
C’est LA série de super-héros à revoir absolument avant le nouveau film X-Men
Retour à la fin des années 2000. En 2006 plus précisément. Le chiffre a son importance. Pourquoi ? Parce que nous sommes deux ans avant le film Iron Man (2008) de Jon Favreau, considéré comme le premier film du MCU avec L’Incroyable Hulk (2008) de Louis Leterrier. Et six ans après le premier film X-Men (2000) des studios Fox.
Un gap qui permet à l’écrivain et homme de télévision Tim Kring de proposer à NBC une série originale baptisée Heroes (2006-2009). Fortement influencée par les comics mettant en scène les mutants de Marvel, la série raconte comment, un peu partout dans le monde, à la suite d’une éclipse totale de soleil, différents individus se retrouvent dotés de capacités surnaturelles.
Working Class Heroes
Plutôt que de jouer la carte de la formation d’une super team, Tim Kring opte pour une optique très X-Men : les êtres évolués subissent autant leurs pouvoirs qu’ils n’offrent d’opportunités, et ceux dont les pouvoirs sont révélés peuvent subir ostracisme et persécutions. Une atmosphère de guerre sociale pèse de fait sur l’ensemble, tandis que l’on suit ces nouveaux héros entre les difficultés rencontrées pour maîtriser leurs nouveaux talents, les enquêtes d’organisations de régulation gouvernementales et la menace d’une fin du monde annoncée… À moins qu’en s’alliant, ces Monsieur et Madame Tout-le-Monde ne réussissent à conjurer la menace. « Save the Cheerleader, Save the World ! »
À l’époque, la première saison est un succès phénoménal unanimement considérée comme l'un des sommets de la SF télévisée des années 2000. Avec son ton réaliste empreint de mysticisme et ses personnages attachants, la série Heroes conquiert les cœurs de nombreux fans qui voient enfin un angle fort absent des films X-Men sur leurs écrans. Mais le rêve est de courte durée. La saison 2, trop complexe et massacrée par les conséquences de la grève des scénaristes de 2007, fragilise l’édifice. Les intrigues sont expédiées, des personnages disparaissent sans raison, la tension et la menace se diluent… Et le public se désintéresse peu à peu de ses nouveaux héros.
I am what I am
Hélas pour l’équipe derrière la série, rien ne viendra contrer l’étiolement du show, qui est annulé loin des projecteurs en fin de saison 4 en février 2010, malgré de belles tentatives de relance. Une suite Heroes Reborn (2015) tentera sa chance une dizaine d’années plus tard, mais sans succès. Les rumeurs à Hollywood racontent que Tim Kring serait encore en train de vouloir remettre une pièce dans la machine en 2026, mais avec l’arrivée du prochain X-Men (2028), Marvel risque de lui couper l’herbe sous le pied cette fois.
Mais pourquoi reparler de Heroes aujourd’hui, me demanderez-vous ? Et bien justement parce que les mutants s’apprêtent à faire leur grand retour sur grand écran. Sans compter le film annoncé X-Men de Jake Schreier prévu pour 2028, les personnages ont été annoncés comme les nouveaux héros au coeur des nouvelles phases Marvel, en remplacement des Avengers. Et si Heroes s’inspirait beaucoup de ses homologues en collants, le ton de la série pourrait cette fois insuffler un peu de son ADN pour faire muter la proposition de Kevin Feige. Pourquoi (re)voir Heroes aujourd’hui ? Premièrement parce que l’intégrale a déboulé sur Netflix en juillet dernier (2026), et deuxièmement parce que de nombreux personnages croisent ceux des X-Men, avec un traitement très différent qui pourrait faire des émules…
We could be Heroes, just for one time
En partant de la base du fait que n’importe qui peut se réveiller un matin avec des pouvoirs, Heroes et les X-Men partagent une malédiction et une bénédiction en même temps. Certains pouvoirs sont destructeurs tant pour leur porteur que pour ses adversaires, quand ce n’est pas la société elle-même qui pourrait devenir une ennemie…

Le leader du groupe choral qui va s’allier dans la série Heroes, c’est Peter Petrelli, incarné par un tout jeune Milo Ventimiglia. C’est un jeune infirmier new-yorkais idéaliste qui découvre un jour qu’il peut absorber et reproduire les pouvoirs de toute personne évoluée à son contact. Ce pouvoir le rapproche de Hope Summers, la fille adoptive de Cable et fait de Peter le personnage messianique en tête du groupe de héros.

