Pillion et 5 films coquins qui explorent des relations kinky

Pillion et 5 films coquins qui explorent des relations kinky

Publié le18 mars 2026

Mis à jour le18 mars 2026

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Vous vous souviendrez sûrement du phénomène littéraire, puis cinématographique, qu’a été Cinquante Nuances de Grey. C’est avec cette série -qui n’est d’ailleurs pas aussi choquante qu’on la présentait- que les relations BDSM ont été pleinement absorbées par la culture populaire mainstream. Actuellement au cinéma, Pillion (2025) de Harry Lighton compte parmi les exemples les plus récents de cette tendance à normaliser ces rapports.

Adapté du roman Box Hill d’Adam Mars-Jones, le film se présente comme un récit initiatique dans lequel Colin, un jeune homme qui n’a pas vraiment d’ambition dans la vie, se retrouve transformé à la suite de sa rencontre avec Ray, un motard charismatique et imposant qui l’initie à une relation passionnée où il incarne le rôle de soumis.

Avec Harry Melling -le méconnaissable Dudley Dursley de la saga Harry Potter !- et Alexander Skarsgård -toujours aussi mystérieux, drôle et sexy- en tête d’affiche, Pillion traite les relations sadomasochistes et les sous-cultures sous un regard queer, rempli d’humour noir, de passion et d’affection. Pour prolonger l’expérience, je vous présente ici mes cinq films préférés sur le BDSM, qui représentent une belle variété de genres et de tonalités, car vous le savez, chacun son goût !

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Pillion
Pillion

Pillion

2025

Colin, un jeune homme sans histoire, rencontre Ray, le leader charismatique d'un club de motards. Il l'introduit dans sa communauté queer et fait de Colin son soumis.

Réalisé par Steven Shainberg, La Secrétaire (2002) est certainement un film très marquant quant à la représentation des relations BDSM dans le cinéma mainstream -des relations qui avaient jusqu’alors été traitées comme une pathologie dangereuse. Adapté de la nouvelle éponyme de Mary Gaitskill, le film offre à son audience un mélange bien dosé de romance, d’érotisme et d’humour noir. Il raconte la relation sensuelle entre un avocat exigeant et sa nouvelle secrétaire, qui découvre son penchant pour assumer un rôle soumis dans les rapports intimes. 

Les tensions sexuelles entre les personnages sont abordées à travers la hiérarchie d’autorité professionnelle entre employeur et employée -ce qui relève d’une thématique assez répandue dans le genre du thriller érotique. Le film date d’une époque où James Spader avait encore ses magnifiques cheveux, et il est tellement charismatique dans le rôle d’Edward Grey. Mais la vraie révélation du film, c’est Maggie Gyllenhaal ! Petit bonus sur le film : le fait que le personnage de Spader s’appelle Grey a suscité des hypothèses selon lesquelles la fameuse saga Cinquante Nuances de Grey aurait été inspirée du film de Shainberg. À vous de décider !

Même si le cinéaste britannique Peter Strickland s’est d’abord fait connaître auprès de la sphère Art et essai avec son film Katalin Varga (2009), c’est avec The Duke of Burgundy (2014) qu’il est devenu une figure provocatrice et prometteuse que l’on comparait souvent à Yorgos Lanthimos. Strickland n’a certainement pas le rythme de production de ce dernier et, depuis Flux Gourmet (2022), on entend très peu son nom. Mais The Duke of Burgundy a certainement laissé une impression durable sur une génération de cinéphiles.

Prévenons quand même que l’on est loin de la tonalité de La Secrétaire et que le côté subversif ainsi que le récit impassible du film pourraient être un peu trop pour la sensibilité de certains spectateurs. Inspiré du cinéma de Jesús Franco, Strickland met en scène la relation amoureuse de deux femmes, Evelyn et Cynthia, qui s’engagent dans des jeux de domination et de soumission. L’ingéniosité du film réside dans le renversement des rôles que le film dévoile progressivement en explorant la nature de leur relation. Strickland se caractérise avant tout par son style tactile, avec l’attention qu’il porte aux textures, aux couleurs et aux sensations. Par rapport aux films figurant dans cette liste, The Duke of Burgundy est celui qui porte les représentations des rapports BDSM au-delà du cadre narratif et qui en capture l’essence en tant qu’expérience sensorielle.

