« Les Sentinelles » et 15 films et séries de super-héros français

« Les Sentinelles » et 15 films et séries de super-héros français

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le 08 octobre 2025

Mis à jour le 02 mai 2026

« Dans la famille des super-héros made in France, je demande… » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la production hexagonale n’a pas laissé le genre super-héroïque au cinéma US. En effet, loin d’Hollywood et de ses blockbusters Marvel, DC et indépendants, il y a eu plusieurs tentatives notables pour revisiter les histoires de justiciers avec une « french patte ».

Entre approches sérieuses, franches comédies, œuvres d’auteurs et aventures animées, JustWatch vous dévoile la liste des films et séries françaises qui ont tenté de surfer sur la vague des « super » (on attend d’ailleurs avec impatience Feuille-Man avec Pierre Niney). Avec plus ou moins d’ambition et de réussite, il est vrai, mais en nous livrant parfois des pépites notables que j’ai classées selon ma préférence… du moins super au plus super !

10

Bloody Mallory
Une tueuse de démons et de créatures maléfiques, un réalisateur biberonné à L’Ecran Fantastique (où j’ai écrit dans mon jeune temps), une comédienne que j’aime beaucoup (Olivia Bonamy, hélas sous-exploitée par le cinéma français) : sur le papier, Bloody Mallory (2002) avait tout pour me plaire. Le résultat, qui aurait pu être un croisement français réjouissant entre le girl power de Buffy contre les vampires (1997-2003) et la chasse aux monstres de Hellboy (2004) est, il faut malheureusement l’avouer, assez pénible à regarder. Déjà, à l’époque. Et encore plus aujourd’hui alors que les effets visuels ont pris… 1000 ans. Mais il faut apprécier le film pour ce qu’il est : un croisement un peu nanardesque entre super-héroïne et fantastique, qui a été l’une des premières tentatives de la nouvelle vague de films de genre made in France et qui s’est distingué par son approche inclusive de personnages LGBTQ+. Et puis la bande originale est signée Kenji Kawai, à l'œuvre sur Ghost in the Shell (1995) et Ring (1998) !
En 1960, deux ans avant la création de Spider-Man, Iron Man et Hulk outre-Atlantique, Peyo donne naissance à un super-héros français dans les pages de Spirou. Béret noir, écharpe bleue et veste rouge, Benoît Brisefer est doté d’une force surhumaine (et accessoirement de super-vitesse et de super-saut)... sauf quand il s’enrhume. Alors que tous ignorent l’étendue de ses facultés, notre héros en culottes courtes affronte des criminels à Vivejoie-La-Grande avec l’insouciance de l’enfance. Avec son ton rétro, naïf et poétique, Benoît Brisefer : les taxis rouges (2014) rend hommage aux planches de l’auteur belge de  BD, sous le parrainage de Gérard Jugnot, Jean Reno et Thierry Lhermitte. Cette qualité nostalgique est à la fois la grande qualité et le défaut majeur de cette œuvre finalement très datée, qui s’adresse plus aux grands-parents qu’à une génération biberonnée à Marvel et DC… A réserver aux fans de Spirou et Fantasio (2018), Le Petit Spirou (2017) et autres Boule & Bill (2013).
Benoît Brisefer : Les taxis rouges n'est pas disponible en streaming.
Laissez-nous vous avertir quand vous pourrez le regarder.

