C’est un ennemi méconnu de Batman : voici Clayface, ses pouvoirs, son origine et sa place dans les films du DCU

C’est un ennemi méconnu de Batman : voici Clayface, ses pouvoirs, son origine et sa place dans les films du DCU

Publié le24 juillet 2026

Mis à jour le24 juillet 2026

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Clayface (2026), tristement baptisé « Gueule d’Argile » en français, est sans aucun doute un personnage bien moins connu que d’autres illustres vilains de l’univers de Batman comme le Joker, Double-Face ou le Pingouin. Mais ce sera néanmoins lui le personnage central du nouveau film de James Watkins attendu en salles le 23 octobre prochain. Un pari risqué pour Warner et son reboot de l’univers DC, qui a choisi de surfer sur la vague du renouveau des films d’horreur amenée par Évanouis (2025), Obsession (2026), Evil Dead Burn (2026) ou Backrooms (2026) et qui bénéficiera d’une classification R aux États Unis, soit une interdiction pour les plus jeunes, premier public des fils dits « super-héros ».

Un traitement à l’image du Joker (2019) avec Joaquin Phoenix, mais qui s’imbrique cette fois dans le projet à grande échelle de renouveau du DCU de James Gunn, ce qui relève d’un travail d'équilibriste certain. Mais avant de sombrer plus avant dans les commentaires spéculatifs sur le positionnement du film, intéressons-nous tout d’abord à son matériau source. Quelle est donc la glaise qui anime Clayface ?

Clayface

Qui est Clayface ? 

Clayface est un personnage de comics apparu dans les années 40. Au fil du temps, et au travers de différents personnages qui se sont succédés pour lui donner vie, il a fini par acquérir une identité plus cadrée, devenant le caméléon de Gotham City. Ennemi récurrent de Batman, il est généralement représenté comme une masse plus ou moins humanoïde et informe d’argile aqueuse. Oui, un bon gros tas de glaise en somme. Mais attention, pas n’importe quel tas de glaise…

On parle ici d’un bel ensemble de plus de 4m de haut à la mâchoire béante surmontée d’une dentition qui ferait pâlir d’envie toutes les aberrations dentues issues de vos pires cauchemars, aux yeux jaunes vides et déshumanisés, et doté du pouvoir de modifier son corps à volonté. Celui-ci en profite généralement pour transformer ses membres en armes contondantes : gros marteau carré, massues à piques et autres joyeusetés réputées efficaces pour claquer des bourre-pifs à tout héros en costume qui passerait par là. Dusse-t-il être une chauve-souris ou un artiste de cirque en reconversion.

Clayface est enfin doté d’une force surhumaine, est quasiment insensible aux dégâts physiques grâce à son corps en partie liquide, et, en tant que métamorphe, peut aussi imiter l’apparence de n’importe qui, ce qui le rend particulièrement redoutable pour l’infiltration. 

Clayface

Qui est l'homme derrière la boue ? 

Au départ, Clayface était le nom donné à un certain Basil Karlo. Un acteur déchu et sans pouvoir qui portait un simple masque pour accomplir ses méfaits. Il est imaginé par Bill Finger et Bob Kane, le papa de Batman. Plus de vingt ans plus tard, soit à la fin de l’année 1961, sous l’impulsion de Sheldon Moldoff et une nouvelle fois de Bill Finger qui ne voulait vraisemblablement pas en rester là avec le personnage, Clayface revient, mais sous un nouveau visage. Celui de Matt Hagen, un chasseur de trésors.

D’autres incarnations de Clayface alimenteront le mythe et toutes se mélangeront un peu par la suite, comme celle de Preston Payne, créé par Len Wein et Marshall Rogers à la fin des années 70. Cette fois, les auteurs proposent une version plus tragique du personnage, le dotant d'une physiologie instable qui le fait fondre sans interruption, ce qui le pousse à rechercher désespérément un moyen de stabiliser son état. C’est d’ailleurs le ton de cette version, plus tourmentée du personnage, qui inspirera le Clayface de la série animée Batman culte des années 90. Au fil des ans, le personnage se réinvente. Il revient sous les traits de Sondra Fuller et devient Lady Clay, pendant féminin de Clayface. Puis Cassius Payne, le fils de Preston Payne et de Sondra Fuller… 

Dans les derniers arcs des comics, et plus particulièrement depuis The Mud Pack paru en 1989, il est important de noter que Basil Karlo est de retour. Il réunit toutes ses itérations et leur vole leurs pouvoirs, devenant la version ultime du personnage, et le Clayface de référence des BD actuelles. Alors oui c’est compliqué et ça devient un peu n’importe quoi, mais c’est aussi ce qui fait le charme des comics. Ces retournements de situation impromptus font partie des éléments qui tiennent en haleine les lecteurs.

