
Vous avez déjà vu l’entité des Backrooms… mais dans un univers totalement différent !
Si vous avez déjà vu Backrooms (2026) ou si vous avez prévu de le découvrir à travers la version longue disponible depuis ce 8 juillet, vous serez assurément marqués par Pirate Clark, cette entité géante à la jambe de bois et au chapeau de corsaire, version déformée des publicités pour le magasin de meubles qui hante l’univers du film de Kane Parsons. Avec son visage exagérément difforme, sa posture menaçante et sa démarche implacable (impossible de lui échapper), ce monstre aux allures de mannequin démesuré a d’ores et déjà trouvé une place de choix dans le bestiaire horrifique et fantastique.
Qui est Pirate Clark ?
C’est l’un des grands mystères du film. De prime abord, il s’agit de l’antagoniste principal, une entité à visage presque humain qui traque celles et ceux qui entrent dans ces couloirs infinis aux murs jaunis et à l’architecture erratique. On l’entre-aperçoit dès le prologue, sur des images capturées par un scientifique de ASYNC alors qu’il essaie de le semer. Et on le retrouve plus tard, d’abord dessiné sur une fresque troublante où il semble dévorer un homme en combinaison jaune puis face à Clark (Chiwetel Ejiofor) et Mary (Renate Reinsve) qu’il va poursuivre dans le dédale des Backrooms. On sait que ce monde parallèle étrange copie approximativement notre réalité et que certaines entités prennent des formes quasi-humaines, et Pirate Clark pourrait en être l’exemple le plus terrifiant.
Pirate Clark est également très troublant, puisque certaines théories de fans envisagent que l’entité (un « mimic » dans le jargon) a en réalité pris la place de Clark. Pirate Clark serait dès lors le véritable Clark, piégé sous cette apparence grotesque, lancé à la poursuite de Mary non pas pour la tuer mais pour obtenir son aide. Le fait que du sang éclabousse le visage de la psychologue quand elle le frappe à la tempe pour lui échapper, comme la radio d’examen dans le laboratoire montrant un crâne, un cerveau et un squelette humain, laisseraient entendre qu’il s’agit bien de la nouvelle forme de Clark, transformé en ce qu’il déteste (son travail et la mascotte du magasin) et condamné à y errer indéfiniment.

Qui incarne Pirate Clark ?
Pour prolonger sur grand écran sa série de courts métrages dédiée aux Backrooms et développée via le logiciel Blender, Kane Parsons a opté pour des décors réels, soit 2800 mètres carrés de couloirs et de salles recréées selon ce qu’il avait imaginé sur ses réalisations Youtube par le chef décorateur Danny Vermette (Longlegs). Pour donner vie à Pirate Clark, le jeune cinéaste (21 ans !) aurait potentiellement dû se reposer sur des effets visuels et des images de synthèse, mais heureusement, un comédien avait la morphologie parfaite pour sa créature.
Il s’agit de Robert Bobroczkyi, un basketteur roumano-hongrois de 2,31 mètres (7 pieds 7 pouces) reconverti en acteur. Installé aux États-Unis en 2016 pour tenter une carrière sur les parquets grâce à sa taille impressionnante, il n’est pas parvenu à aller plus loin que des équipes de collège (school SPIRE Institute, Ohio) et de lycée (Rochester Christian University, Michigan), freiné par une opération à la colonne vertébrale et un poids insuffisant (86 kilos à peine). Eloigné des terrains, il a dès lors mené à terme ses études en administration des affaires tout en mettant sa silhouette impressionnante au service du cinéma. En effet, avant Backrooms, il s’est illustré dans un autre film majeur.

Robert Bobroczkyi jouait dans Alien : Romulus
Au-delà d’un fan-service très présent, Alien : Romulus (2024), septième film de la franchise de science-fiction, présentait une créature inédite et extrêmement troublante. Sorte de chaînon manquant entre les Ingénieurs de Prometheus (2012) et le xénomorphe originel de Alien (1979), né d’une mutation provoquée par l’huile noire sur le fœtus porté par une femme enceinte, « l'Offspring » croise des traits humanoïdes avec une stature décharnée et certains attributs des monstres iconiques de la saga (sang acide, double-machoire, queue mortelle).
L’effroi qu’il provoque chez Cailee Spaeny, Isabela Merced et David Jonsson, comme chez les spectateurs, est fortement imputable au choix de Fede Alvarez de miser sur des effets pratiques et un acteur en costume : même si la créature est complétée par des effets digitaux, la silhouette et le body language de Robert Bobroczkyi apportent un vrai plus à la créature, comme l’hybride mutant de Alien : la résurrection (1997) avait pu le faire devant la caméra de Jean-Pierre Jeunet. La terreur ne peut exister que quand la menace et l’horreur sont tangibles : c'est le cas ici, incontestablement, et des pixels ne parviendront jamais à générer cela.






























