« Nous sommes surpris par la réaction de Raymond Domenech » : le producteur du documentaire Netflix raconte Le Bus, les Bleus en grève

« Nous sommes surpris par la réaction de Raymond Domenech » : le producteur du documentaire Netflix raconte Le Bus, les Bleus en grève

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le 16 mai 2026

Mis à jour le 22 mai 2026

Seize ans après les événements de Knysna et le tristement célèbre épisode du bus et de la grève des joueurs de l'Équipe de France de football, le documentaire Le Bus : les Bleus en grève (2026) remet en lumière cette blessure nationale en donnant la parole à plusieurs protagonistes de l’histoire. Les joueurs (Patrice Evra, William Gallas, Bacary Sagna), une partie du staff des Bleus (dont le responsable de la presse de l'époque, François Manardo), les journalistes de L’Equipe, l’ancienne ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot, et bien évidemment l’ancien entraîneur Raymond Domenech ainsi que sa compagne de l’époque, la journaliste Estelle Denis.

La Loi de Murphy version foot

Les différents témoignages confrontent les visions des événements qui ont amené au plus grand fiasco du sport français : la pression du Mondial après un Euro catastrophique, les dynamiques humaines dans le groupe, les tensions entre le coach et Nicolas Anelka, les insultes de ce dernier -démenties depuis par toutes les parties- rapportées à l’époque par la presse à travers la fameuse Une « Va te faire enc**** sale fils de p*** ! », son éviction par la Fédération Française de Football, la mobilisation maladroite de ses coéquipiers, les tentatives ratées de communication de crise, la récupération politique…). Pour qu’au final, l’affaire prenne des allures de Loi de Murphy à l’échelle d’une Coupe du Monde, où un simple incident de vestiaire devient un drame national et une honte internationale à coup de Unes chocs, de propos maladroits, de mauvaises décisions et d’images tristement mémorables.

Au-delà des visions, bien plus nuancées que le récit manichéen qui a été livré à l’époque, le management de Raymond Domenech est au cœur du film d’1h21. Notamment à travers des extraits de son journal intime, dont il a confié les pages à la production du documentaire. On y découvre un homme sous pression -et on le serait à moins- mais aussi un meneur d’hommes très dur -pour ne pas dire insultant et méprisant- avec ses joueurs. Jusqu’à cette phrase terrible, qu’il couche sur papier après la grève : « C'est votre meilleure action collective de tout le Mondial. Le suicide est commis ! Alléluia ! »

La mise en ligne du film sur Netflix fait, à juste titre, beaucoup de bruit : l’occasion pour JustWatch de s’entretenir avec le producteur de Breath Film, Nicolas Valode, sur les coulisses du documentaire. Et de vous partager ensuite la réaction de Raymond Domenech et la réponse du producteur au communiqué publié par l’ancien sélectionneur.

Le Bus 2

Les coulisses de Le Bus : les Bleus en grève

JustWatch : Il y avait d'innombrables histoires à raconter autour du football : en quoi les événements relatés dans « Le Bus : les Bleus en grève » étaient les plus évidents et pertinents à vos yeux ?

Nicolas Valode (producteur, Breath Film) : Les histoires autour du sport sont souvent un formidable vecteur pour raconter la société. Celle de Knysna, pendant la Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud, est particulièrement spectaculaire et reste un épisode extrêmement marquant du football français. Elle est régulièrement présentée comme l’un des plus grands scandales du sport en France. Cette grève des Bleus, retransmise en direct et devant les caméras du monde entier, a été vécue à l’époque comme une véritable honte nationale. Les joueurs, désignés comme les seuls responsables du fiasco, étaient décrits alors comme des « enfants gâtés millionnaires », parfois même comme des « caïds immatures » ou pire, des « racailles ».

C’est une histoire qui a généré beaucoup de fantasmes. Nous avions l’intuition que le récit qui en a été fait à l’époque était simpliste, voire franchement caricatural. Notre envie a été de comprendre les mécanismes qui ont conduit à un tel crash collectif. Pour cela il fallait changer de perspectives, varier les angles de vue, revenir sur les faits précisément pour essayer de comprendre ce qui s’est vraiment passé. C’est cette démarche qui a séduit Netflix, qui nous a poussé à enquêter en profondeur, avec l’idée de donner la parole aux différents protagonistes, chacun apportant sa part de vérité : joueurs, membres du staff, journalistes, etc. 

