
The Whisper Man : l’histoire vraie qui a inspiré le thriller Netflix
Déjà plus de 23 millions de vues depuis sa mise en ligne sur Netflix le 28 août, et une présence dans le Top 10 de la plateforme sur 90 territoires : de quoi faire de The Whisper Man (2026) le phénomène inattendu de cette fin d’été, derrière l’incontournable preview de GTA VI qui a mobilisé les abonné.es du géant du streaming.
De quoi parle The Whisper Man ?
Le succès du film de James Ashcroft est d’autant plus surprenant qu’il ne s’inscrit pas DU TOUT dans les codes d’une production estivale : les paysages et décors sont grisâtres, l’ambiance est pesante, le ton très sombre et le sujet sordide, puisqu'il est question de meurtres d’enfants, perpétrés selon un modus operandi rappelant les méfaits du Whisper Man, trente ans plus tôt. Or, le tueur, Francis « Frank » Carter Sr. (Michael Keaton) a été arrêté et par l’inspecteur Peter Willis (Robert De Niro), et purge sa peine depuis trois décennies.
Confrontée à une nouvelle vague de disparitions selon les mêmes méthodes (des enfants attirés hors de chez eux sans violence, un dessin et un enregistrement audio blâmant leur père envoyé à la police, des ongles méticuleusement coupés pour empêcher toute griffure…), la policière Amanda Beck (Michelle Monaghan) mène l’enquête dont la tournure devient très personnelle pour Peter Willis, dont le petit-fils Jake, l’enfant de son fils Tom devenu romancier dont il s’est éloigné (Adam Scott), est enlevé à son tour. Le Whisper Man a-t-il un complice ? Un imitateur ? Un héritier ? C’est tout le mystère de ce thriller solide aux relents 90’s (dans le bon sens du terme), adapté du roman d’Alex North, et qui s’articule autour des relations père-fils.
Le thriller Netflix est-il inspiré d’une histoire vraie ?
La question se pose forcément, au regard de l’approche très réaliste du film et de l’enquête, des détails sordides sur les agissements du Whisper Man, et de la grande place prise sur la plateforme par les true crimes -qu’ils soient documentaires ou revisités en fictions. Le récit imaginé par Alex North s’inspire en partie de la réalité, mais pas dans sa dimension criminelle. Dans une interview à DigitalTrends, l’auteur a partagé l’événement familial -et assez inquiétant- qui a déclenché l’écriture du roman : « Je voulais écrire sur la relation père-fils ; c’était l’élément central pour moi. Je venais de devenir père, mais je ne trouvais pas tout à fait l’angle d’approche pour en faire un thriller policier. »
« Je venais aussi de déménager. Mon fils devait avoir environ quatre ans à l’époque. J’étais dans la cuisine et je l’entendais jouer dans la pièce d’à côté ; j’ai passé la tête par l’embrasure de la porte pour lui demander : ‘Qu’est-ce que tu fais ?’ Il a répondu : ‘Oh, je joue juste avec le garçon dans le plancher.’ Cela m’a donné des frissons. Peut-être que cela en donnera aussi à d’autres personnes ; c’est un peu comme ça que l’histoire a pris forme, je suppose. Le petit garçon de l’histoire aurait des amis imaginaires — des amis parfois assez effrayants — et un doute planerait quant à leur réelle existence. »
Ne vous lancez pas dans des recherches dans les archives criminelles : le Whisper Man en tant que tueur relève donc de la pure fiction. Et tant mieux. Son mode opératoire s’inspire simplement, de loin, des Moors Murders perpétrés par les Britanniques Ian Brady et Myra Hindley dans les années soixante (notamment les enregistrements audio de leurs victimes). En revanche, c’est la dimension psychologique (et fantastique) du récit qui trouve ses racines dans la réalité : la notion d’amis imaginaires traverse en effet toute l’histoire, de la petite fille au pull bleu qui apparaît à Jake (et s’invite même parfois à l’image) au Mister Night qui accompagnait son père dans son enfance (et dont la véritable nature est un joli moment d’émotion du film).
Sans oublier le garçon dans le plancher, « The boy in the floor », né de l'imagination (ou pas ?) du propre fils de l'auteur donc, et qui est repris directement dans le long métrage quand Tom et son père retrouvent les ossements d'un enfant qui restait porté disparu, dissimulé sous un tas de brique dans la cave (donc techniquement sous le plancher) de la nouvelle demeure de Tom et Jake. Un enfant dont son fils lui avait précédemment parlé, provoquant alors l'incompréhension et la colère de son père. C'est effectivement source de frissons, mais cela entraîne un thriller ancré dans le réel vers des territoires plus surnaturels. Chacun jugera si cela fait sens dans cette histoire.














