Vous avez aimé Backrooms ? Ces 5 films vont eux aussi vous perdre !

Vous avez aimé Backrooms ? Ces 5 films vont eux aussi vous perdre !

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le01 juillet 2026

Mis à jour le01 juillet 2026

Au-delà de son ambiance unique (et malaisante), de l’univers foisonnant qu’il explore, du talent précoce de son réalisateur Kane Parsons (21 ans à peine !) et de son succès public (750 000 entrées France, 330 millions de dollars de recettes mondiales), Backrooms (2026) a aussi le mérite de remettre en lumière un sous-genre du cinéma d’horreur assez « niche » : les films d’espace liminaux.

Du latin limen, qui signifie « seuil », un espace liminal (ou Liminal Spaces) est un lieu de transition, une zone de passage, une aire de circulation qui n’a pas d’autre fonction que relier deux endroits géographiques. Un couloir de métro, une salle d'attente, un hall d’immeuble : autant d’espaces sans âme, qui provoquent un sentiment évident de malaise une fois qu’ils sont désertés et qu’on y passe trop de temps.

C’est, du moins, ainsi que le cinéma s’en est emparé, en présentant des lieux familiers et pourtant frappés d’étrangeté une fois que la vie n’y est plus présente : tels des Urbex (ces vidéos qui présentent l’exploration de lieux abandonnés) fictionnels, on y ressent un paradoxe visuel et une sensation de fin du monde, et même hors du monde, qui portent cette ambiance malaisante. Et Backrooms n’est pas le seul à nous proposer un tel cauchemar.

Backrooms
Backrooms

Backrooms

2026

Quand il n’avait que seize ans, Kane Parsons, alias Kane Pixels, s’emparait de la mythologie naissante des Backrooms (un univers digital, partagé et contributif inspiré par une photo de bureaux vides aux murs jaunis) pour livrer une vingtaine de courts métrages plébiscités. Armé de son imagination et de sa maîtrise de Blender (un logiciel de création 3D), il nous plonge dans cet univers parallèle fait de couloirs interminables, d’étages industriels, de lumière jaunâtre ou blanchâtre, où l’on est pris au piège alors que des entités mystérieuses rôdent. Des centaines de millions de vues plus tard, il tape dans l’oeil de producteurs hollywoodiens, notamment le nouveau roi de l’horreur Jason Blum, qui lui confient 10 millions de dollars pour transposer son univers au cinéma en racontant comment le gérant de magasin de meubles et sa psychologue vont se perdre dans ce monde parallèle. Le résultat est fascinant, entre des décors vraiment glauques et des ressorts narratifs et psychologiques qui alimentent d’innombrables théories. Qu’on aime ou pas (c’était mon cas au premier visionnage), Backrooms (2026) ne laisse personne indifférent. Et c’est intéressant de le revoir une fois qu’on en sait plus sur la mythologie globale.
Shining
Shining

Shining

1980

Avant Backrooms, il y a eu Shining (1980). Le monument de Stanley Kubrick, adapté de Stephen King (qui avait exploré un autre espace liminal, un aéroport, dans Les Langoliers), nous plonge dans un autre espace hors du temps : l’hôtel Overlook. Entre les couloirs déserts (pas tant que ça finalement), l’immense salle de bal vide, sa cuisine sans vie ou des chambres qu’il ne faut surtout pas ouvrir, on se retrouve plongés dans un hiver cauchemardesque aux côtés d’un écrivain engagé comme gardien hors-saison (Jack Nicholson), qui va peut à peu céder aux maléfices de l’établissement et sombrer dans la folie en menaçant sa femme Wendy et son fils Danny (Shelley Duvall et Danny Lloyd). C’est sans doute, comme Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock, l’un des films les plus analysés de l’histoire du cinéma. Et quatre décennies plus tard, l’Overlook est loin d’avoir révélé toutes ses clés. Pour prolonger le « plaisir » (ce film a une ambiance unique), vous pouvez jeter un oeil à la suite Doctor Sleep (2019), à la revisite signée Spielberg dans Ready Player One (2018) et à la série Ça : Bienvenue à Derry (2025) qui dévoile la jeunesse du personnage de Halloran confronté au célèbre clown-tueur.
Cube
Cube

