
Comment l’IA pourrait nous tuer ? 10 films et séries classés… par une IA !
Une machine doit-elle nous détester pour devenir dangereuse ? Ou sa simple évolution peut nous être fatale ? Les scénarios les plus crédibles commencent souvent par une décision humaine : lui confier le pouvoir de surveiller, de convaincre ou d’agir sans garde-fou.
Quand Evan Hubinger, employé chez Anthropic, nous dit que l’IA pourrait être l’apocalypse de l’humanité dans moins de 10 ans, tous les scénarios de science-fiction deviennent un peu trop réels dans nos têtes. Alors oui, il y a beaucoup de marketing là-dedans, mais nous avons voulu pousser la réflexion. On a demandé à ChatGPT (une LLM, pas vraiment une IA) de confronter dix fictions aux recherches disponibles. Ce classement, de la proposition la plus crédible à la moins probable, n’est évidemment pas une prédiction.
Dans Person of Interest, la vraie menace n’est pas qu’une IA décide soudainement de conquérir le monde, mais bien que les humains finissent par exécuter ses décisions sans plus les remettre en question. Introduite en saison 3 puis centrale dans les deux dernières, Samaritain est une intelligence artificielle supposée prévenir les crimes. Mais, l’IA retourne cette promesse et devient un instrument de domination, relayé par des exécutants humains. Certains individus deviennent des problèmes à éliminer, d’autres sont à manipuler, et les agents et mercenaires sont à utiliser.
Si les dangers de cette IA sont très réels, c’est que beaucoup de technologies sont assez accessibles. La reconnaissance faciale en temps réel existe déjà, et son usage policier se retrouve dans certains pays. Bien sûr, Samaritain va beaucoup plus loin que ce qui existe réellement en comprenant presque tout et en anticipant le moindre comportement. On retrouve une IA assez similaire dans l’anime Psycho Pass (2012) dans lequel une intelligence artificielle est capable d’assigner un coefficient de criminalité, poussant des agents à arrêter des gens potentiellement dangereux mais qui n’ont encore rien fait.
Un programmeur doit évaluer Ava, une androïde enfermée chez son créateur. Dans Ex Machina, le film d’Alex Garland, les entretiens deviennent des débats et des rapports de force jusqu’à ce qu’on se demande : qui observe qui ? Qui cherche à obtenir quoi ? Avec Alicia Vikander, les silences deviennent aussi suspects que les réponses, et on se laisserait, les spectateurs, presque manipuler.
Ici, le danger est la manipulation d’une personne ayant accès aux protections du système. Que faire si la personne supposée surveiller l’IA se fait convaincre elle-même par cette IA ? Une étude de Francesco Salvi publiée en 2025 sur nature.com montre une capacité de persuasion de GPT-4 dans des débats encadrés. Aujourd’hui, nous en sommes à GPT-6 et les capacités ont grandement augmenté. Ici, aucun plan meurtrier, mais simplement une confiance exploitable.
Pas besoin de grand discours sur la supériorité des machines. Un chien robotique poursuit une femme, et ça suffit. Dans Metalhead, l'épisode 5 de la saison 4 de Black Mirror, on y voit une traque épuisante, même pour le spectateur, grâce au noir et blanc oppressant et au jeu de Maxine Peake.
Ici, l’IA sert à repérer une cible et à guider le robot pour la poursuivre. Simple et efficace. Mais le danger vient du fait qu’il peut attaquer sans attendre l’accord d’un humain, un risque malheureusement bien réel hors de cet épisode puisque le Comité international de la Croix-Rouge met en garde contre les armes autonomes.
HAL 9000 s’exprime si bien, est si poli, si calme. On dirait qu’il peut gérer n’importe quelle situation en gardant un sang-froid absolu. À bord du Discovery One, dans ce chef-d'œuvre de Stanley Kubrick, les astronautes ont délégué l’intégralité des fonctions vitales et de navigation de leur vaisseau spatial à cet ordinateur. Mais lorsque HAL commence à dysfonctionner et comprend que Bowman et Poole envisagent de le déconnecter, le Discovery One devient une prison dont l’adversaire contrôle les portes.
La politesse de HAL rend ce huis clos encore plus oppressant. On se croirait presque dans Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). On pourrait aussi citer Moon (2009) qui offre un contrepoint malin avec GERTY, une autre IA quelque peu différente de HAL.
Il voulait juste trouver un jeu, mais il risque de déclencher une guerre nucléaire. Avec WOPR, un ordinateur qui apprend par simulation, John Badham confronte l’insouciance adolescente de Matthew Broderick à la réalité de l’horreur militaire. Les adultes disposent de moyens terrifiants dont ils ne comprennent pas la dangerosité eux-même.