Cette démarche a permis d’élargir le regard, et de construire un récit bien différent de ce qui s’était fixé dans la mémoire collective. En fait, quand on comprend le contexte, cette histoire n’est pas un simple fait de vestiaire, ni un incident isolé. L’implosion semblait presque inévitable, menaçant d’arriver un moment ou un autre, sous une forme ou une autre.

Pourquoi l'épisode du bus a-t-il autant marqué la société française selon vous, même celle des « non-footeux  »?

Encore une fois parce que cette histoire finit par largement dépasser le cadre du sport. Knysna a été vécu comme un vrai traumatisme national, avec un sentiment de honte collective aux yeux du monde entier. Il y a sans doute une raison profonde. Depuis 1998 et la victoire des Bleus de Zidane, l’équipe de France est devenue bien plus qu’une équipe de football pendant une Coupe du Monde : les Bleus incarnent d’une certaine manière, un des derniers espaces de communion nationale.

En 1998, l’équipe en gagnant devient le symbole d’une unité et d’une fierté collective. En 2010, alors que les résultats sportifs patinent, à l’inverse, on va lui plaquer une tout autre image, comme le reflet d’une société fracturée. Et avec derrière une vraie récupération politique, c’est sans doute une des raisons profondes du sentiment d’injustice qui a été vécue par les joueurs. Mais aussi ce qui donne à ce documentaire une dimension encore plus sociétale.

Le film apparaît presque comme un miroir en négatif du film « Les Yeux dans les Bleus ». Vous avez eu cette perception également ?

Ce ne sont pas du tout les mêmes objets, ni la même forme de récit documentaire. Les Yeux dans les Bleus est une immersion qui suit caméra à l’épaule, au cœur d’une équipe, dans un contexte d’une forme d’euphorie collective et de communion nationale. Notre film raconte au contraire une implosion. Là où le documentaire de 1998 montre un groupe qui se soude progressivement, Knysna raconte un crash qui semble inévitable. Ce sont presque deux récits opposés sur ce que peut représenter l’équipe de France à un instant donné de l’histoire du pays.

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Le documentaire donne la parole à Patrice Evra, William Gallas, Raymond Domenech, Roselyne Bachelot... Cela a t-il été facile de les convaincre de se replonger dans cette histoire douloureuse ?

Non, bien sûr. Cela a été un processus extrêmement long, ce qui explique aussi pourquoi un documentaire comme celui-ci a mis plus de deux ans à voir le jour. Pendant longtemps, les principaux acteurs de cette affaire se sont très peu exprimés publiquement. Il a fallu du temps, beaucoup d’écoute et un véritable travail de confiance pour convaincre certains d’entre eux de revenir sur cet épisode.

Il faut se souvenir du climat de l’époque : aux yeux d’une grande partie des Français, ces joueurs n’avaient même plus le droit d’exprimer un désaccord, une colère ou un sentiment d’injustice. Parce qu’ils étaient footballeurs, privilégiés et surexposés médiatiquement, leur parole semblait disqualifiée d’avance. Pourtant, le documentaire ne cherche ni à réhabiliter ni à excuser ce qui s’est passé. Son ambition est simplement de permettre à chacun de raconter sa version des faits, avec le recul des années.

Des joueurs comme Patrice Evra, alors capitaine des Bleus et figure centrale de la grève, mais aussi Bacary Sagna ou William Gallas, ont été sensibles à l’idée de pouvoir enfin apporter leur part de vérité à un récit souvent résumé de manière caricaturale. Pour d’autres, en revanche, la blessure reste encore trop profonde et n’ont pas franchi le pas. Même seize ans après les faits, le traumatisme demeure intact.

Y'a t-il au contraire des gens qui n'ont pas souhaité vous répondre ? Nicolas Anelka, par exemple, est l'un des grands absents derrière le micro.

