Il a réalisé Backrooms à 20 ans ! Kane Parsons et 7 cinéastes révélés (très) jeunes

Il a réalisé Backrooms à 20 ans ! Kane Parsons et 7 cinéastes révélés (très) jeunes

Öykü Sofuoğlu
Öykü Sofuoğlu

Publié le25 juin 2026

Mis à jour le25 juin 2026

Alors qu’il a suscité un énorme engouement auprès des spectateurs américains avec 175 millions de dollars de recettes au box-office, Backrooms (2026) est arrivé un peu plus tard dans l’Hexagone. Combiné au succès d’Obsession (2026) de Curry Baker, le film constitue un exemple révélateur d’une tendance actuelle : les spectateurs semblent de plus en plus intéressés par les visions de jeunes talents et ne se contentent plus d’une énième déclinaison de franchises dont le succès repose davantage sur le fan service que sur l’originalité ou la nouveauté.

Même si cet intérêt se manifeste particulièrement dans le cinéma d’horreur, les autres genres ne sont pas en reste. D’ailleurs, l’histoire du cinéma a été marquée par de nombreux auteurs et autrices qui ont fait leurs débuts derrière la caméra à un très jeune âge. Avec cette liste, loin d’être exhaustive, je reviens sur quelques-un·es de celles et ceux qui ont particulièrement retenu mon attention !

