Nous sommes le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, pile à une semaine des Oscars 2026. La cérémonie -qui s’est vraiment fait attendre cette année- déterminera qui de Paul Thomas Anderson, de Chloé Zhao, Ryan Coogler, Joachim Trier ou encore Joshua Safdie, remportera la prestigieuse statuette de la Meilleure réalisation.
Au total, seules neuf femmes ont été nommées, et seules trois ont gagné l’Oscar. Mais ce n’est pas la seule catégorie dans laquelle ces cinéastes ont pu briller, puisque certaines d’entre elles étaient également en lice pour le prix du Meilleur film ou du Meilleur scénario.
À cette occasion, JustWatch revient sur 8 réalisatrices qui ont marqué l’Histoire lors des Oscars, notamment dans la catégorie Meilleure réalisation, pour laquelle l’Académie aura attendu 81 ans avant d’enfin récompenser une femme, Kathryn Bigelow.
Lina Wertmüller (1977)
En 1977, la réalisatrice italienne Lina Wertmüller est devenue la première réalisatrice à être nommée dans cette catégorie pour son film Pasqualino, une comédie dramatique se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale.
Dans une interview accordée à Variety en 2018, la cinéaste, alors âgée de 90 ans, discutait du souvenir qu’elle avait de sa nomination : à l'époque, Wertmüller n'accordait pas une grande importance aux cérémonies, mais elle avoue que c’est « la réaction des médias » qui lui a fait prendre conscience de l’importance de cette consécration. Elle se souvient également qu’elle était perçue comme une avancée historique majeure par les journaux, ce qui, avec le recul, l'était « pour les femmes du monde entier ».
En 2019, l'Académie lui remet un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Pendant son discours, la cinéaste ironise même en déclarant qu’il faudrait remplacer le nom masculin d’Oscar par un nom feminin. Sa statuette, elle la nomme Anna.
Sofia Coppola (2004)
En 2004, Sofia Coppola devient la première réalisatrice américaine à être nommée pour son film devenu culte, Lost in Translation, qui met en scène Bill Murray et Scarlett Johansson. Même si elle ne remporte pas la statuette (Peter Jackson est primé cette année-là pour Le Retour du Roi), elle repart avec l’Oscar du Meilleur scénario original. En remportant cette première statuette, la jeune cinéaste fait des Coppola la deuxième famille hollywoodienne avec au minimum deux générations oscarisées.
Kathryn Bigelow (2010)
« The time has come » / « Le temps est venu » annonce fièrement Barbra Streisand, qui présentait la catégorie de la Meilleure réalisation lors de la 82ème cérémonie des Oscars. Streisand vient alors de découvrir le nom de Kathryn Bigelow dans l’enveloppe, qui cette année-là était nommée aux côtés de James Cameron pour Avatar ou encore de Quentin Tarantino pour Inglorious Basterds.
Bigelow remporte donc la statuette pour Démineurs. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle ressent pendant la conférence de presse des gagnants, la réalisatrice annonce vouloir être simplement vue comme « a filmmaker », un cinéaste comme tous les autres. Elle ajoute qu’elle sera éternellement reconnaissante si elle peut inspirer n’importe quel(le) jeune réalisateur intrépide et tenace, « homme ou femme », le plus important étant de se rendre compte que même « l'impossible est possible », et qu’il ne faut jamais renoncer à ses rêves.
Ava DuVernay (2014)
Pour son film magnifique sur le mouvement des droits civiques de 1965 aux Etats-Unis, Selma, la très talentueuse Ava DuVernay devient la première femme afro-américaine dont l’oeuvre est nommée dans la categorie Meilleur film. La cinéaste est cependant snobée par l'Académie à la Meilleure réalisation, ce qui avait à l'époque -et à juste titre- suscité une forte indignation.
Mais il y a fort à parier que Ava DuVernay sera un jour nommée à la Meilleure Réalisation, tant le talent et la filmographie de la cinéaste parlent d’eux-même. Son film Origin, par exemple, est un long métrage d’une puissance incroyable sur le fascisme, le racisme et le deuil, à travers l'Histoire et à travers le monde, qui aurait plus que mérité sa place aux Oscars en 2024. Mais il avait aussi été ignoré par l'Académie, ce qui avait suscité de nombreuses critiques.