Vient ensuite Claire Bennet, incarnée par la regrettée Hayden Panettiere. C’est elle la fameuse Pom Pom Girl à sauver pour sauver le monde et la cible de toutes les convoitises. Son pouvoir de régénération cellulaire fait d’elle une proche de Wolverine ou de Deadpool, mais elle joue plutôt le rôle de mascotte et de cadette du groupe, un peu comme Kitty Pryde chez les X-Men ou comme la Malicia de Anna Paquin dans les premiers films. Elle est couvée par son père adoptif Noah (Jack Coleman), un espion manipulateur et jusqu’au-boutiste sans pouvoir mais qui gère beaucoup de dossiers hors champ. Une sorte de Nick Fury qui s’ignore.

Pilier incontournable de la série et chouchou des fans, Hiro Nakamura incarné par Masi Oka est un employé de bureau qui se rêve super-héros. Plein d’enthousiasme, ce personnage candide et rieur possède un pouvoir redoutable qu’il découvre en deux temps. Il peut d’abord se téléporter comme le Diablo des X-Men, avant de découvrir qu’il peut aussi voyager dans le temps. Cette capacité décuple son rôle, puisqu’il devient une sorte d’oracle avec toujours une longueur d’avance. C’est lui qui joue le rôle de liant et de rassembleur. Sa personnalité change drastiquement puisque le Hiro que l’on croise est parfois celui d’un futur éloigné ayant affronté de nombreuses épreuves. Il est aussi un écho des personnages de Tempo ou de Blink.

Nathan Petrelli (Adrian Pasdar), est un homme politique qui dissimule son pouvoir pour éviter de perdre en popularité. Il joue sur deux tableaux, celui de la législation autour des personnes évoluées et sur ses actions personnelles. Comme Angel dans les X-Men il est doué de capacité de vol, bien qu’il n’ait pas besoin d’ailes comme le personnage dont il s’inspire.