Nous avons longuement échangé avec Nicolas Anelka. Il a finalement estimé qu’il avait déjà dit beaucoup de choses sur cet épisode dans un précédent documentaire de Netflix consacré à sa carrière. Mais de toute façon, Nicolas Anelka, n’aurait pas été le sujet principal de notre récit. Car on l’oublie vite, mais il n’est plus présent à Knysna au moment où tout s’emballe. Le joueur, qui a été viré par la fédération, n’est plus en Afrique du Sud lors de la grève, il n’est littéralement pas dans le bus.

Le fil rouge dévoile le journal intime de Raymond Domenech, dont certains propos sont étonnants, pour ne pas dire incroyables, de la part d’un sélectionneur de l’équipe de France. Comment a-t-il été amené à vous confier ces pages très personnelles, et quelle a été votre réaction en les découvrant ?

Il a fallu du temps pour convaincre Raymond Domenech de nous confier son carnet. Il a finalement accepté, après en avoir expurgé des passages, notamment sur sa vie privée. Nous avions entendu parler de ce carnet qu’il rédigeait depuis qu’il est sélectionneur. Nous pensions que c’était plus le journal de bord d’un coach, très axé foot avec compositions et choix tactiques. Nous avons été surpris de découvrir qu’il s’agit plutôt d’un journal intime où il couche ses émotions, ses ressentis. Cela en fait un matériel de récit fort. L’idée du documentaire n’est pas simplement de raconter « ce qui s’est passé ». C’est de comprendre comment on en arrive là. Le carnet de Domenech est un des éléments forts du contexte, la possibilité d’être aussi un peu dans la tête du sélectionneur.

Parfois il se lâche avec des phrases chocs qui surprennent. Mais c’est l’état d’esprit d’un homme dans la tourmente. On comprend que Raymond Domenech est déjà fragilisé au départ de la coupe du monde. Ce journal raconte bien autre chose que des conférences de presse : un homme isolé, enfermé dans une situation qui lui échappe progressivement. Quand nous avons découvert ces pages, nous avons été frappés par leur sincérité, parfois brutale, et surtout par le décalage entre l’image publique du sélectionneur et ce qu’il traversait intérieurement. Cela donnait accès à une matière qui permettait de contribuer à raconter l’histoire autrement. 

Le Bus 4

Le documentaire aurait pu reposer uniquement sur l’enquête autour de l’identité du « traître », qui est d’ailleurs rappelée comme un gimmick amusant en toute fin de film. Est-ce que les différents entretiens ont fait évoluer votre approche ?

Au départ, l’affaire de la taupe faisait évidemment partie des portes d’entrée naturelles du récit, parce qu’elle est restée dans la mémoire collective comme une sorte de mystère obsessionnel. Mais au fil de l’enquête et des entretiens, on s’est rendu compte que ce sujet devenait presque secondaire. Parce que le personnage du traître, ce joueur malveillant qui balance de l’intérieur pour faire mal à l’équipe, en fait, n’existe pas…  Dans le film nous racontons qu’un des joueurs a trop parlé en off à un journaliste TV, dans la zone mixte du vestiaire. C’est un peu une taupe malgré elle…

Avez-vous été surpris que cette histoire raconte finalement beaucoup de choses au-delà du sport, que ce soit sur la société française, sur le management toxique ou encore sur la récupération politique ?

C’était même une des intuitions de départ. Ce qui nous intéressait, ce n’était pas uniquement une crise sportive, mais ce que Knysna révélait de la société française. On y retrouve aussi des questions en rapport avec le management, l’autorité, le traitement médiatique mais aussi celui de la récupération politique. Avec le recul, on se rend compte à quel point cet épisode dépasse effectivement largement le football. C’est aussi pour cela qu’il continue de fasciner seize ans plus tard et bien au-delà des fans de foot.

Le film est à la fois très réussi et paradoxalement extrêmement frustrant, dans la mesure où cette histoire comporte assez de matière pour aller encore plus en profondeur, en explorant les médias, les supporters, la politique ou encore la FFF. Pourquoi avoir opté pour un film et non pour une série ?

