
« Il n’y a pas souvent de films comme celui-ci ! » : Charlize Theron et Drew Barrymore regrettent de ne pas avoir décroché ce rôle sulfureux
L’anecdote a fait le tour des réseaux : invitée dans le talk-show The Drew Barrymore Show (2020-), Charlize Theron a partagé avec Drew Barrymore une confidence inattendue : toutes les deux ont longtemps rêvé de jouer dans Showgirls (1995), le drame érotique sulfureux réalisé par Paul Verhoeven qui suit l’ascension chaotique d’une jeune danseuse à Las Vegas, interprétée par Elizabeth Berkley, et qui est depuis devenu l’un des plus grands films cultes des années 90.
Une révélation qui replonge immédiatement dans le Hollywood du milieu des années 90, à une époque où le cinéma provocateur du « Hollandais Violent » , déjà derrière Basic Instinct (1992), Robocop (1987) ou Total Recall (1990), fascinait autant qu’il choquait.

Drew Barrymore, l’ancienne enfant star en pleine reconstruction
Lorsque Showgirls sort en 1995, Drew Barrymore est déjà mondialement célèbre. Révélée enfant grâce à E.T. l’extra-terrestre (1982), elle a grandi sous les projecteurs avant de traverser une adolescence marquée par les addictions et une forte surexposition médiatique.
Au début des années 90, l’actrice cherche alors à reprendre le contrôle de son image en choisissant des rôles plus adultes et provocateurs, notamment dans Fleur de poison (1992, photo ci-dessus) ou Les Belles de l’Ouest (1994). Dans ce contexte, intégrer un film de Paul Verhoeven, alors considéré comme l’un des réalisateurs les plus audacieux d’Hollywood après le triomphe de Basic Instinct, représentait une opportunité énorme.
Dans son émission, elle a entamé la discussion avec Charlize Theron en racontant à quel point elle se projetait déjà dans cette aventure : « Non seulement j’ai tenté ma chance mais à un moment donné, j’ai même eu très envie d’en parler avec Elizabeth Berkley. J’étais tellement sûre de réussir le casting que, quand ça ne s’est pas fait, mon nom s’est quand même retrouvé inscrit sur le miroir d’une gare dans une séquence du film ! ».
Avant d’ajouter : « Je suis très liée à ce film et j’ai vraiment réfléchi à ce que serait une vie après avoir fait ce film. Il n’y a pas souvent de films comme celui-ci. » À l’époque, Showgirls est vu comme un projet hors normes : un film interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis, financé par un grand studio et pensé comme un énorme événement hollywoodien (qui finira par récolter sept Razzies dont Pire film, Pire réalisateur et Pire actrice). Finalement, la carrière de Drew Barrymore prendra une direction plus grand public avec Demain on se marie (1998), Collège attitude (1999) et Charlie et ses drôles de dames (2000).

Charlize Theron, une débutante prête à tout
Pour Charlize Theron, l’histoire est différente mais le destin des deux actrices se rejoint avec Showgirls. En 1995, elle est encore inconnue à Hollywood. Ancienne danseuse ayant dû abandonner sa carrière après une blessure, elle tente alors de décrocher son premier grand rôle au cinéma. Auditionner pour Showgirls représente donc une chance immense, d’autant que Paul Verhoeven venait de transformer Sharon Stone en superstar mondiale avec Basic Instinct.
Charlize Theron se souvient parfaitement de son état d’esprit pendant les auditions : « C’était ma troisième audition et je leur ai dit : ‘Donnez-moi le rôle !’ ». Il reviendra finalement à Elizabeth Berkley. Quelques années plus tard, Charlize Theron explose pourtant face à Al Pacino et Keanu Reeves dans L’Associé du diable (1997, photo ci-dessus) avant de décrocher l’Oscar pour sa métamorphose mémorable de Monster (2003) devant la caméra de Patty Jenkins.
Elizabeth Berkley traitée « injustement »
La conversation a ensuite glissé sur la violence des réactions qu’a subies Elizabeth Berkley après la sortie du film. À sa sortie, Showgirls est massacré par la critique américaine, et l’actrice devient le principal symbole de cet échec médiatique, alors même que le film portait aussi la signature provocatrice de Verhoeven. Charlize Theron a dénoncé la manière dont Elizabeth Berkley a été ciblée à l’époque : « Elle a été traitée tellement injustement, vraiment très injustement. »
Avant d’ajouter : « Ce que les gens lui ont fait après ce film, les propos qu’ils ont tenus à son sujet, c’est honteux. Je suis contente qu’elle reçoive enfin les éloges et la reconnaissance qu’elle mérite. » Longtemps considéré comme un fiasco critique, Showgirls est aujourd’hui largement réhabilité comme une œuvre culte, fascinante par ses excès et sa satire du rêve hollywoodien. Et à écouter Drew Barrymore et Charlize Theron, le film reste surtout l’un des plus grands « et si ? » de leur carrière.




