Backrooms
Backrooms

Backrooms

2026

Avant de devenir l’un des cinéastes les plus jeunes et prometteurs de sa génération à Hollywood, Kane Parsons était connu sur Internet sous le pseudonyme de Kane Pixels. À cette époque, alors que le jeune créateur réalise des vidéos de fans inspirées de L’Attaque des Titans (2013-2023) sur YouTube, il commence à s’intéresser aux « backrooms », un récit d’horreur particulièrement en vogue sur des plateformes comme 4chan et Reddit, qui désigne un espace extradimensionnel situé en dehors de la réalité. En se basant sur les concepts développés autour de ces espaces liminaux, Parsons réalise un court métrage intitulé The Backrooms (Found Footage) en 2022. La vidéo rencontre un tel succès que Parsons élargit son univers narratif pour le transformer en web-série qui compte aujourd’hui vingt-quatre épisodes. C’est lorsque la popularité du jeune artiste a attiré l’attention de A24 que ce dernier s’est lancé dans la production d’un long métrage, faisant de ses Backrooms un phénomène mondial. Parsons, devenu l’un des plus jeunes cinéastes à conquérir le box-office nord-américain avec Backrooms (2026), semble avoir encore beaucoup à offrir à travers ses espaces troublants et fascinants, et l’on a hâte de découvrir ce qu’il fera par la suite.
Ces derniers temps, on entend davantage parler de Xavier Dolan à travers ses commentaires dans les médias qu’à travers ses films, surtout depuis que le cinéaste a annoncé qu’il allait arrêter le cinéma. Aujourd’hui âgé de 37 ans, le réalisateur et acteur n’a pourtant pas perdu sa popularité auprès de ses fans. Bon, selon moi, il en a tout de même perdu un peu, surtout par rapport à ses débuts ! Avec son premier long métrage, J’ai tué ma mère (2009), qu’il a réalisé à l’âge de 19 ans grâce à ses propres économies, le cinéaste québécois a réussi à se démarquer par l’intensité émotionnelle et l’audace formelle avec lesquelles il a conçu son film. Cette énergie de jeunesse s’est également fait sentir dans Les Amours imaginaires (2010), au point que le film est devenu l’un des plus appréciés de la génération millénaire. Son troisième long métrage, Laurence Anyways (2012), voit Dolan affirmer et mûrir son identité esthétique en s’aventurant dans une démarche beaucoup plus baroque et flamboyante. C’est avec Tom à la ferme (2013) et Mommy (2014) qu’il atteint une véritable maturité dans son regard, tout en poursuivant ses explorations de divers genres, du thriller psychologique au mélodrame. Malgré le casting prestigieux de Juste la fin du monde (2016), le film reçoit un accueil plutôt mitigé. Mais c’est à partir de Ma vie avec John F. Donovan (2018) que son cinéma commence à perdre de son éclat, -du moins à mes yeux. On sait désormais que le cinéaste s’intéressera davantage aux projets télévisuels, et personnellement, j’espère que son retour sera beaucoup plus prometteur que ses derniers films !
Chantal Akerman a toujours été très connue dans les milieux de cinéphiles qui s’intéressent au cinéma d’Art et Essai. Or, c’est lorsque son deuxième long métrage de fiction, Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975), a été élu meilleur film de tous les temps par la revue britannique Sight & Sound en 2022, que la popularité de la réalisatrice a atteint un public plus large, jusqu’à faire d’elle l’une des figures les plus importantes du regard féminin (et féministe) dans l’histoire du cinéma. Après avoir abandonné ses études de cinéma, elle réalise son premier long métrage, un documentaire expérimental intitulé Hôtel Monterey (1972), alors qu’elle a 22 ans. Même si la réalisatrice belge a, par la suite, construit une carrière très riche et d’une variété sans égale -allant des documentaires à portée politique tels que D’Est (1993) ou De l’autre côté (2002), jusqu’à des comédies comme Un divan à New York (1996) et Golden Eighties (1986)-, c’est toujours Jeanne Dielman qui vient en tête lorsqu’on évoque son nom. Ce n’est évidemment pas pour rien, car très peu de films ont réussi à capturer les conditions de vie des femmes -et les formes implicites de leur exploitation domestique- avec autant de rigueur formelle et de précision esthétique. On évoque souvent combien les cinéastes sont jeunes lorsqu’ils réalisent leurs premiers films, mais rares sont celles et ceux qui ont réussi à réaliser un chef-d’œuvre aussi impressionnant et monumental si jeune, Akerman n’ayant alors que 25 ans.
Peut-être que sa popularité n’a pas encore atteint l’autre côté de l’Atlantique, mais lorsque Suzanne Lindon a annoncé qu’elle allait réaliser son premier long métrage, cela a suscité pas mal de bruit dans les médias français. Bien que Lindon ait tourné Seize Printemps (2021) alors qu’elle avait à peine 20 ans -la sortie du film ayant été repoussée d’un an-, les débats autour de la réalisatrice portaient moins sur son âge que sur les questions de népotisme soulevées par le fait qu’elle est la fille de Vincent Lindon et de Sandrine Kiberlain. Le film, dans lequel Lindon interprète également le rôle principal, a reçu un accueil mitigé, notamment en raison de son récit mettant en scène les sentiments amoureux d’une lycéenne pour un acteur bien plus âgé qu’elle. Après ce premier long, Lindon semble avoir diversifié sa palette, en jouant dans la deuxième saison d’En thérapie (2021-2022) et dans La Venue de l’avenir (2025) de Cédric Klapisch, ou encore en cosignant le scénario de Le Cri des gardes (2025) de Claire Denis.
Evil Dead
Evil Dead

Evil Dead

1981

Pour des studios comme A24, mettre en avant la jeunesse d’un cinéaste fait également partie d’une stratégie marketing -ce qui est tout à fait compréhensible. Mais cela ne garantit en rien une carrière longue et fructueuse, et il faut souvent du temps pour qu’un réalisateur puisse véritablement démontrer l’étendue de son talent. À seulement 22 ans, en réalisant son premier long métrage, Evil Dead (1981), qui deviendra l’une des franchises les plus cultes du cinéma d’horreur, Sam Raimi a rapidement affirmé une vision créative singulière, capable de produire des images terrifiantes tout en cultivant un goût prononcé pour l’excès. S’inspirant également de l’humour slapstick, le réalisateur a ensuite su transposer ses prédilections esthétiques dans des productions plus grand public à Hollywood. La trilogie Spider-Man en est certainement la preuve. Même si le cinéaste semble avoir perdu un peu de son tranchant au cours des deux dernières décennies, Send Help (2026), thriller de survie porté par Rachel McAdams et Dylan O’Brien, marque sans doute son grand retour en forme.
El mariachi
El mariachi