Mais revenons à la version avec Matt Hagen des années 60, car c’est véritablement elle qui impose le personnage dans l’imaginaire collectif et fixe ses traits, si l’on peut le dire d’une entité aussi mouvante. C’est cette version qui a été choisie pour l’adaptation au cinéma, bien qu’elle ait absorbé des traits propres à ses pairs… 

Clayface

Le film 2026 est-il fidèle aux comics ? 

Dans les comics, Matt Hagen obtient ses pouvoirs grâce à une boue spéciale radioactive retrouvée près de Gotham City. Cette fois, le personnage campé par l’acteur Tom Rhys Harries n’est plus chasseur de trésors, mais un acteur célèbre et une star de renommée internationale, ce qui le rapproche du profil de Basil Karlo. Défiguré par la pègre, il recherche auprès d’une scientifique un remède à ses problèmes, le liant cette fois à la personnalité de Preston Payne. Cette dernière lui injecte un produit expérimental qui affecte sa physiologie et lui permet de développer ses pouvoirs.

Notons que Matt les découvrira en même temps que les spectateurs, transportant le film dans une origin story, forme la plus classique des films de super-héros… Mais ici transposée à la genèse d’un super-vilain, à l’instar du Joker de Todd Phillips ou même du Morbius (2022) campé par Jared Leto ; car Clayface est certes le personnage principal du film à son nom, mais il est tout sauf un héros… Cette approche singulière, couplée aux logiques de body-horror que le film semble intégrer fait de Clayface un OVNI dans la production DC au cinéma. Un angle qui peut s’avérer gagnant s’il respecte le matériau d’origine, et c’est exactement ce qu’il à l’air de proposer à date : une synthèse inspirée de tous les visages portés par  Clayface plus qu’une adaptation littérale.

Clayface

Le film est-il lié au DCU de James Gunn ? 

La réponse est oui. James Gunn, nouvel architecte du DCU pour Warner, est coproducteur du film aux côtés de Matt Reeves et de Peter Safran. Mais attention. Si Clayface est un ennemi de Batman, il n’est aucunement lié au The Batman (2022) incarné par Robert Pattinson, qui lui évolue en parallèle, comme le Joker en 2023. Oui c’est encore plus compliqué que les comics au final, tout ça.

Pour faire simple, il existe aujourd’hui trois univers qui cohabitent au cinéma et à la télévision pour donner vie aux personnages DC Comics. Celui du Joker incarné par Joaquin Phoenix et sa suite, qui évoluent de manière autonome. Celui du Batman de Matt Reeves, où l’on retrouve la série The Penguin (2024) sur HBO Max et le film The Batman Part II à venir en 2028. Et enfin le DCU de James Gunn qui lui, intègre Superman (2025), Supergirl (2026), mais aussi les séries Peacemaker (2022) et le Lanterns de HBO Max attendu en août, la série animée Creature Commandos (2024) et le film Clayface donc.

Clayface

Pourquoi ce choix de Clayface maintenant ? 

Clayface n’a jusqu’ici jamais été adapté au cinéma. Il sera le premier film à tendance horrifique du studio sous l’égide du DCU de James Gunn. Ce choix n’est pas anodin, et positionne ce DCU dans un registre pluriel, après un Superman très coloré et proche des comics et l’ambiance thriller de la future série Lanterns de Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King. Le studio semble assumer l’orientation de classification R, se coupant consciemment de toute une gamme de fans potentiels plus jeunes et cherche à séduire les jeunes adultes en proposant un ton plus mature qui s’écarte de ce que propose la concurrence.

Le cinéma d’horreur ayant actuellement le vent en poupe, ce choix pourrait s’avérer payant, d’autant plus que c’est Mike Flanagan, qui nous avait impressionnés au travers de sa série Netflix The Haunting of Hill House (2018) au scénario. En proposant davantage un film de genre, dont les liens avec le DCU semblent éloignés, le Clayface de James Watkins contourne la fameuse « super-héros fatigue » qui fait tant de mal aux produits Marvel ces dernières années. Clayface embrasse plus la filiation du thriller psychologique à la Joker, du film de monstre et du body-horror. Il choisit de se positionner tout autant sur les traces du Frankenstein (2025) de Guillermo Del Toro et du The Substance (2024) de Coralie Fargeat que sur celles des autres productions maison auxquelles on aurait pu s’attendre. Bon ou mauvais, on ne pourra pas lui reprocher de tenter quelque chose.

À Hollywood, un acteur de série B, obsédé par l'idée de rester sous les feux des projecteurs, s'injecte une substance mystérieuse. Il découvre alors qu'il peut modeler son visage et son corps à volonté, devenant ainsi une véritable statue d'argile animée.
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À propos de cette liste

Titres

1

Durée totale

2h 0min

Genres

Horreur, Mystère & Thriller, Science-Fiction

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