Un Scream sans Neve Campbell n’a pas la même saveur. Les fans de la franchise horrifique, qui a relancé la mode du slasher en 1996, ont regretté l’absence de la comédienne canadienne dans Scream VI (2023) alors qu’elle avait refusé de reprendre son rôle de Sydney Prescott après des négociations salariales infructueuses. Scream 7 (2026), deuxième réalisation du scénariste Kevin Williamson, a pu effacer cet affront.
Avec à la clé un joli pactole au box-office mondial, qui devrait offrir à ce nouveau chapitre le plus gros succès de l’histoire de la saga emmenée par le(s) tueur(s) caché(s) derrière le masque et le costume de Ghostface. Désormais installée au panthéon des Scream Queens, Neve Campbell ne doit pourtant pas être réduite à cette image. JustWatch vous partage 5 des autres rôles notables de celle qui fut révélée par la série La Vie à Cinq (1994-2000) aux côtés de Matthew Fox et Jennifer Love Hewitt, qu'on a pu voir aux côtés de Dwayne Johnson dans Skyscraper (2018) et qui brille depuis 2022 dans la série La Défense Lincoln.
Dangereuse Alliance (1996)
Avant The Craft : Les Nouvelles Sorcières (2020), il y avait The Craft, dangereuse alliance (1996), l'histoire de quatre copines de lycée, moquées, ostracisées voire harcelées, qui se réunissent autour de rites occultes. En invoquant les esprits, elles vont voir leurs rêves se réaliser… mais comme toujours dans les pactes diaboliques, il y a un prix à payer. Aux côtés de Fairuza Balk, Robin Tunney et Rachel True, Neve Campbell incarne le personnage le plus discret et touchant du groupe : une jeune femme discrète atteinte qui aimerait juste faire disparaître ses cicatrices pour être comme les autres, avant de devenir arrogante, superficielle et narcissique une fois qu’elle a enfin obtenu la beauté souhaitée. Proposition marquante entre le teen-movie et le film d’horreur, Dangereuse Alliance est un vrai film culte des années 90, souvent cité dans les classements des meilleures histoires de sorcières, et un incontournable des soirées-films entre copines qu’on pourra prolonger avec Les Ensorceleuses (1998) et surtout Charmed (1998-2006). A noter que Neve Campbell y croise Skeet Ulrich, qui jouera son love-interest quelques mois plus tard dans Scream.
Studio 54 (1998)
Ryan Phillippe, Salma Hayek, Mike Myers... et Neve Campbell : voilà un casting quatre étoiles pour cette plongée dans la vie nocturne new-yorkaise, qui retrace les heures de gloire de l’un des lieux les plus célèbres de la Grosse Pomme à la fin des années 70 : le mythique Studio 54 (1998). Également évoquée, la même année et de manière plus subjective, par Whit Stillman dans Les Derniers Jours du disco (1998), cette reconstitution capture l’esprit d’une époque, entre musique disco jusqu’à l’aube, illusions de la célébrité, sexe, drogue et excès. A travers le personnage campé par Ryan Phillippe, jeune ambitieux venu du New Jersey qui va se brûler les ailes dans cette ambiance de fête permanente et tomber sous le charme de la chanteuse interprétée par Neve Campbell, on assiste à l’apogée puis la chute du lieu, rattrapé par la vie réelle (et une fraude fiscale). Edulcoré par le distributeur Miramax au moment de sa sortie cinéma, le long métrage de Mark Christopher est depuis ressorti en version Director’s Cut, plus fidèle à la vision du réalisateur. A prolonger avec le documentaire Studio 54 (2018) et le cultissime Boogie Nights (1997) de Paul Thomas Anderson.
Sexcrimes (1998)
Voilà un titre « français » à ranger au rayon des meilleurs coups marketing des années 90 (passer de Wild Things à Sexcrimes, il fallait oser !). Et un film qui a vraiment tranché avec l’image sage et prude qui collait à la peau de Neve Campbell entre La Vie à Cinq et Scream. Dans ce thriller érotique, deux étudiantes accusent leur conseiller d’orientation d’agression sexuelle. Ce n’est que le premier acte d’une série de rebondissements, de trahisons et de manipulations, que je me garderai de vous spoiler ici. Souvent réduit à sa scène sensuelle entre Neve Campbell et Denise Richards dans la piscine, le film de John McNaughton (Henry, portrait d'un serial killer) vaut bien mieux que ça et continue de surprendre jusqu’à son dénouement final (à condition qu’on accepte les twists multiples et les retournements de situation énormes !). Si vous avez aimé Sexe Intentions (1999) et Basic Instinct (1992) vous devriez apprécier cette proposition sexy et cynique où l’on croise également Matt Dillon, Kevin Bacon et Bill Murray. Preuve de son aura culte, le film a inspiré plusieurs suites : Sexcrimes 2 (2004), Sexcrimes 3 - diamants mortels (2005) et Sexcrimes - partie 4 (2010), évidemment loin du niveau de l’original.
Un de trop (2000)
Neve Campbell version comédie romantique, c’est à voir dans Un de trop / Three to Tango (2000), dans lequel elle côtoie Dylan McDermott et Matthew Perry. A cette époque, entre deux cafés au Central Perk et deux parties de babyfoot avec Joey, le comédien est au top de la gloire Friends avec son rôle de Chandler, et il en profite pour s’illustrer dans quelques comédies sans prétention mais vraiment attachantes. Je pense à Mon voisin le tueur (2000) ou Les Premiers colons (1998). Et Un de trop, donc, qui mise sur un quiproquo majeur en confrontant un architecte que tout le monde croit gay à la maîtresse de son riche client : chargé par ce dernier de la surveiller -sans risque d’être tenté de la charmer car on le pense homosexuel-, notre héros va dès lors devenir très proche d’elle et finalement tomber amoureux. Combien de temps pourra t-il porter ce stratagème ? C’est le ressort centrale de cette romcom évidemment assez cliché sur l’univers LGBT (nous sommes en 2000), mais où l’alchimie entre Matthew Perry et Neve Campbell fonctionne plutôt bien, avec une mention spéciale au toujours génial Oliver Platt en associé gay qui conseille son ami dans l’ombre. Si on aime le jeu « chandlerien » de Matthew Perry, c’est un film léger, élégant et sans prétention, qui trouvera un écho en France l’année suivante dans Le Placard (2001).
Company (2003)
C’est devant la caméra du grand Robert Altman que Neve Campbell se retrouve en tête d’affiche de Company (2003), plongée dans les coulisses de la troupe du Joffret Ballet of Chicago, en pleine préparation d’une représentation majeure du ballet Blue Snake. Conçu comme un drame-choral qui croise et décroise les histoires personnelles et artistiques des différents protagonistes, l’avant-dernier long métrage de l’illustre cinéaste américain (il signera The Last Show trois ans plus tard) est presque un documentaire fictionnalisé, qui ne parvient pas toujours à convaincre sur le fond mais qui offre -sans surprise- une réelle virtuosité sur la forme. C’est un peu l’anti Black Swan, quelque part, qui cherche surtout à capter des moments de création, des individualités qui se fédèrent en groupe, et des artistes confrontés aux sacrifices physiques et émotionnels et au doute. Scénariste et productrice, Neve Campbell s’est énormément investie sur le projet, répétant plusieurs mois en amont du tournage, à raison de huit heures par jour, pour retrouver sa forme de danseuse classique et incarner le mentor de la troupe face à Malcolm McDowell et James Franco. C’est le film préféré de sa carrière. D’où sa présence indispensable dans cette sélection.




















































































