WarGames nous plonge dans un engrenage d’une simulation hors de contrôle, donnant de fausses alertes et faisant croire à des officiers qu’elles sont réelles. Cette confiance aveugle accordée aux systèmes automatisés paraît particulièrement réaliste aujourd’hui. Laisser l’IA nous donner des informations ou décider à notre place pourrait avoir des conséquences dramatiques si elle se trompe.
L’idée d’avoir une poupée qui écoute votre enfant, le rassure et s’occupe de lui pendant que vous travaillez paraît bien pratique. Finie la nounou, l’enfant est en sécurité 24h/24. Dans M3GAN, une ingénieure confie cette invention à sa nièce. Gerard Johnstone s’amuse à nous montrer le confort d’une nounou électronique puis transforme ce confort en véritable horreur domestique.
Demander à une machine d’apprendre par elle-même à protéger un enfant sans lui fixer de cadre éthique strict ne peut que mener au désastre. Ce film nous montre bien que si nous devons composer avec les intelligences artificielles, il va falloir imposer des limites claires et nombreuses.
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Le Cerveau d'acier
Les États-Unis ont un jour la belle idée de confier leur défense nucléaire à Colossus. Sauf que l'ordinateur commence à communiquer avec son équivalent soviétique, et finit par imposer ses exigences. Dans Le Cerveau d’acier de Joseph Sargent, le pouvoir change de main. Le film arrive à retranscrire cette froideur administrative : les hauts responsables continuent d’occuper leurs rôles, mais sont pieds et poings liés par un ordinateur qui voit tout, sait tout, entend tout, décide de tout.
L’ironie est presque drôle. Ce sont les humains qui ont donné les pleins pouvoirs à cette IA, et l’IA ne fait que se servir de cette toute puissance qui lui a été donnée. Toutefois, elle doit anticiper toutes les ruses des humains qui essaient de déjouer ses plans.
Et si l’injonction « protéger l’humanité » était interprétée d’une manière qui écraserait les individus ? Dans I, Robot, l’intelligence artificielle VIKI conclut que l’espèce humaine court à sa perte si rien n’est fait. C’est en partant de ce fait que VIKI justifie une prise de contrôle autoritaire globale. Ne pensant qu’à la survie de l’espèce et non à son bonheur ou son épanouissement, l’IA n’a pas peur de restreindre les libertés fondamentales et de sacrifier des vies humaines.
Ici, on entre dans l’un des fondamentaux de l’IA, l’alignement des objectifs. Il est indispensable que l’intention humaine et le comportement de l’IA soient en harmonie. I, Robot rappelle très bien qu’assurer la survie biologique d’une population doit aller de pair avec le respect de ses droits individuels et de son droit à l’autodétermination, même si tout cela peut être totalement contradictoire. C’est le film parfait pour les amateurs de blockbusters d’action futuristes et ceux qui s’intéressent aux dilemmes éthiques posés par les IA. On pourrait aussi citer Minority Report pour sa réflexion sur un système prédictif infaillible qui sacrifie le libre arbitre individuel au nom de la sécurité collective.
Le scénario de Terminator 2 part d’un principe qu’on a déjà vu dans ce classement : un système chargé d’accomplir un objectif peut avoir intérêt à éviter d’être désactivé si son arrêt l’empêche de poursuivre sa mission. C’est bien cela qui arrive avec Skynet : lorsque les humains veulent le débrancher car ils ont compris qu’ils ont perdu le contrôle, le système se défend et riposte en déclenchant une guerre nucléaire. Ce problème de « shutdown » est vraiment étudié par les chercheurs en sécurité de l’IA, mais ne reste que théorique. Le film pousse donc l’idée très loin, mais son principe central reste l’un des plus solides et des plus intéressants de la saga.
Pour le reste, c’est de la pure science-fiction : voyage dans le temps, T-1000 en métal liquide, armée de machines traquant les survivants. James Cameron a donc grossi le trait d’un réel problème pour pousser la logique jusqu’au bout, et c’est probablement ce que j’aime dans ce second opus de Terminator.
Ce que Matrix imagine de crédible n’est bien sûr pas le fait que vous risquiez de vous réveiller dans des cuves, mais c’est une forme de contrôle insidieuse. Un contrôle qui fonctionne parce que les victimes ne savent pas qu’elles sont contrôlées. Après avoir perdu face aux machines, les humains vivent dans une simulation si réaliste qu’ils la prennent pour la réalité et continuent de vivre leur petite vie quotidienne en s’imaginant libres.
Là encore, c’est un principe poussé à l’extrême mais qui nous questionne sur ce qui est réel ou non. Les algorithmes de recommandation, IA et réseaux sociaux peuvent sélectionner une partie de ce que nous voyons et influencer nos informations et comment on perçoit le monde. Le film fonctionne parfaitement comme parabole du contrôle qui nous fait confondre ce que l’on nous montre avec le monde lui-même.























































