
Marvel : le secret d’un Spider-Man réussi ? Ce n’est pas ce que vous croyez !
« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. » Avec une telle devise pour le guider dans sa vie de super-héros, Peter Parker, un gamin du Queens tout ce qu’il y a de plus normal, était voué à devenir l’un des personnages les plus iconiques de tous les temps.
Les comics, comme les différentes itérations de Spider-Man sur grand écran, nous ont appris que Peter Parker est foncièrement bon. Et cette bonté d’âme, il la doit en partie à son oncle Ben et à sa tante May, qui l’ont élevé depuis son plus jeune âge.
Mais que le cinéma décide de lui arracher soit Ben soit May, ou encore MJ, Gwen Stacy, Ned ou Harry Osborn, Peter Parker est constamment pris entre deux mondes : le sien, et celui des super-héros. Et ces deux vies sont plus inconciliables pour lui que pour n'importe quel autre personnage Marvel.
Internet a d’ailleurs vu la naissance de tendances et memes en tout genre sur le « Sad » ou « Emo » Peter Parker depuis la sortie de Spider-Man 3 en 2007. Et avec la sortie de Brand New Day (2026), qui vient de dépasser le milliard de dollars de recettes à l'international en quelques jours, le réalisateur Destin Daniel Cretton nous rappelle justement que plus un film Spider-Man est triste, plus il est intéressant.
JustWatch revient aujourd’hui sur le secret des meilleurs opus de Spider-Man : un héros faillible, en proie au doute et aux difficultés.

Un héros ancré dans notre réalité
Aucun d’entre-nous n’aime voir son héros préféré souffrir, et pourtant Peter Parker fait face à son lot d'épisodes douloureux et de déchirements amoureux. Dans les trois trilogies Spider-Man, le premier opus ouvre toujours sur une note joyeuse, presque d’insouciance, car notre jeune Peter Parker n’est qu'un lycéen, avec des problèmes de lycéen : il est très intelligent, mais s'ennuie beaucoup à l'école. Il est secrètement amoureux de la fille la plus populaire du lycée mais ne lui a jamais adressé la parole. Et ne parlons même pas des brutes de sa classe qui lui mènent la vie dure. Peter est néanmoins un garçon heureux, qui adore son oncle et sa tante.
C’est donc à partir du moment que ce quotidien est chamboulé par l'arrivée de vilains en tout genre -du Bouffon Vert, au Dr. Octopus en passant par le Vautour ou encore Mysterio- et que la vie quotidienne de Peter Parker est en danger : le héros doit faire un choix entre ses deux identités. Et quand il décide de ne pas faire ce choix et d’endosser ses responsabilités sur les deux fronts, le destin lui ajoute une énième épreuve à surmonter, qui mettra là aussi, une de ses deux vies en péril.
La trilogie de Sam Raimi met aussi en lumière les difficultés financières de Peter Parker : loyer impayé, petits jobs qui ne payent pas grand chose et ses études qui pâtissent de tous ces obstacles… Avant d'être Spider-Man, Peter Parker est avant tout un jeune New-Yorkais qui a du mal à joindre les deux bouts. Le Peter de Tobey Maguire est également confronté à des difficultés en amitié, puisque Harry Osborn a fait de Spider-Man son ennemi juré après la mort de son père, Norman Osborn alias le Bouffon Vert. En plus de ça, il ne peut pas être avec MJ, celle qu’il aime depuis toujours, par peur de la mettre en danger à chaque instant. Et il faut bien avouer que la jeune femme a frolé la mort à plusieurs reprises depuis l’arrivée de Spider-Man dans la ville.
Qu’il soit incarné par Tobey Maguire, Andrew Garfield, ou Tom Holland, le héros doit apprendre à vivre avec son deuil et sa culpabilité : l’oncle Ben dans la plupart des cas, tante May pour Tom Holland dans No Way Home (2021), Ben et Gwen Stacy pour Andrew Garfield.
Le MCU a également ancré Peter Parker dans la « vraie vie », une vie que Peter choisit à la place du statut doré et d’une chambre dans le QG des Avengers que lui offre Tony Stark à la fin de Homecoming. Mais le jeune homme préfère rester dans son monde tant qu’il le peut, un choix jugé mature et étonnant par celui qui sert de véritable modèle à l’homme-araignée.