Matt Parkman, joué par Greg Grunberg, est un agent de police sympathique et protecteur qui se voit affublé d’un talent de télépathie qui se transformera peu à peu en des capacités de contrôle mental. Il est le pendant du Professeur X ou de Jean Grey, et endosse au fur et à mesure un rôle central et de boussole morale qui rappelle Charles Xavier, mais doit sans cesse lutter contre la tentation d’utiliser ses talents à des fins personnelles.
Le rôle du Fauve est à rapprocher de Mohinder Surech, un généticien indien qui s’injecte lui-même une substance qui altère son ADN. Il récupère une force surhumaine, mais sa formule instable aura aussi pour conséquence de le faire muter physiquement. Il est l’exemple même du scientifique devenu sujet de ses propres expérimentations.
Heroes, c’est aussi Niki & Jessica Sanders et Tracy Strauss. Un seul personnage, mais trois personnalités distinctes aux pouvoirs différents, un peu comme Légion. Cette mère de famille incarnée par Ali Larter passe d’un camp à l’autre selon la personnalité qui prend le dessus sur les autres. Niki ne possède pas de pouvoir particulier (outre celui d’avoir des personnalités différentes), mais Jessica est une force de la nature qu’on pourrait rapprocher de Malicia, et Tracy possède un don de cryokinésie : elle génère de la glace comme Iceman. Son fils Micah est lui directement inspiré par Forge et peut comprendre, contrôler, fabriquer et manipuler toute machine qu’il croise ou pense.
Pour parachever cet ensemble, on retrouve aussi toute une kyrielle de personnages secondaires, comme l’acolyte de Hiro, Ando Masahashi (James Kyson), qui découvre ses pouvoirs de manière bien plus tardive. Il possède un don d’amplification des pouvoirs des personnages évolués qui sont proches de lui. La mère des frères Petrelli, Angela (Cristine Rose), possède un pouvoir de précognition via ses rêves, ce qui rappelle le personnage de Destiny. C’est une stratège qui agit dans l’ombre. Dans le même ordre d’idée, on peut facilement rapprocher Monica Dawson (Dana Davis) de Mimic ou de Taskmaster avec son talent de reproduction des mouvements et techniques observées, et Daphne Millbrook (Brea Grant) de Quicksilver avec sa super vitesse.
Bad Boys, Bad Boys, what you gonna do ?
Et du côté des ennemis ? Et bien, le premier est une évidence. Véritable menace prophétique, Sylar, incarné par Zachary Quinto quelques années avant de devenir le nouveau Mr Spock du reboot de Star Trek (2009), est le grand méchant de la saison 1 de Heroes. Cet ancien horloger possédant des dons de télékinésie est un serial killer en puissance attiré par les pouvoirs des autres humains évolués. Comme une drogue, il consomme et absorbe ces pouvoirs de manière frénétique après avoir ouvert le crâne de ses victimes.
C’est un pendant aux actions de Mister Sinister mêlé aux errements terribles des pouvoirs de la Malicia des comics. Il devient un anti-héros par la suite. Et c’est, Arthur Petrelli (Robert Forster), le père de Peter et Nathan revenu d’entre les morts qui jouera l’antagoniste absorbeur de pouvoirs. Il peut absorber de manière permanente les capacités des autres par simple contact.
Plus original, Adam Monroe incarné par David Anders dispose d’un pouvoir de régénération quasi absolu. C’est un ancien héros devenu extrémiste qui vit depuis des siècles. On pourrait presque le rapprocher d’Apocalypse avec sa vision idéologique de l’évolution, prêt à provoquer une catastrophe mondiale pour imposer sa vision du monde.
Samuel Sullivan incarné par Robert Knepper, l’inoubliable psychopathe de Prison Break (2005-2017), est sans doute le personnage le plus proche du célèbre Magneto des X-Men. Ses pouvoirs sont très différents puisque lui manipule la terre et non le métal, mais il est le gourou d’une bande de mutants peu recommandables et est perçu comme un leader incontesté dans sa troupe de freaks.
Comme les héros de la série, tout une liste de méchants et de gros bras œuvrent tout à tour tout au long des 78 épisodes et des 4 saisons. Parmi eux, on se souvient du bras droit de Noah Bennet, le Haïtien incarné par Jimmy Jean-Louis qui peut supprimer les pouvoirs des êtres évolués autour de lui comme Leech ou effacer des souvenirs comme le Professeur Xavier dans les X-Men. On se souvient aussi de Elle Bishop portée par Kristen Bell, très inspirée de X23 avec son statut d’arme vivante, élevée dès sa prime enfance pour devenir un soldat. Comme Tornade, elle peut générer et projeter de l’électricité.
Enfin, le monde de Heroes est aussi un monde où des organisations contrôlent, fichent et expérimentent sur les personnes dotées de pouvoirs ou cherchent à reproduire et distribuer les talents innés des évolués, comme le programme Sentinelles, Weapon X ou Essex Corp. Au sein de celles-ci on croise tout un tas de gueules cassées sans pouvoirs mais tout aussi menaçantes comme Emile Danko (Željko Ivanek), notre William Stryker local, un militaire humain obnubilé par l'éradication des mutants, ou le Dr. Zimmerman (Ron Perkins), un scientifique déviant et eugéniste qui rappelle une nouvelle fois les obsessions de Sinister.
Quelque part, on peut voir Heroes comme une version alternative des X-Men qui n’en n’aurait pas le nom. Dans la série, les personnages découvrent leurs pouvoirs de manière isolée, sont plutôt des fugitifs, les gouvernements et les organisations de contrôle ont les pleins pouvoirs, et les héros en devenir passent une grande majorité de leur temps à tenter d’empêcher les « spéciaux » de devenir des armes, des terroristes ou des cobayes. Au final un monde où Xavier n’aurait pas réussi à rassembler et créer les X-Men…






















