Désolé Mando ! Ces personnages n'ont jamais enlevé leur casque, eux… (et le film n'en était que meilleur)

Désolé Mando ! Ces personnages n'ont jamais enlevé leur casque, eux… (et le film n'en était que meilleur)

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le 24 mai 2026

Mis à jour le 24 mai 2026

Le credo mandalorien est clair : un membre du clan ne doit JAMAIS retirer son casque et montrer son visage. Encore moins à des ennemis. Pourtant, dans la série The Mandalorian (2019-2023), Din Djarin / Pedro Pascal se dévoile au moins une fois par saison, renonçant temporairement à cette philosophie stricte. Et c’est bien dommage : une série portée par un personnage ne montrant jamais ses traits aurait été un pari incroyable, faisant fi des exigences du star-system et du glamour en misant uniquement sur le travail vocal et le body language. Et le mystère.

Et le credo, Pedro ?

Dans le film The Mandalorian & Grogu (2026), le comédien se démasque une nouvelle fois quand il est livré aux Hutts et qu’il affronte le serpent-dragon dans la fosse privée où les Jumeaux aiment faire tomber leurs adversaires pour se délecter de leur agonie. Une séquence à la fois nécessaire -montrer l’humiliation ressentie par Din Djarin quand on lui arrache son casque- et un peu artificielle… puisqu’il le récupère quelques minutes après des mains des Hutts. Sans doute une volonté de montrer aux spectateurs que Pedro Pascal est bien dans le film, lui qui est souvent remplacé par des cascadeurs sous l’armure en beskar.

Quoi qu’il en soit, Mando a failli à quatre reprises à son engagement. Pour le plus grand bonheur des fans du comédien, moins pour celui de ceux qui restent attachés au respect des codes de cette civilisation guerrière. Heureusement, d’autres film ont su respecter cet engagement vis à vis du spectateur, livrant des personnages masqués ET mémorables. Pour JustWatch, j’en ai sélectionné 5 qui honorent, sans le savoir, le credo.

01

V pour Vendetta
V pour Vendetta (2006) a célébré les vingt ans de sa sortie cette année… et il n’a rien perdu de sa puissance et de sa résonance avec l’actualité. Dans cet univers dystopique adapté du roman graphique d’Alan Moore et David Lloyd, un personnage caché derrière un masque de Guy Fawkes mène la résistance contre le gouvernement dictatorial britannique, préparant un attentat digne de la Conspiration des Poudres (qui visait à faire exploser le Parlement en 1605). Si Natalie Portman est le cœur battant de cette révolution, le mystérieux V en est l’instigateur et le bras armé. Comme dans le comics, son visage n’est jamais dévoilé : c’est utile pour changer d’acteur en cours de route, déjà (James Purefoy fut remplacé par Hugo Weaving en cours de tournage) ; mais surtout, cela donne toute sa puissance au personnage, qui n’est pas réduit à une identité et une individualité mais à un symbole majeur, repris depuis par les Anonymous.