El mariachi

1993

De Spy Kids (2001) à Sin City (2005), en passant par Les Aventures de Shark Boy et Lava Girl (2005) et Machete (2010), Robert Rodriguez a bâti une carrière qui réunit plasticité visuelle, autodérision et esprit pulp. Ce cinéaste aux multiples facettes, qui occupe souvent plusieurs postes sur les productions de ses films, a signé des débuts particulièrement marquants à l’âge de 23 ans. Réalisé avec un budget d’environ 7000 dollars, son premier long métrage, El Mariachi (1992), qui visait initialement le marché de la vidéo hispanophone, a rapidement attiré l’attention de Columbia Pictures après avoir remporté un prix au Sundance Film Festival. Ce néo-western centré sur la quête de vengeance d’Azul a connu un tel succès commercial que Rodriguez a ensuite réalisé Desperado (1995) et Desperado 2 – Il était une fois au Mexique (2003), deux films qui constituent aujourd’hui la trilogie du Mexique. D’ailleurs, l’approche singulière du cinéaste ne se limite pas au seul cadre pratique du tournage : Rodriguez a également publié un livre sur ses premiers pas dans cinéma, Rebel Without a Crew: Or How a 23-Year-Old Filmmaker with $7,000 Became a Hollywood Player, aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs ouvrages consacrés au métier de cinéaste.
L'un des artistes les plus influents et importants du cinéma afro-américain, John Singleton a connu une ascension fulgurante avec son premier long métrage Boyz n the Hood (1991). Centré sur Doughboy et Tre, deux amis d’enfance qui grandissent dans un quartier marqué par la criminalité, le film a reçu un accueil très enthousiaste du public et a contribué à lancer la carrière de plusieurs comédien·nes noir·es. L’année suivante, Singleton a reçu deux nominations aux Oscars et est devenu à la fois le plus jeune cinéaste nommé dans la catégorie du Meilleur réalisateur -il n’avait alors que 24 ans- et le premier réalisateur afro-américain à obtenir cette distinction. Sa carrière s’est ensuite poursuivie avec plusieurs succès, dont Poetic Justice (1993), Shaft (2000) et 2 Fast 2 Furious (2003). Au cours des années 2010, Singleton s’est également tourné vers la télévision, en participant à des séries telles que Empire (2015-2020) et Billions (2016-2023). Si la précocité a marqué son parcours, sa disparition porte elle aussi la trace d’une carrière interrompue trop tôt : le cinéaste s’est éteint à l’âge de 51 ans, laissant derrière lui une filmographie attentive aux réalités sociales et culturelles des communautés afro-américaines.
À une époque où le cinéma indépendant américain connaît un véritable essor, Kevin Smith s’impose comme l’une de ses figures les plus singulières avec Clerks : Les Employés modèles (1994). Réalisé alors qu’il n’avait que 23 ans et financé en grande partie grâce à des cartes de crédit, ce premier long métrage en noir et blanc suit le quotidien de deux employés de magasins du New Jersey, davantage occupés à discuter de culture populaire qu’à travailler. Présenté au Festival de Sundance, le film rencontre un succès inattendu et fait de Smith l’un des symboles du cinéma indépendant des années 1990. Le cinéaste développe ensuite son propre univers à travers Les Glandeurs (1995), Méprise multiple (1997) et Dogma (1999), tout en donnant naissance à des personnages devenus cultes comme Jay et Silent Bob. Même si sa carrière a connu des hauts et des bas au fil des décennies, notamment avec des productions plus modestes ou destinées à un public de fidèles, Smith est resté une personnalité importante de la culture geek américaine. Son View Askewniverse compte aujourd’hui neuf films, ainsi que plusieurs séries télévisées et bandes dessinées, sans compter un projet de suite aux Glandeurs, intitulé Twilight of the Mallrats, qui demeure à l’horizon.

À propos de cette liste

Titres

8

Coût total de visionnage

40,92 €

Durée totale

14h 16min

Genres

Drame, Comédie Romantique, Crime & Thriller

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