08

Phantom Boy
Phantom Boy

Phantom Boy

2015

Si vous avez aimé le coup de crayon très particulier de Une vie de chat (2010) et Nina et le secret du hérisson (2023), vous aimerez forcément Phantom Boy (2015) du tandem Alain Gagnol & Jean-Loup Felicioli. Le garçon du titre n’est pas à proprement parler un fantôme : il peut en réalité sortir de son corps, comme une projection astrale volontaire, pour s’envoler à travers les murs de l’hôpital où il se trouve et observer le monde. Un don qu’il va mettre à profit pour aider un policier paralysé dans son enquête, alors qu’un terroriste informatique menace la ville. Touchant et original (le style graphique est inspiré du cubisme), le film est une proposition alternative à l’animation en images de synthèse souvent inhérente aux histoires de super-héros. On apprécie son joli casting vocal (Edouard Baer, Jean-Pierre Marielle, Audrey Tautou) et son traitement singulier de l’architecture new-yorkaise.
Clotaire Sangala, c’est un peu le Peter Parker africain. Là où le futur Spider-Man était piqué par une araignée pour acquérir ses super-pouvoirs, notre sapeur-glandeur est mordu par un serpent qui le transforme en Black Snake, un justicier qui va s’opposer au dictateur local. En tandem avec sa compagne Karole Rocher, Thomas Ngijol écrit, réalise et joue dans cette comédie située dans la Françafrique des années 70, où ce héros improbable affronte Michel Gohou et Edouard Baer. Vêtu façon Kato dans Le Frelon Vert (2011), assez lâche et même globalement un peu nul, le personnage plaira essentiellement aux fans de l’univers décalé de l’humoriste même si le rythme est un peu poussif en dépit d’une durée réduite (1h22mn). Il ne faut donc pas attendre un Black Panther (2018) francophone, mais plus un délire au croisement de OSS 117, alerte rouge en Afrique Noire (2021), Le Crocodile du Botswanga (2014) et Fastlife (2014), sa première réalisation solo que j’avais largement préférée.

