
Hungry sur Netflix : la fin du film avec l'hippopotame tueur expliquée
On n’a rien vu venir. Une petite vibration circulaire à la surface. Une ridule concentrique, peut-être quelques bulles qui crèvent le catalogue de rentrée de Netflix. Et paf, ça nous tombe dessus sans crier gare. Un nouveau film à base d’animal tueur. Après les ours cocaïnés et les piranhas volants, entre ici Hungry (2026) de James Nunn.
Au menu, un hippopotame en colère dans un film qui porte mal son nom : Angry aurait été un bien meilleur titre, puisque l’animal, herbivore, ne mange pas les victimes de ses méfaits. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser supposer, ce n’est pas la faim qui fait agir le monstre. Notre tueur du jour est avant-tout un animal territorial qui défend ses pénates avec conviction et une agressivité notoire ; surtout s’il a des petits à défendre...
Un contexte historique ?
Mais où se passe l’action du film vous demandez-vous sans doute ? En Afrique ? La réponse serait logique, l’hippopotame étant un animal endémique du continent africain. Mais non. Hungry se passe en Louisiane, dans le bayou, à proximité de la Nouvelle-Orléans. Ce serait un animal échappé d’un zoo ? Non. Un animal relâché par un riche propriétaire excentrique alors ? Non plus. Par un gang de malfrats ? Toujours pas, mais il y a de l’idée, on y reviendra. Dans sa scène d’exposition, le film nous explique deux choses. La première c’est qu’il y a un siècle, les autorités ont essayé d’implanter des hippopotames dans le bayou pour enrayer les risques de famine et la prolifération des jacinthes d’eau. Et la seconde c’est que ces animaux seraient parmi les mammifères les plus dangereux au monde, et responsables de nombreux décès humains chaque année. Attention, sur ces deux affirmations, une seule est vraie… Saurez-vous deviner laquelle ?
OK, on vous aide. L’idée d’implanter des hippopotames pour endiguer la famine aux États-Unis a vraiment été envisagée. Les lobbys de l’époque vantaient même le « bacon de vache de mer ». L’idée a été abandonnée suite à l’entrée des États-Unis dans la Guerre de 14-18, et parce qu’on a découvert que les hippopotames n’étaient pas des vaches de mer, mais de dangereux animaux territoriaux. Il s’avère aussi que l’animal ne mange pas de jacinthes d’eau mais lui préfère l’herbe tendre des berges… De plus, les hippopotames sont à peine comestibles : leur viande présente des risques sanitaires importants puisqu'elle peut être porteuse de la bactérie responsable de la maladie du charbon (oui, l’anthrax). Cette première affirmation était donc fausse, mais basée sur des faits historiques. Il y avait un piège ! Par déduction, oui, par contre, les hippopotames sont vraiment dangereux pour l’Homme.
Notez que le film aurait pu se passer en Colombie, puisque le célèbre trafiquant Pablo Escobar possédait des hippopotames dans sa propriété et que suite à sa mort en 1993, ces derniers se sont retrouvés en liberté. La colonie abriterait aujourd’hui plus d’une centaine d’individus qui mettent en péril tout l’écosystème local, l’animal n’ayant aucun prédateur local. Mais revenons à Hungry qui a préféré nous inviter dans les mangroves de la Louisiane.
Que raconte le film ?
Le film raconte comment un groupe hétéroclite de touristes de passage à la Nouvelle-Orléans va se retrouver isolé au fin fond du bayou aux prises avec un hippopotame en furie. On croise là deux copines venues se changer les idées, une mère célibataire working girl endimanchée qui part en expédition en louboutins, une famille composée d’un grand-père ancien pompier, une mère infirmière et d’un jeune adulte en pleine crise d’ado, et un guide-pilote. Cet équipage d’un jour sera très vite rejoint dans ses aventures par le patron du guide, un vieux chasseur portugais joué par un Joaquim de Almeida un poil caricatural.
Après nous avoir fait rencontrer les deux héroïnes du film et les différents protagonistes, Hungry plante le décor avec une séquence prémonitoire dans les locaux de la compagnie de découverte du bayou qui organise l’excursion. Autour d’un crâne d’hippopotame, le vieux baroudeur mi-chasseur mi-adepte de safaris sauvages met la petite troupe en garde contre ces bestioles sous-estimées considérées comme les plus dangereuses du règne animal… Sans doute l’un des fusils de Tchekhov les plus insistants et appuyés qu’il vous sera donné de voir. Heureusement qu’il n’y a pas d’hippopotame en Louisiane… La petite troupe embarque, et se retrouve comme de bien entendu nez à nez avec le monstre tueur. Sans surprise dans ce genre de film calqué sur les films de requins, les victimes se multiplient.
Comment comprendre la fin ?
À la toute fin du film, Sistine, l’héroïne, le vieux chasseur et la working girl sont les seuls à avoir pu réchapper au monstre. Le trio se réfugie dans une vieille demeure en ruines qu’on comprend être la pension animale qui a implanté les hippopotames dans la région au siècle dernier. Dans les cages détruites du complexe, un bébé hippopotame est piégé. Révélation ! Le monstre qui a poursuivi les touristes malchanceux pendant tout le film voulait protéger son petit. Après la mort du vieux chasseur, Sistine met le feu au complexe et enferme l’animal qui périt dans les flammes. Les deux femmes vont pouvoir s’échapper…
Sauf qu’un autre hippopotame encore plus imposant jaillit des fourrés et écrase la femme d’affaires. Il fallait bien un couple pour qu’un petit naisse. Sistine libère le bébé hippo et l’adulte, rassuré, choisit de s’éloigner. L’incendie conduit un hélicoptère sur les lieux et la jeune femme est sauvée. Elle regarde par le hublot l’hippopotame et son petit remonter un bras du fleuve. Fin. Peu de surprises au final, et pas grand chose à analyser cette fois, le film n’a pas vraiment pris le temps de développer le background de ses personnages. Sistine va reprendre sa vie, avec des soins médicaux importants à payer pour tenter de soigner sa mère très malade, un nouveau job à trouver, et plus de meilleure amie… Sur fond de soleil levant, les producteurs eux, se sont laissés la porte ouverte vers une suite en laissant les deux animaux repartir dans la nature. Mais la souhaitons-nous vraiment ?