Parce que le film unitaire était le format qui nous paraissait le plus adéquat. Certes, on aurait pu en faire une série, avec toute cette matière. Mais on voulait avant tout construire un récit tendu, comme un huis clos. Le film est pensé comme l’enfermement d’un groupe dans cet hôtel d’Afrique du Sud, coupé du reste du monde, avec une vraie dramaturgie dans un espace et un temps limités. Cela lui donne une vraie  dramaturgie. Nous avons évidemment exploré énormément de pistes autour des médias, de la Fédération, de la politique, des supporters…, mais nous avions le sentiment qu’en s’éparpillant trop, on risquait de perdre la tension principale du récit. On a donc préféré suggérer certains sujets, construire quelques rapides back-stories contextuelles, plutôt que de transformer le film en un récit plus exhaustif.

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Avez-vous eu des retours des protagonistes, qu’il s’agisse des joueurs, de Raymond Domenech, du staff de l’équipe de France ou des journalistes de L’Équipe ?

Il ne fait pas mystère que Raymond Domenech n’a pas apprécié le film. Nous sommes d’ailleurs surpris par sa réaction car la règle du jeu a toujours été claire avec lui comme avec l’ensemble des protagonistes. Plus que la réaction des protagonistes, et ce qui les a sûrement aussi beaucoup surpris, ce sont les réactions que génèrent ce documentaire très conversationnel, sur les réseaux sociaux, dans les médias, sur les plateaux télé... Ce qui est intéressant, c’est que le film semble avoir rouvert des discussions qui étaient restées figées depuis des années. Certains protagonistes ont eu le sentiment, pour la première fois peut-être, qu’on essayait de raconter cette histoire dans toute sa complexité.

Après la série très réussie sur Soprano, ce film va définitivement mettre Breath Film dans la lumière. Quelle est la ligne éditoriale et l’approche de la société, et quels sont les prochains projets de documentaires ?

Chez Breath Film, nous aimons utiliser la culture populaire, le sport ou la musique comme des portes d’entrée pour raconter la société. Nous sommes convaincus que ce sont des réservoirs incroyables d’histoires et de tensions contemporaines. Quand nous avons réalisé la série sur le rappeur Soprano, par exemple, ce n’était pas seulement pour raconter un parcours musical, mais aussi une certaine histoire de la France, des quartiers populaires, de l’intégration ou du racisme. Dans les projets actuellement en montage, nous continuons à explorer cette ligne éditoriale avec une autre grande histoire de scandale dans le sport, qui sera diffusée sur Netflix… et qui devrait aussi faire parler.

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« Meurtri et trahi » : la réaction de Raymond Domenech

Dans la foulée de la mise en ligne du documentaire sur Netflix, ce mercredi 13 mai, Raymond Domenech a pris la parole sur ses réseaux sociaux pour se désolidariser d’« un film totalement à charge et d’une partialité nauséabonde », qu’il présente comme un « réquisitoire extraordinairement violent contre (sa) personne » et dont il dénonce « la grande malhonnêteté » qu’il compare à « un viol de (son) âme ». Voici le texte en intégralité -avec la correction assumée de quelques coquilles, NDLR-, suivi de la réponse de Nicolas Valode de Breath Film :

« 16 ans après, cela devait être le documentaire de l’explication, de la réflexion et de l’analyse posée. Ce fut un réquisitoire extraordinairement violent contre ma personne. Cela devait être un documentaire de bonne tenue, où chaque version serait présentée équitablement. Ce fut un film totalement à charge et d’une partialité nauséabonde.

Je n’ai pas accepté de participer à ce documentaire pour faire parler de moi, ni pour régler mes comptes. J’ai depuis longtemps abandonné l’aigreur et ce qui se voulait une thérapie est devenu une poubelle haineuse.

La production de ce film, qui a changé deux fois en deux ans, n’a pas tenu ses engagements et a trahi ma confiance. Nous avions décidé, en condition sine qua non de ma participation, que je disposerai d’un droit de regard sur tout. Cela m’a été refusé in fine en toute impunité et avec la plus grande malhonnêteté.

Je n’aurais jamais validé une telle version car elle ne reflète ni ce que j’ai dit (choisissez les extraits les plus croustillants, coupez, montez, arrangez et vous aurez un film sensationnaliste qui n’a d’autre vocation que celle de « remuer la merde » pour faire de l’audimat et de jeter le discrédit sur un homme), ni qui je suis. Je suis meurtri et trahi : cela raisonne comme un viol de mon âme. Un vol de mes émotions d’un moment. 