Cube

1998

Comme Backrooms, Cube (1998) refuse de donner toutes ses réponses. Et tant mieux ! Car le film de Vincenzo Natali ne cesse de nous intriguer depuis près de trente ans. L’histoire est aussi simple qu’étrange : six individus qui ne se connaissent pas se réveillent dans des pièces cubiques, composant elles-mêmes un gigantesque cube. Chaque paroi propose une porte (six par cube, donc), dont certaines recèlent des pièges mortels. Les protagonistes vont donc devoir collaborer pour percer les mystères de cette structure qui se reconfigure à intervalles réguliers. Y’a t-il une sortie ? Quel est le sens de cette expérience ? S’agit-il d’un purgatoire liminal ? Le long métrage est une vraie expérience, qui brille par sa proposition visuelle comme par la qualité de sa production concrétisée à partir d’un très maigre budget. On retrouve tout ce qui fait le succès du film de Kane Parsons… et je recommande d’éviter la suite Cube² : Hypercube (2002) comme le prequel Cube Zero (2004), qui ne font que prolonger ou expliquer inutilement une pépite SF qui n’en n’a vraiment pas besoin.
Vivarium
Vivarium

Vivarium

2019

La séquence est relativement rapide dans Backrooms, mais elle n’aura pas manqué de vous interpeller si vous avez vu Vivarium (2019) : alors qu’elle cherche à échapper à la créature Captain Clark, Mary (Renate Reinsve) passe dans l’allée d’un lotissement aux maisons identiques, créant un sentiment d’étrangeté et de malaise. Cette banlieue est au centre du film de Lorcan Finnegan, dans lequel un couple (Imogen Poots et Jesse Eisenberg) emménage dans une maison en apparence idéale. Ils vont pourtant vite réaliser que ce lieu de perfection, vendu par un agent immobilier trop parfait pour être honnête, toutes les demeures sont identiques, que les routes tournent en boucle, que la nourriture livrée sous vide n’a aucune saveur et qu’il est impossible de s’échapper de cet enfer baigné d’une ambiance verdâtre qui fait écho au jaune délavé des Backrooms. Comme eux, le spectateur est pris au piège de ce film claustrophobique, qui propose une métaphore déprimante et liminale de la vie d’adulte, entre maison-prison et enfant envahissant (le bébé du film est terrifiant). C’est une vraie expérience là encore… mais qui pourrait vous décourager de faire votre premier achat si vous envisagez de vous lancer dans la grande aventure de la vie !
Sorti en septembre 2020 sur Netflix, Je veux juste en finir (I’m Thinking of Ending Things) est une pépite liminale signée Charlie Kaufman, réalisateur des étranges et uniques Synecdoche, New York (2008) et Anomalisa (2015) et scénariste des non moins étranges et uniques Dans la peau de John Malkovich (1999), Adaptation. (2002) et Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004). On y suit l’histoire de Jake (Jesse Plemons) et sa petite amie (Jessie Buckley), alors que le jeune homme l’emmène dans la ferme isolée familiale pour lui présenter ses parents (Toni Collette et david Thewlis). Ce qui ressemble, à la lecture de ces quelques lignes, au pitch d’un n’importe quel survival horrifique, est en réalité une plongée dans la psyché et les traumas de Jake, dont on perçoit vite qu’il matérialise ses regrets, remords et fantasmes dans un univers visuel hors du temps. Les séquences mélangent ainsi les temporalités, la jeune femme change constamment de prénom, de vêtements et de profession, et on erre avec le protagoniste ces séquences qui illustrent une vie non-réalisée. Au-delà des pièces vides de la maison et des couloirs désertés du lycée, on y retrouve l’ambiance du dîner entre Clark, Mary et les Still Lifes / Natures Mortes dans Backrooms, un moment hors du temps qui nous piègent dans son éternel recommencement de traumas et son labyrinthe mémoriel.
Exit 8
Exit 8

Exit 8

2025

Dans le genre espace liminal familier, interminable et cauchemardesque, Exit 8 (2025) est un incontournable. Passé par le Festival de Cannes, le film de Genki Kawamura transpose le concept d’un jeu vidéo qui a hanté de nombreuses personnes dans une expérience d’1h35 où les carreaux blancs, la lumière blafarde des néons et le bruit continue des pas du héros génèrent claustrophobie, incompréhension et malaise. Dans cet univers, qui s’est justement inspiré de la mythologie des Backrooms, on se retrouve piégé dans un couloir de métro interminable : pour sortir du labyrinthe, il faut repérer les anomalies cachées dans le décor pour avancer vers la sortie 8. Un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il faut traquer les anomalies. Si on en voit une, il faut faire demi-tour ; si on n’en voit aucune, il faut poursuivre notre chemin ;  si  l’on se trompe, on est renvoyé à notre point de départ. Oui, c’est digne d’un cauchemar, et la transposition cinématographique du jeu est très réussie dans l’ambiance qu’elle retranscrit. En revanche, comme dans Backrooms, d’ailleurs, on peut être un peu agacé de suivre les déambulations d’un personnage. Prolonger par le jeu peut donc être une bonne alternative pour prendre notre destin en main dans ce couloir liminal.

À propos de cette liste

Titres

6

Coût total de visionnage

27,98 €

Durée totale

11h 13min

Genres

Mystère & Thriller, Horreur, Science-Fiction

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