Le 1er juillet 2025, le système Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System détecte un objet interstellaire, le troisième jamais recensé par cet observatoire. Baptisée 3I/ATLAS, cette comète qui provient de la direction de la constellation du Sagittaire traverse le système solaire à plus de 200 000 kilomètres/heure, et sera à son point le plus proche du soleil à la fin du mois d’octobre.
Ce phénomène astronomique extrêmement rare attise depuis toutes les passions. Celle des scientifiques qui tentent de percer les mystères de sa composition et de sa trajectoire, comme celle des amateurs de théories du complot extraterrestre qui y voient les prémisses d’une invasion alien. Sans oublier, bien sûr, les eschatologues, survivalistes et autres amateurs de sensationnalisme online qui anticipent une collision de l’astéroïde avec la Terre. Chacun.e choisira son camp.
Ce scénario catastrophe a évidemment nourri notre imaginaire de spectateurs depuis des décennies, livrant des apocalypses de plus en plus impressionnantes à mesure que les effets visuels s’améliorent. JustWatch vous partage une petite sélection des œuvres les plus marquantes du genre… histoire d’être prêt.e ?
8. Moonfall
Si vous ne connaissez pas le nom de Roland Emmerich, vous connaissez forcément ses films. Une filmographie qui en met plein la vue avec des longs métrages comme Stargate : la porte des étoiles (1994), Independence Day (1996), Godzilla (1998) et les incontournables du film-catastrophe que sont Le Jour d’après (2004) et 2012 (2009). Et puis il y a Moonfall (2022), qui transforme la Lune en menace directe pour la Terre, alors qu’elle quitte son orbite et se rapproche dangereusement de notre planète bleue.
L’originalité du film, si l'on peut dire ça ainsi, c’est que ce phénomène n’est pas accidentel mais planifié par une mystérieuse entité (pas de spoiler ici, c’est suggéré dès la scène d’ouverture). Et ce qui aurait pu être un chouette asteroid movie avec des effets gravitationnels impressionnants se perd dans une histoire -beaucoup trop sérieuse- de Lune creuse et d’IA millénaire rebelle. Et au bout d’un moment, il faut le dire, on ne comprend plus trop le projet. Le public non plus a priori, car Moonfall a été un échec cuisant au box-office. Il m’a un peu rappelé Mission to Mars (2000) qui se perdait sur la planète rouge après des prémices prometteuses. A voir uniquement pour le spectacle, donc.
7. Meteor (1979)
Il a fallu attendre les années 50 et la course à l’espace pour que le cinéma s’empare vraiment de la menace astéroïde. D’abord avec Le Choc des mondes (1951) qui rappelle beaucoup le film 2012 dans sa gestion des survivants à sauver. Ensuite avec Le Danger vient de l’espace (1953) qui amène les nations à collaborer pour tenter de modifier la trajectoire d’un météore. Puis enfin, à plus petite échelle, Du feu dans le ciel (1978) dans lequel un astéroïde menace la ville de Phoenix et qui se vante à l’époque d’être le « film le plus spectaculaire de tous ». Et puis en 1979, il y a Meteor qui met en scène un casting impressionnant (Sean Connery, Natalie Wood, Henry Fonda, Karl Malden, Martin Landau…) pour empêcher l’apocalypse.
Ce qui est intéressant dans Meteor, ce ne sont pas ses effets spéciaux vieillots (un astéroïde en Sibérie, un tsunami, une avalanche ou une destruction de New York) mais son approche scientifique réaliste (c’est le premier film à procéder ainsi), son statut de précurseur de la vague catastrophiste qui suivra à Hollywood, et surtout son cadre historique. Nous sommes en pleine Guerre Froide, et c’est toujours émouvant de voir le cinéma tenter de rapprocher les deux blocs pour faire front commun. Un peu comme Rocky IV (1985) et Double Détente (1988) ont rapproché Russes et Américains quelques années plus tard grâce à l'action. Le cinéma pour unir les peuples, c'est une belle idée, non ?
6. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012)
Et si on vivait l’apocalypse sous le prisme de l’amour ? C’est ce que propose la comédie romantique -et un peu dramatique- Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012). Ici, la fin des temps est inéluctable. Dans trois semaines exactement, quand l’astéroïde Matilda frappera notre planète annihilant toute vie terrestre. Dès lors, que faire quand l’espoir s’est envolé et que la radio livre chaque jour un compte à rebours mortel (et vos chansons préférées) ? Steve Carell décide pour sa part de se lancer sur les traces de son amour de jeunesse, accompagné par sa pétillante voisine Keira Knightley.
Scénariste de la sympathique romcom Une nuit à New York (2008), Lorene Scafaria passe à la réalisation avec un cataclysme très humain, qui montre comment chacun.e affronte ses dernières heures. Rester dans la routine professionnelle, laisser s’exprimer ses pulsions, préférer disparaître avant la fin ou entamer un roadtrip amoureux : les options sont nombreuses. Et toutes valables. Et on aime ce moment mélancolique, drôle et tendre, qui ne cède jamais à la panique. Ce n’est pas un grand film, certes, mais c’est un chouette film. A prolonger avec Final Hours (2014) et sa dernière fête à douze heures du néant et la série sud-coréenne Goodbye Earth (2024-) qui raconte les 200 derniers jours de l’Humanité.
5. Melancholia (2011)
Quand le cinéma d’auteur s’empare du film d’astéroïde, ça donne Melancholia (2011) dans lequel Lars Von Trier confronte deux sœurs et leur famille à la collision imminente d’une planète errante avec la Terre. L’occasion pour le cinéaste danois de livrer une vision intimiste, mélancolique (c’est dans le titre) et poétique de la catastrophe, à travers le regard porté par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg sur l’annihilation qui se rapproche inexorablement sur la musique de Richard Wagner.
Attention si vous cherchez du cinéma 4DX : Melancholia est l’antithèse de tout ce qui se fait dans le genre. C’est une œuvre introspective et contemplative sur la fatalité et la dépression, qui explore les émotions et la réflexion plutôt que la destruction. Il faut donc accepter ses plans extrêmement longs, son rythme singulier et son ambiance austère, dont les images impriment la rétine. Tout comme l’interprétation de Kirsten Dunst, récompensée au Festival de Cannes pour ce qui reste l’un des sommets de sa carrière. Une vraie expérience, donc.
4. Greenland : le dernier refuge (2020)
Dans la famille des films d’astéroïdes, Greenland : le dernier refuge (2020) n’est pas le plus connu. Et pourtant, le film de Ric Roman Waugh mérite qu’on lui accorde sa chance, par son traitement de l’apocalypse à hauteur d’homme. Ou plutôt de famille, puisque le long métrage, sorte de road movie catastrophe, suit Gerard Butler, Morena Baccarin et leur fils, tirés au sort pour rejoindre un plan d’évacuation vers le Groenland, dernier bastion de l’Humanité face à l’éradication qui s’annonce.
La chute de multiples météorites, qui préfigure un dernier astéroïde massif qui annihilera toute vie sur Terre, sert dès lors de toile de fond aux réactions de survie. Les gens du quartier qui regardent, impuissants, partir nos héros. Ce couple qui tente de kidnapper leur enfant pour profiter de son laisser-passer (une séquence très stressante quand on est parent). Ce grand-père qui accepte la fin avec résignation. Ces gens en panique qui se soutiennent ou s’agressent. Avec un message de fond très politique, qui voit les minorités être finalement les plus aidantes sur ce chemin de survie. Bien accueilli par les spectateurs, le film aura une suite, Greenland Migration, attendue en 2026. Si l’approche reste la même, en refusant de sacrifier l’humanité sur l’autel du grand spectacle, ça devrait être pas mal.
3. Armageddon (1998)
Quand on pense collision entre la Terre et un astéroïde, c’est indiscutablement le premier film qui vient en tête. Armageddon (1998), le blockbuster catastrophe testostéroné de Michael Bay est un classique du genre, aussi caricatural que réussi. Le film repose sur un pitch improbable comme seul le cinéma hollywoodien peut les imaginer : une équipe de foreurs pétroliers est entraînée par la NASA pour décoller à la rencontre d’un monstre rocheux de la taille du Texas, s’y poser, et y creuser des tunnels pour déposer une charge nucléaire qui le fera exploser avant l’impact cataclysmique. Des questions ? Non ? Alors décollage !
