
Des ballerines, du sang et Uma Thurman : ce survival cartonne en streaming… et son titre y est sans doute pour beaucoup !
Son titre m’a tapé dans l'œil en naviguant sur Prime Video… et je ne suis visiblement pas le seul ! L’association des termes Pirouette Fatale (2026), totalement inattendue (« Pirouette » évoquant plus pour moi la célèbre comptine Pirouette Cacahuète), a visiblement eu son petit effet sur les abonné.es de la plateforme de streaming d’Amazon. Tout comme l’affiche, qui présente cinq ballerines badass, armées et vêtues de tutus ensanglantés. Résultat ? Un carton.
Un carton sur Prime Video
Mis en ligne le 25 mars dernier, Pirouette Fatale / Pretty Lethal avait été dévoilé quelques jours plus tôt dans le cadre du Festival South By Southwest (SXSW pour les puristes), rendez-vous incontournable des films de genre et des concepts barrés où l’accueil a été triomphal et survolté. Une belle manière de lancer le long métrage de Vicky Jewson, qui a par la suite immédiatement trouvé son public en ligne. Selon le Streaming Charts JustWatch, le film s’est ainsi propulsé à la deuxième marche des contenus les plus regardés de la semaine, gagnant au passage plus de 1800 places au classement ! Désormais installé en tête du Top Amazon, il devrait truster les sommets pendant quelques temps, aidé par l’algorithme de recommandation mais aussi par la curiosité des abonné.es.
De quoi parle Pirouette Fatale ?
Car il y a de quoi être curieux et surpris face à cette proposition imaginée par la scénariste Kate Freund (qui joue également dans le film), qui croise la danse classique et le survival sanglant. Il y avait déjà eu l’action de Ballerina (2025) avec Ana de Armas, la tension psychologique de Black Swan (2010) avec Natalie Portman, le vampirisme de Abigail (2024) avec Melissa Barrera… mais jamais un film dans lequel des ballerines badass affrontent des mafieux d’Europe de l’Est ! Car tout le pitch -et la saveur- de Pirouette Fatale est là : comment cinq innocentes touristes américaines, envoyées à Budapest pour une démonstration de ballet et qui se retrouvent bloquées dans un établissement douteux au fin fond de la campagne hongroise, vont faire face aux gros bras chargés de les éliminer. Ce qui commençait comme un Hostel en tutu tourne alors au jeu de massacre, à grand renfort de « ballet-fu » !
C’est quoi le « ballet-fu » ?
On connaissait le « kitchen-fu », popularisé par Jackie Chan. Le « gun-fu » immortalisé par John Wick. Le « car-fu » piloté par Le Transporteur. Le « junk-fu » improvisé dans Mad Max : Fury Road. Le « wire-fu » proposé par la franchise Matrix. Place au « ballet-fu », un nouveau style de combat basé sur un mélange entre des mouvements de danse classique et des coups de pieds violents (encore plus quand ces demoiselles coincent une lame de cutter entre leurs orteils !). Cet art nouveau -et improbable- est issu de la collaboration inattendue des coordinateurs de cascades de 87North Productions (à l'œuvre sur Bullet Train et Fall Guy) et de chorégraphes de ballet classique (!), avec pour seule consigne que chaque coup provienne d’un véritable pas de danse. Et à l’écran, ça fonctionne ! Et ça fait mal, aussi.
Les actrices ont-elles effectué leurs propres cascades ?
C’est d’autant plus impressionnant que certaines des comédiennes du film, formées au ballet, ont pu effectuer l’essentiel de leurs scènes d’action. Je pense notamment à Maddie Zielger, révélée par l’émission Dance Moms et les clips de Sia, qui défonce tout ici ! Ou à Lana Condor, qui casse totalement son image romantique de Lara-Jean de la trilogie A tous les garçons quand elle joue du fusil à pompe. Globalement, les deux comédiennes et leurs partenaires Avantika, Millicent Simmonds et Iris Apatow ont suivi un entraînement intense en amont de tournage, avec plusieurs heures quotidienne de danse puis de baston, et des chaussons renforcés pour pouvoir frapper adversaires, accessoires et décors ! De vrais «poings américains pour pieds », en somme.
Elle a fait quoi d’autre, la réalisatrice ?
Avec Pirouette Fatale / Pretty Lethal, la réalisatrice Vicky Jewson offre un cocktail (d)étonnant de grâce et de brutalité, qui célèbre la sororité et le girl-power. Celle qui souhaitait présenter ses ballerines non pas comme des poupées fragiles mais comme des athlètes et des combattantes, s’était déjà illustré avec d’autres héroïnes d'action, comme Born of War (2013) emmené par Sofia Black-D'Elia en survivante lancée sur les traces de son père terroriste, ou Close (2019) dans lequel Noomi Rapace joue les gardes du corps. Elle avait également dirigé trois épisodes de la mini-série The Witcher: L'héritage du sang (2022) où les personnages féminins s’illustraient de belle manière (Sophia Brown et Michelle Yeoh en tête). La voir diriger ici Uma Thurman en nemesis / alliée de nos survivantes sonne dès lors comme un savoureux passage de relais, la comédienne amenant évidemment tout l’héritage et l'imagerie de Kill Bill (2003/2004) avec elle.











