nommé dans huit catégories, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation, mais c’est finalement Kathryn Bigelow qui remporte la statuette avec Démineurs (2008).
Même scénario pour Django Unchained (2012), qui lui permet de décrocher un second Oscar du Meilleur scénario original, mais pas celui de la réalisation. Enfin, Once Upon a Time in Hollywood (2019) récolte dix nominations, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation. Une nouvelle occasion manquée pour Tarantino, malgré un film largement salué par la critique et le public.
David Fincher
Depuis son thriller psychologique Seven (1995) et Fight Club (1999), chacun de ses films fait l’événement. Pas sur le tapis rouge des Oscars. Mais les 40 nominations aux Oscars de sa filmographie ne suffisent pour l’instant pas à décider les votant.es de l’Académie à lui remettre la statuette dorée.
David Fincher s’est pourtant rapidement imposé comme l’un des stylistes les plus influents du cinéma américain contemporain. Mais il faut attendre L’Etrange histoire de Benjamin Button (2008) pour qu’il décroche sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure réalisation. Le film cumule alors treize nominations, mais c’est finalement Danny Boyle qui l’emporte cette année-là grâce à Slumdog Millionaire (2008).
En 2021, Fincher revient dans la course avec Mank (2020), hommage au Hollywood des années 1930 qui obtient dix nominations. Là encore, pas de victoire dans la catégorie saluant la mise en scène. Une nouvelle occasion manquée pour un cinéaste qui a profondément influencé l’esthétique du cinéma moderne.
Sofia Coppola
FIlle du légendaire Francis Ford Coppola (lui récompensé par l’Oscar de la Meilleure réalisation pour Le Parrain, 2e partie), Sofia Coppola s’est imposée au fil des années comme l’une des réalisatrices les plus singulières du cinéma contemporain.
Elle se fait remarquer dès son premier film, Virgin Suicides (1999), avant de connaître un succès mondial avec Lost in Translation (2003). Le film reçoit quatre nominations aux Oscars, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation. Sofia Coppola devient alors seulement la troisième femme de l’histoire à être nommée dans cette catégorie. Cette année-là, elle remporte l’Oscar du Meilleur scénario original, mais l’autre statuette lui échappe.
Elle poursuit ensuite sa carrière avec des films très personnels comme Marie-Antoinette (2006), Somewhere (2010) ou encore Les proies (2017), récompensé au Festival de Cannes pour sa mise en scène. Pas d’Oscar en vue.
Denis Villeneuve
Le réalisateur québécois Denis Villeneuve s’est imposé en quelques années comme l’un des cinéastes les plus ambitieux et respectés du cinéma contemporain. Après avoir attiré l’attention de la critique avec Incendies (2011), nommé à l’Oscar du Meilleur film international, il enchaîne plusieurs succès critiques à Hollywood avec Prisoners (2013) et Sicario (2015).
C’est avec le film de science-fiction Premier contact (2016) qu’il obtient sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure réalisation. Le film est également nommé dans la catégorie Meilleur film et remporte l’Oscar du Meilleur montage sonore.
Villeneuve confirme ensuite son statut de grand metteur en scène avec Blade Runner 2049 (2017), puis avec l’adaptation spectaculaire de Dune : première partie (2021). Ce dernier remporte six Oscars techniques et obtient dix nominations, mais son réalisateur n’est même pas nommé, une absence qui surprend de nombreux observateurs. Malgré ces succès critiques et publics, Denis Villeneuve attend toujours de voir son nom récompensé. Peut-être avec Dune : Troisième partie (2026) ?
Luca Guadagnino
Le réalisateur italien Luca Guadagnino s’est imposé comme l’un des cinéastes contemporains les plus sensibles et stylisés, capable de faire vibrer à la fois le cœur et les sens du spectateur.
Révélé internationalement avec Call Me by Your Name (2017), il reçoit des nominations pour l’Oscar du Meilleur film et du Meilleur scénario adapté, mais la statuette de la Meilleure réalisation lui échappe encore. Son travail sur la lumière, la musique et l’émotion pure dans ses films lui valent un respect immense de la critique et du public, mais pas de reconnaissance officielle dans la catégorie reine.
Guadagnino confirme son talent avec Suspiria (2018), remake du classique de Dario Argento, et Bones and All (2022), film romantique et horrifique à la fois, salué pour son audace narrative et sa mise en scène immersive. Malgré ces œuvres marquantes et plusieurs nominations aux prix internationaux, l’Oscar de la meilleure réalisation continue de lui échapper, faisant de lui l’un des grands oubliés contemporains de l’Académie.




























