Devant la caméra, Bruce Willis, Ben Affleck, Steve Buscemi, Owen Wilson, Michael Clarke Duncan et leur bande gros bras tentent de sauver le monde, sous les yeux de Liv Tyler, dont le papa signe avec son groupe Aerosmith le mythique morceau I Don't Want to Miss a Thing qui accompagne cette fin des temps. Popcorn movie jouissif, le long métrage enfile les clichés (la marche au ralenti !) comme les scènes spectaculaires (au revoir Paris !), sans jamais trop s’encombrer de rigueur scientifique (la NASA y a recensé pas loin de 168 erreurs !). Et on se retrouve à vibrer pour ces astronautes du dimanche, et même à verser quelques larmes sur des séquences pourtant honteusement cheesy (oui, je pleure devant Armageddon, je l'avoue !). Bref, 0% crédibilité mais 100% plaisir coupable !
2. Don’t Look Up : déni cosmique (2021)
La fin du monde vu par le prisme de la satire, c’est la proposition de Don’t Look Up : déni cosmique qui a fait les beaux jours de Netflix en 2021. A travers une galerie de personnages hauts en couleurs, le trublion Adam McKay livre une comédie cynique qui interroge la politique, les médias, les réseaux sociaux, le divertissement, la tech (le personnage affreusement réussi de Mark Rylance) et plus largement l’Humanité et son incapacité à agir face à une catastrophe imminente. Là encore, c’est l’approche d’une comète « tueuse de planète » qui est racontée, mais avec le ton unique du réalisateur de Vice (2018) et The Big Short (2015).
Là où le genre privilégie généralement les scènes catastrophe, Don’t Look Up préfère utiliser l’apocalypse imminente comme métaphore de notre inaction face au bouleversement climatique et à la crise écologique, alors que deux astronomes (Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) tentent d’alerter le monde sur la destruction à venir. Ce qui donne lieu à des échanges lunaires avec la Présidente américaine et son fils (Meryl Streep et Jonah Hill) ou une interview cultissime sur le plateau télé de Cate Blanchett et Tyler Perry. Entre humour noir, acide et absurde, l’approche ne plaira pas à tout le monde, mais elle a le mérite de faire réfléchir.
1. Deep Impact (1998)
Sorti la même année que Armageddon, Deep Impact (1998) est à peu près son opposé. Sur le plan humain en tout cas, puisqu’on y suit plusieurs destins confrontés à la catastrophe imminente : un jeune homme qui a découvert la menace par hasard (Elijah Wood), une journaliste ambitieuse en quête de scoop (Tea Leoni), l’équipage d’une navette envoyée pour tenter de détruire la comète (menée par le vieux briscard Robert Duvall) et le Président des Etats-Unis qui doit gérer l’apocalypse (Morgan Freeman, digne et impeccable).
Là où Armageddon se focalise sur la mission et ses membres, Deep Impact s’applique à saisir un panorama de réactions humaines face à l’extinction annoncée. Et la réalisatrice Mimi Leder sait y faire avec cette palette de personnages, elle qui a dirigé en partie les deux premières saisons de Urgences en 1994 et 1995. Bien moins connu et beaucoup plus subtil que Armageddon, le film n’oublie pas d’être spectaculaire, notamment lors d’une scène d’impact et de tsunami extrêmement impressionnante. Visionnaire, aussi, en présentant un Président afro-Américain siéger dans le Bureau Ovale de la Maison-Blanche, dix ans avant Barack Obama. C’est pour moi le meilleur film du genre, dont vous pouvez poursuivre les thématiques avec la série Salvation (2017-2018).














































































































