
C’est quoi Digger ? On décrypte la bande-annonce du nouveau film de Tom Cruise !
Et si Tom Cruise se dirigeait enfin vers l’Oscar qui lui échappe depuis plus de quarante ans ? Lauréat d’une statuette honorifique cette année, l’acteur n’a jamais été récompensé par l'Académie, avec seulement trois nominations pour ses interprétations dans Né un 4 juillet (1989), Jerry Maguire (1996) et Magnolia (1999) et une citation en Meilleur film (qu’il produisait) pour Top Gun Maverick (2022). Avec Digger (2026), qui vient de dévoiler ses premières images, il se place directement dans la course aux Oscars 2027. « Écrivons l’histoire. Ils connaissent les faits, l’histoire on va la raconter », lance t-il avec malice dans ce rôle unique et inattendu, en pastichant la post-vérité chère à certains dirigeants politiques.

C’est quoi Digger ?
« L’homme le plus puissant du monde se lance dans une mission frénétique pour prouver qu’il est le sauveur de l’humanité avant que le désastre qu’il a déclenché ne détruise tout. » Derrière ce pitch mystérieux se cache le nouveau film de Alejandro González Iñárritu. Là où on pouvait initialement attendre un film de super-héros mâtiné de blockbuster-catastrophe (c’est en tout cas ce que je croyais avant de découvrir des images !), le réalisateur mexicain, lauréat de trois Oscars pour Birdman (Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur scénario original) et d’une statuette pour The Revenant (Meilleure réalisation) a opté pour une satire grinçante portée par un Tom Cruise méconnaissable en Digger Rockwell, milliardaire vieillissant et bedonnant, aussi détestable que magnétique équipé d’une pelle qui a fait sa fortune.

Entre Les Grossman, Oncle Picsou et Docteur Folamour
« Tout ce que vous êtes, tout ce que vous avez fait, a conduit à ça… » conclut un montage célébrant la carrière du comédien, utilisé pour introduire Digger. Quelque part entre sa bouffonnerie de Tonnerre sous les tropiques (Les Grossman, quel personnage !), la richesse déconnectée de Picsou et le ton d’un Docteur Folamour de Stanley Kubrick, le film offre une partition rêvée pour Tom Cruise, qui semble beaucoup s’amuser dans la peau de ce monstre de cynisme décomplexé, aux petits soins pour son chat rachitique mais peu concerné par la Nature et l’Humanité. « Il m'a fallu 40 ans pour pouvoir me glisser dans la peau de Digger Rockwell », expliquait la star lors de son passage à CinemaCon en avril dernier, pour dévoiler les images de son plus grand défi artistique aux exploitants américains. « Nous savons qu’il ne craint rien : les cascades, les avions, les sauts… Mais je dois dire qu’incarner ce personnage relève d’une autre forme d’audace », expliquait Iñárritu en saluant la « performance d’équilibriste » de son acteur.

« Une comédie d’ampleur catastrophique »
Six mois de tournage ont été nécessaires pour mettre en boîte -en 35mm VistaVision- ce que l’affiche et la bande-annonce présentent comme « une comédie d’ampleur catastrophique » (18 000 milliards de dollars de dégâts selon la pire hypothèse !). Comme Sinners (2025) et Une bataille après l’autre (2025), le film est un véritable pari auteuriste pour Warner Bros., qui a investi pas moins de 125 millions de dollars sur ce projet original co-écrit par Alejandro González Iñárritu, ses collaborateurs réguliers Nicolas Giacobone et Alexander Dinelaris (Birdman, The Revenant), et la dramaturge mexicaine Sabina Berman. Face à Tom Cruise, au désastre écologique (un iceberg en perdition) et à la crise nucléaire au coeur de cette histoire, on retrouve un casting impressionnant où se croisent, entre autres, John Goodman en président des Etats-Unis, Riz Ahmed, Sandra Hüller, Emma D'Arcy, Jesse Plemons ou Michael Stuhlbarg.

Un retour au cinéma d’auteur
Malgré son budget digne d’un blockbuster, Digger est sans contestation possible un film d’auteur. Et si les cascades et franchises portées par Tom Cruise ces dernières années (il s’agit de son premier film original depuis… Barry Seal : American Traffic en 2017 !) ont un peu occulté le reste de sa filmographie, il ne faut pas oublier les grands noms pour qui a tourné le comédien au fil des décennies : Stanley Kubrick, Steven Spielberg, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian de Palma, Michael Mann, Paul Thomas Anderson, Ridley Scott, Tony Scott, Oliver Stone, Barry Levinson, Robert Redford, Ron Howard, Rob Reiner, Sydney Pollack, Neil Jordan, Cameron Crowe, John Woo, Edward Zwick, James Mangold… Digger va donc le rappeler de la manière la plus flamboyante qui soit. Rendez-vous le 30 septembre au cinéma !