06

The Prodigies
A l’origine de The Prodigies (2011), il y a un roman : La Nuit des Enfants Rois de Bernard Lenteric, dans lequel un groupe d’enfants surdoués, intégrés à un institut regroupant des intelligences hors-normes, utilisent leurs capacités pour se venger d’une agression. L’adaptation cinématographique, écrite par le tandem Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (Le Prénom, Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo), opte pour des super-pouvoirs télépathiques qui font des personnages des versions modernisées de Scanners (1981) ou Akira (1988). Côté visuel, c’est l’une des premières productions françaises à s’essayer à la performance-capture, intégrant ainsi un jeu très humain à une animation stylisée. Un peu trop simple et prévisible dans sa trame narrative (je conseille vraiment le livre), The Prodigies vaut surtout le visionnage pour cette approche artistico-technique et sa volonté de livrer un film d’animation adulte, qui assume sa violence et ses traumas, préfigurant notamment la claque Arcane (2021-2024).
The Prodigies n'est pas disponible en streaming.
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Philippe Lacheau, c’est LA valeur sûre de la comédie française depuis Babysitting (2014) et Alibi.com (2016). Avec presque 3 millions d’entrées en moyenne par film, toujours entouré de sa bande (la bien nommée « Bande à Fifi ») le réalisateur-scénariste-producteur-comédien a su fédérer le public autour de son humour potache et cartoonesque, qui s’autorise tous les délires. Parmi ceux-ci, il y a Super-héros malgré lui (2022) qui passe le genre à la moulinette de gags décalés, alors qu’un acteur devenu amnésique après un accident de voiture pense qu’il est réellement le justicier Badman dont il porte le costume. Un pitch ultra-efficace qui lorgne du côté de Super (2010), ( Deadpool (2016) et Kick-Ass (2010) et qui permet au groupe de s’amuser avec les codes des super-héros, même si c’est peut-être leur film le moins inspiré de mon point de vue. En revanche, côté mise en scène, c’est vraiment ambitieux et spectaculaire !
Depuis 1983, c’est un classique indéboulonnable de la comédie française. Presque un monument national. Et au-delà de sa satire mordante de la France occupée, Papy fait de la résistance recèle un super-héros au sein de son casting : Super-Résistant, campé par Martin Lamotte. Coiffeur poltron le jour, il endosse son masque, son smoking et son haut de forme la nuit venue pour combattre l’envahisseur nazi, tel un Arsène Lupin ou Fantômas de la Résistance. Adapté d’une pièce de théâtre, le film se donne les ambitions d’un grand film historique avec des décors, des costumes et une distribution impressionnante mêlant deux générations de comédiens, comme un pendant comique à Paris brûle t-il ? (1966). Très mal accueilli par la critique à sa sortie, Papy fait de la résistance trouve immédiatement un écho auprès du public, s’imposant parmi les incontournables du rire hexagonal avec ses cousins du Splendid (Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Le Père Noël est une ordure). Je lui préfère personnellement ces trois films, car le côté trop théâtral et parodique de Papy… me fatigue vite. Mais ça reste très personnel et le film n’a pas volé sa place aux côtés de La Grande Vadrouille (1966), Le Mur de l’Atlantique (1970), Les Bidasses en folie (1971) et Mais où est donc passée la 7ème compagnie ? (1973).
Derrière ce titre fabuleux se cache un film à sketches du prolifique Quentin Dupieux, dont l'univers barré et unique ne cesse de séduire un public de plus en plus large au fil des années (en témoignent les succès de Au poste !, Mandibules, Yannick, Incroyable mais vrai et Le Deuxième acte). Dans Fumer fait tousser (2022), on découvre la Tabac-Force, un groupe de cinq super-héros qui se mettent au vert pour renforcer leur cohésion d’équipe. Alors qu’une attaque du maléfique Lézardin se profile, on suit cette étrange retraite, entrecoupée d’histoires qui font peur au coin du feu (dont un délire aussi sanglant qu’improbable avec Blanche Gardin). Inclassable, comme tous les films du cinéaste, Fumer fait tousser peut laisser circonspect si on n’entre pas dans ce délire absurde et singulier, volontairement kitsch avec ses costumes de super sentaï. Comme par exemple cette marionnette de rat dégoulinante de bave, baptisée Chef Didier et doublée par Alain Chabat, qui dirige nos héros depuis sa salle de contrôle. Ça vous donne une idée de ce qui vous attend. Mais même si vous restez de marbre, la bonne nouvelle, comme toujours chez Dupieux, c’est que c’est court et sans fioritures (1h17mn) !
Quand le cinéma d’auteur rencontre le film de super-héros -du moins la notion de super-pouvoir- ça donne Vincent n’a pas d’écailles (2014). Pour son premier long métrage après des courts remarqués, Thomas Salvador mise sur une approche naturaliste et sobre, anti-spectaculaire même, qui raconte comment un homme se découvre des facultés extraordinaires au contact de l’eau. Il y a presque un côté Incassable (2000) à la française dans cette proposition à hauteur d’homme, qui a été plébiscitée par de nombreux festivals pour son minimalisme et sa dimension contemplative et poétique. C’est clairement ce qui pourra surprendre celles et ceux qui y chercheraient un équivalent français d’Aquaman (2018) : l’enjeu est ici uniquement humain, et traite avec pudeur de la découverte des pouvoirs et de l’amour. C’est une vraie expérience, à prolonger avec La Montagne (2023), du même réalisateur.
Le Garçon invisible (2014) a pour titre original Il ragazzo invisibile, mais comme il s’agit d’une coproduction franco-italienne, il peut techniquement intégrer ce classement. Et c’est mérité, car cette proposition signée Gabriele Salvatores (Oscar du Meilleur film étranger 1992 avec Mediterraneo) aborde le genre super-héroïque par le prisme du mal-être adolescent, alors qu’un garçon de 13 ans, confronté à une scolarité difficile, se découvre le pouvoir de disparaître (un traitement qui rappelle la timide Violet Parr dans Les Indestructibles) Un don qu’il va mettre à profit pour se venger mais aussi affronter une organisation secrète qui menace ses camarades. J’aime beaucoup la patte très européenne du film, à la frontière du conte et du réalisme, qui rappelle les très réussis On l'appelle Jeeg Robot (2016) et Freaks Out (2021). A noter que Invisible Boy a eu droit à une suite en 2018.

À propos de cette liste

Titres

16

Coût total de visionnage

46,90 €

Durée totale

134h 13min

Genres

Action & Aventure, Comédie, Réalisé en Europe

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Il y a 16 titres dans cette liste et vous pouvez regarder 3 d'entre eux sur Netflix. 12 autres services de streaming ont également des titres disponibles aujourd'hui.

  1. 3 Titres Netflix
  2. 3 Titres Netflix Standard with Ads
  3. 3 Titres SFR Play
  4. 2 Titres TF1+
  5. 2 Titres Disney Plus