Jane Campion (1993/2022)
Jane Campion est la première femme à avoir été nommée deux fois dans la catégorie Meilleur Réalisation au cours de sa prestigieuse carrière. Sa première nomination, elle la doit à La Leçon de Piano, un classique qui avait remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes, ce qui était déjà une première pour une réalisatrice !
Mais son premier Oscar, Campion le remporte en 2022 avec son western The Power of the Dog, qui avait raflé un total de 12 nominations, dont Meilleur acteur (Benedict Cumberbatch), Meilleure actrice dans un Second Rôle (Kirsten Dunst) et Meilleur film.
Dans la salle de presse, quelques minutes après sa victoire, Campion déclare qu’elle est très fière « pour son film et son équipe (...) mais également d’être une autre femme qui sera suivie d’une quatrième, d’une cinquième, d’une sixième, d’une septième et d’une huitième réalisatrice » puisque les choses avancent plus rapidement à présent. Elle termine : « On en a besoin. L'égalité, ça compte ! »
Chloé Zhao (2021)
Pour la première fois dans l'histoire des Oscars, deux femmes sont nommées dans la catégorie Meilleure Réalisation : Chloé Zhao et Emerald Fennell pour son film Promising Young Woman. Fennell est également la première réalisatrice britannique à être reconnue dans cette catégorie.
Zhao est la première cinéaste asiatique à remporter ce prix, pour son drame Nomadland. Son discours, elle le dédie aux gens qui continuent à se battre quand les choses deviennent difficiles, et à celles et ceux qui ont la foi et le courage de s’accrocher à la bonté en eux et dans les autres.
Lors de la conférence de presse, Zhao déclare qu’elle serait très contente si sa victoire historique pouvait aider d'autres cinéastes comme elle. C’est également la première fois qu’une réalisatrice voit aussi son film récompensé de l’Oscar du Meilleur film. Et ce n'est pas tout, puisque son actrice principale, Frances McDormand, repart également avec l'Oscar de la Meilleure actrice.
Cette année, Chloé Zhao marqué encore une fois l'histoire, puisqu’elle est à nouveau nommée dans la catégorie Meilleure réalisation pour Hamnet, qui est lui même nommé dans la catégorie Meilleur film. Jessie Buckley est quant à elle pressentie pour remporter l’Oscar de la Meilleure actrice. Hamnet totalise 8 nominations aux Oscars.
Justine Trier (2024)
En 2024, Justine Trier devient la première Française à être nommée à la Meilleure réalisation pour son film Anatomie d’une chute. Un joli pied-de-nez alors qu’elle avait été snobée par le comité de sélection français des Oscars, ce dernier lui ayant préféré La Passion de Dodin Bouffant pour la catégorie du Meilleur film étranger.
Contre toute attente - ou en tout cas celle du comité français- Anatomie d’une chute rafle 5 nominations dont celle du Meilleur film, du Meilleur scénario original et de la Meilleure actrice ! La cinéaste remporte finalement la statuette pour son scénario, et rencontre Steven Spielberg qui, dans la même soirée, lui aurait demandé d’un jour lui écrire un script « de ce même niveau de complexité ».
Coralie Fargeat (2025)
Un an après Trier, c’est au tour de Coralie Fargeat d’écrire l'histoire, puisque la réalisatrice française est nommée pour la réalisation de The Substance, son body horror qui a fait frémir le monde entier. C’est un exploit car le genre horrifique est notoirement boudé par l'Académie des Oscars, quand bien même de nombreuses prestations d’acteurs auraient mérité d'être reconnues par une statuette dorée dans l'histoire du genre.
The Substance est également nommé dans la catégorie Meilleur film, Meilleur scénario, et Meilleure actrice pour Demi Moore. Même si le long métrage repart bredouille, l'histoire du cinéma de genre sera a toujours marqué par ce projet unique made in France, et entièrement tourné en Île-de-France et sur la Côte d’Azur !























































































