Le « sad Peter Parker » au cinéma
Notre première rencontre avec « sad Peter Parker », nous la devons à Sam Raimi. La mort de l’oncle Ben survient après une dispute entre Peter et lui, et en plus de cela, le jeune homme se sent responsable de l’incident, puisqu’il pense avoir laissé filer l’homme qui lui aurait tiré dessus. C’est un traumatisme -et un secret- qui le hantera pendant des années, puisqu’il ne l’avoue pas tout de suite à tante May.
Quant au Spider-Man d’Andrew Garfield, on peut trouver beaucoup à redire sur ces deux films, mais la performance de l’acteur britannique dans son rôle de Peter Parker m’a énormément touchée dès le moment où il est apparu à l'écran. Son attitude d’ado un peu maladroit et timide, en plus de l’alchimie évidente qu’il partage avec Gwen Stacy (Emma Stone), rendent son interprétation de Spider-Man mémorable. Ce n'est pas pour rien que les fans ont hurlé de joie en le voyant apparaître -suivi de Tobey Maguire- dans No Way Home ! De plus, c’est la seule interprétation du personnage que nous entendons mentionner ses parents et le sentiment d’abandon qui l’habite.
Plus récemment, c’est Brand New Day qui nous a livré un Peter Parker isolé et solitaire, ce que Yelena (Florence Pugh) remarque immédiatement chez lui. Le jeune homme refuse d'admettre qu’il est réellement dépressif, en occupant son esprit avec les missions que Spider-Man doit accomplir. Et lorsque Peter pense pouvoir reprendre contact avec Ned et MJ, mais qu’il se rend compte que cette dernière a un nouveau petit-ami, c’est la goutte d’eau qui déclenche la mutation de ses pouvoirs, qui peut bien sûr être vue comme une métaphore de son mal-être et ses difficultés à tourner la page sur son passé. La scène où on le voit se balancer en pleurant sous la pluie est l’une des plus déchirantes de toutes les itérations de Spider-Man.
Brand New Day est d’ores et déjà décrit par les fans comme l’un des plus -si ce n’est le plus- tristes des épisodes de l’homme-araignée.

Un personnage humain avant tout
Alors pourquoi sommes-nous si attirés par le Peter Parker version torturé et malheureux ? L’une des réponses les plus évidentes est que c’est tout simplement ça, le cinéma. Nos émotions doivent être poussées à leur paroxysme, il faut des enjeux épiques et des conséquences dramatiques.
Comme je le disais, la force de Spider-Man réside surtout dans le fait que c’est LE super-héros auquel on peut s’identifier… et pas besoin d'être New-Yorkais pour ça !. Tout le monde peut se retrouver en lui, qu’il soit au lycée, ou en pleine galère professionnelle ou amoureuse.
D’autres super-héros véritablement humanistes, comme Captain America, peuvent nous attendrir tout autant, mais il sera moins facile de s’identifier réellement à ces derniers. Chez Peter Parker, c’est le réalisme de sa situation qui en fait un héros à notre échelle.
Spider-Man 2 (2004) -comme Brand New Day- est véritablement le film de référence qui nous présente un Peter Parker faisant face à de très nombreuses difficultés, tout en le mettant face à un choix : est-il Peter Parker ou Spider-Man ?
Le plan iconique de son costume dans une poubelle, et Peter s'éloignant dans la nuit est devenu emblématique de ce dilemme cornélien. Et surtout, il prouve que Peter cherchera toujours à faire ce qu’il y a de mieux pour protéger les gens qui l’entourent. Dans ce même film, la scène du train, dans laquelle un Spider-Man évanoui et épuisé est porté par une foule qui découvre son visage pour la première fois (« Ce n’est qu’un gamin » dira l’un d’entre eux ) est la preuve que l’homme-araignée est avant tout puissant grâce à l’humanité qui l’habite.
Cette difficulté à lier ces deux identités est également mise en exergue par Tony Stark dans Homecoming : il lui dit que s’il n’est rien sans son costume, il ne devrait pas l'avoir. Il s’agit pour le héros d’accepter que Peter a tout autant de valeur et d’importance que Spider-Man, et que Spider-Man, sans la bonté d'âme et l'humanisme de Peter Parker, n’a rien d’un héros.





























