Peut-être moins connu que les autres films de la liste, cette pépite du cinéma finnois propose également une approche intéressante des rapports BDSM. Réalisé par J-P Valkeapää, Les Chiens ne portent pas de pantalon (2019) se concentre sur Juha, un chirurgien dont la femme est morte noyée il y a plusieurs années. Traumatisé par cette perte, on découvre que Juha a fini par développer un rapport assez conflictuel avec sa propre sexualité. Un jour, alors qu’il visite un salon de piercing avec sa fille, il fait la connaissance de Mona, une dominatrice à qui il demande plus tard, de manière désespérée, de l’asphyxier.

L’obsession de Juha pour être puni est sans doute traitée sous un angle plus psychologique, à travers un lien causal entre ce qu’il désire et ce dont il se sent coupable. Même si le récit pourrait laisser croire que le film optera pour une structure conventionnelle – sublimation de la douleur suivie d’un retour au « normal » –, il surprend son audience par une fin assez ouverte, qui ne fournit pas forcément une résolution narrative classique, surtout concernant sa relation avec sa fille, et qui n’instrumentalise pas les relations BDSM. Si vous appréciez l’humour excentrique scandinave – notamment les œuvres de cinéastes comme Aki Kaurismäki ou Roy Andersson –, vous devriez regarder Les Chiens ne portent pas de pantalon sans hésitation. De plus, le film bénéficie d’une bande originale excellente, composée de morceaux électroniques hypnotiques et très sensoriels.

Joanna Arnow est aujourd’hui considérée comme l’une des voix les plus singulières du cinéma indépendant américain. Son premier long métrage, i hate myself :) (2013), la mettait déjà en scène, explorant à la fois sa relation toxique avec un poète provocateur et raciste et sa vie familiale auprès de ses parents. En prolongeant cette approche autodérisoire dans La Vie selon Ann (2023), tout en s’investissant davantage dans un registre proche du documentaire que de la fiction, Arnow met en scène une femme, Ann, qui s’engage dans des relations BDSM de courte durée, sans vraiment parvenir à construire une relation amoureuse.

Arnow n’a pas peur de provoquer son audience et utilise la performativité des pratiques BDSM et des jeux sexuels, qu’elle pousse parfois jusqu’à l’absurde. C’est un angle sous lequel le désir sexuel féminin est rarement traité, et l’humour deadpan qu’elle mobilise fonctionne à merveille. Arnow construit également un récit parallèle autour de la vie professionnelle de son personnage -qu’elle interprète elle-même- où son état de soumission sert aussi de point de départ à une réflexion sur le capitalisme tardif dans lequel sa génération se retrouve piégée. Ici, ce n’est pas tant l’aspect potentiellement choquant des relations qui perturbe l’audience, mais plutôt l’absurde et l’autodérision, qui rendent certaines scènes étonnamment difficiles à regarder. Si vous appréciez l’humour de Nathan Fielder et ses séries The Rehearsal (2022-) et The Curse (2023), l’univers de Joanna Arnow est sans doute fait pour vous.

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Babygirl
Babygirl

Babygirl

2024

Le désir de soumission chez les femmes au cinéma est souvent abordé sous un angle hétéronormatif et masculiniste -en particulier dans les classiques du thriller érotique tels que 9 Semaines ½  (1986). La réalisatrice néerlandaise Halina Reijn, en s’inspirant du cinéma de Paul Verhoeven, renverse justement cette perception et parvient à aborder ce désir depuis une perspective féminine.

Le récit de Babygirl (2024) se tisse autour de Romy, PDG quinquagénaire d’une prestigieuse entreprise de robotique à New York. Derrière la façade d’une vie harmonieuse, tant sur le plan professionnel qu’intime, elle ne trouve pas d’épanouissement sexuel –jusqu'à ce qu’un jeune stagiaire nommé Samuel entre dans sa vie et réveille les désirs de soumission qu’elle dissimulait à son mari. Le personnage dont la réalisatrice explore les désirs n’est pas exempt de contradictions ni de complexes, et, à travers les contrastes qui se manifestent entre son intimité et sa position professionnelle, Reijn aborde également, avec audace, certaines tensions du féminisme contemporain.

Au-delà de ces aspects, Babygirl (2024) constitue un excellent exemple d’un plaisir visuel pensé au féminin, qui saisit les sensations et les sentiments complexes des relations BDSM sans objectiver le corps des femmes. Le film est aussi un véritable festin de performances, à commencer par Nicole Kidman, dont le rôle lui a valu le prix de la meilleure actrice à la Mostra de Venise, mais aussi Harris Dickinson et Antonio Banderas -tous deux livrant ici certaines de leurs performances les plus mémorables de ces dernières années.

À propos de cette liste

Titres

6

Coût total de visionnage

19,44 €

Durée totale

10h 28min

Genres

Comédie Romantique, Drame, Comédie

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