02

Dredd
Dredd

Dredd

2012

Quand Sylvester Stallone se glisse sous l’armure de Judge Dredd (1995), il se démasque assez rapidement, sans doute pour répondre aux impératifs de sa place dans la chaîne alimentaire du star-system hollywoodien. Pourtant, dans les comics de John Wagner et Carlos Ezquerra, le policier-juge-bourreau chargé de maintenir l’ordre dans les rues de Mega City One n’a jamais retiré son casque iconique : comme V, il est déshumanisé pour incarner un symbole, ici la justice expéditive et fascisante à laquelle ce monde proche de l'Apocalypse a adhéré. Quand il reprend le rôle dans Dredd (2012), Karl Urban a beaucoup mieux cerné le personnage : durant cet épisode visuellement mémorable (les ralentis sont sublimes à 4000 images seconde) au sein d’un Bloc où il affronte une multitude d’ennemis façon The Raid, il ne montre jamais son visage. Et c’est lui-même qui a insisté pour qu’il en soit ainsi. A quand une suite ?
Soyons clair : Mad Max 2, le défi (1981) est mon film préféré de tous les temps. Western moderne, mythe moderne, oeuvre séminale du post-apo, univers iconique, mise en scène d’une puissance inouïe, anti-héros mutique et mémorable… Je pourrais en parler des heures alors ne me lancez pas ! Devant la caméra de George Miller, face à Mel Gibson, on retrouve une bande de pillards de la route sanguinaires menés par le terrifiant Wez (Vernon Wells) et sa coupe iroquoise. Des monstres motorisés bien plus crédibles -à mes yeux- que l’univers quasi-vidéoludique et trop « bien rangé » proposé dans Mad Max : Fury Road. Ici tout est récup, bricolage, survie… et ça donne toute sa réalité à ce monde dévasté. Au-dessus du chien de guerre Wez, il y a une figure énigmatique : le Seigneur Humungus (Kjell Nilsson), un colosse en harnais et short de cuir, coiffé d’un masque à la Vendredi 13. On ne verra jamais son visage brûlé, gardant le mystère sur les traits du « Grand Ayatollah des Plaines et des Montagnes ».
Décidément, George Miller est beaucoup plus strict sur le credo mandalorien que l’équipe créative derrière la saga Star Wars ! Dans l'impressionnant Fury Road (2015), les War Boys de la Citadelle répondent à la figure d’Immortan Joe, l’un des grands seigneurs du Wasteland, cette zone désertique où subsistent quelques poches d’Humanité après l’Apocalypse. Érigé en Dieu d’un culte V8 par ses troupes fanatiques qui rêvent de l’impressionner pour être accueillis sur les autoroutes du Valhalla à leur mort (« Soyez témoins ! »), Immortan Joe a une allure très particulière, entre la poudre blanche dont il recouvre son corps meurtri, son respirateur artificiel, son armure en plexiglas et son masque barré de larges dents. Là encore, on est dans le symbole au-delà de l’individualité, et toute sa puissance et son aura religieuse et politique sont incarnés dans ce costume. Comme Humungus, il ne montre jamais son visage (qui finira arraché par les roues d’un véhicule lors de son affrontement avec Furiosa)... mais on peut voir à quoi il ressemble en regardant Mad Max (1979), puisque son interprète Hugh Keays-Byrne était le chef du gang de motard du premier opus !
Si Mando s’autorise quelques entorses avec le règlement de son clan, l’univers Star Wars peut compter sur quelques personnages plus fidèles au Credo. Je pense déjà, évidemment, à l’Armurière (Emily Swallow), garante des lois ancestrales de la tribu qui forge les armures, casques et sceaux des rescapés de son peuple. Apparue dans neuf épisodes de la série The Mandalorian, elle n’a jamais retiré son impressionnant costume cuivré, tout comme le colossal Paz Vizsla (Tait Fletcher), à la fois compagnon d’armes et rival de Mando à l'armure massive. C’est validé. Dans la saga, on valide également les pillards Tusken et les Jawas, introduits dans les sables de Tatooine par George Lucas dès 1977 et jamais démasqués à l’écran (je n’élargis pas à l’univers étendu), tout comme les stormtroopers de la trilogie originale qui incarnent le visage de l’Empire en arborant tous le même casque blanc sans jamais que les humains (ou clones ?) qui les portent ne soient dévoilés. Tout petit, j'étais fasciné par des soldats anonymes, et je pense que cet aspect y est pour beaucoup.

À propos de cette liste

Titres

5

Coût total de visionnage

14,96 €

Durée totale

9h 25min

Genres

Action & Aventure, Science-Fiction, Mystère & Thriller

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Il y a 5 titres dans cette liste et vous pouvez regarder 3 d'entre eux sur Molotov TV. 3 autres services de streaming ont également des titres disponibles aujourd'hui.

  1. 3 Titres Molotov TV
  2. 2 Titres HBO Max
  3. 1 Titre HBO Max Amazon Channel
  4. 1 Titre Disney Plus