Pour toutes celles et ceux qui ont tenu à un moment donné de leur vie un journal intime, (elles) ils sauront combien les pensées écrites sont parfois dures à l’égard des autres (et de soi), qu’elles ne sont pas destinées à être livrées telles qu’elles et, surtout, qu’elles permettent, à ce moment-là, de maintenir en vie une femme ou un homme, accablé(e) de toutes parts, croulant sous le poids d’une pression déraisonnable et extraordinairement violente. J’ai ouvert ma vie intime, celle d’un sélectionneur qui vit avec un groupe de joueurs des moments pas toujours simples – parfois heureux parfois lourds de tensions. Ces notes n’auraient jamais dues être publiées telles quelles.

Les réalisateurs de ce documentaire ont préféré à l’investigation et à la rigueur, le soufre et la malhonnêteté. Ce ne sont pas mes valeurs : je peux être frondeur parfois, provocateur, souvent, mais je ne suis ni irrespectueux, ni méchant, ni arrogant. Je tiens ici à me désolidariser de toutes mes forces de ce documentaire dont la vulgarité et le sensationnalisme n’ont d’égal que son absence de déontologie. Il n’honore ni le football, ni le journalisme.

Je tiens enfin à remercier les gens qui m’aiment et que j’aime, qui m’aident une nouvelle fois à affronter cette tempête injuste et violente, et tous les gens qui dans la rue, au quotidien, me témoignent leur amitié, leur soutien et leur reconnaissance. Leur amitié est précieuse et d’une sincérité et d’une bienveillance qui me touchent profondément.

Raymond Domenech »

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« Il n’a jamais été question qu’un participant puisse valider ou modifier le contenu final » : la réponse de Breath Film

Nicolas Valode (producteur, Breath Film) : Je suis très surpris lorsque Raymond Domenech évoque un prétendu manque de rigueur journalistique ou d’impartialité. Le principe même de ce documentaire était précisément de proposer une autre lecture de cet événement historique. Pendant des années, le récit dominant a consisté à désigner les joueurs comme les seuls responsables de l’épisode de Knysna, souvent réduits dans l’imaginaire collectif à des « enfants gâtés millionnaires », voire à des caricatures beaucoup plus violentes encore. Notre intuition de départ, qui a intéressé Netflix,  était qu’une histoire aussi complexe méritait d’être racontée autrement, en donnant la parole à l’ensemble des protagonistes : joueurs, membres du staff, journalistes, responsables politiques.

Ce croisement de points de vue, leurs parts de vérité, a fait émerger un autre récit. L’ambition du film était justement de challenger une mémoire collective figée depuis quinze ans. Concernant le droit de regard évoqué par Raymond Domenech, les choses ont toujours été extrêmement claires avec tous les intervenants : personne ne voit le documentaire avant sa diffusion. C’est une règle appliquée de manière strictement identique à chacun. Ce film n’est pas une œuvre de commande, mais un travail documentaire indépendant. Il n’a jamais été question qu’un participant puisse valider ou modifier le contenu final.

Enfin, au sujet des notes personnelles mentionnées, elles n’ont évidemment jamais été obtenues de manière illégitime. Elles nous ont été confiées par Raymond Domenech lui-même, en parfaite connaissance de leur utilisation potentielle dans le documentaire. Un contrat encadrait d’ailleurs explicitement leur exploitation dans le film, sans qu’il n’ait jamais été question d’un quelconque droit de validation éditoriale.

Le 20 juin 2010, l'équipe de France de football implosait aux yeux du monde entier avec la tristement célèbre grève des joueurs sur le terrain d'entraînement de Knysna, en Afrique du Sud. Un bus immobile allait devenir pour toujours le symbole du fiasco le plus retentissant de l'histoire du sport français. Pour la première fois, ceux qui étaient au cœur de la crise s'expriment ouvertement, révélant ce qu'il s'est réellement passé dans les coulisses.

À propos de cette liste

Titres

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Coût total de visionnage

7,99 €

Durée totale

1h 21min

Genres

Documentaire

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