
30 animaux tueurs (certains improbables) à voir au cinéma après Hungry
Le film Hungry (2026) de James Nunn mettant en scène un hippopotame tueur vient tout juste de débarquer sur Netflix. Dans la lignée de Crazy Bear ou de Crawl, cet OVNI sorti de nulle part se pose comme une nouvelle proposition atypique dans ce sous-genre du cinéma d’horreur, celui qui convoque des animaux-tueurs.
Car Hollywood n’a pas attendu le succès des Dents de la Mer (1975) de Steven Spielberg pour s’intéresser à ces films plus ou moins inspirés avec une bande de héros aux prises avec divers animaux bien décidés à les éliminer. Dès les années 50, les films d’exploitation et les séries B un peu fauchées se sont spécialisés dans le genre, et ce qui faisait la joie des cinémas de quartier est aujourd’hui une spécialité des plateformes, après être passé par les cases DVD et Direct-to-VOD.
Nous ne parlerons pas ici de dinosaures, de zombies, de vampires, de loups-garous, d’extra-terrestres, de robots tueurs ou de monstres mutants de tout poil : les films mettant en scène ces menaces sont devenus des genres codifiés avec leurs gloires et leurs échecs... Nous ne parlerons pas plus d’ailleurs de films de requins, tant le genre est devenu abondant. Non, aujourd’hui, pleins feux sur ces animaux pourtant pas forcément dangereux de prime abord, ou trop peu représentés, mais ayant été les stars de films où ils sont devenus malgré eux des croques-mitaines à écailles, à fourrure ou à plumes…
Ours
Notre périple débute avec Grizzly, le monstre de la forêt (1976), un film mettant en scène un ours gigantesque qui s’en prend aux randonneurs. Ce gentil nanar brille surtout car il est très représentatif de ce cinéma qui cherche à reproduire un succès récent. Et pendant la deuxième moitié des années 70, tout le monde voulait être le nouveau Les Dents de la Mer… ou le nouveau Star Wars (1977). Notez qu’en cas de phobie des ours, évitez les randonnées en Alaska, au Canada et dans les Rocheuses, et tout devrait bien se passer.
Il faudra attendre le milieu des années 2010 avec Backcountry (2015) pour voir émerger des films à base d’ours tueurs traités de manière plus réaliste, plus dépouillée, et moins caricaturale. Parmi les nombreux choix possibles avec le grand plantigrade nord-américain, on peut aussi citer Piégés (2015), l’année suivante, qui peut se targuer d’un casting loin d’être anecdotique, puisqu’on y retrouve James Marsden, Thomas Jane, Piper Perabo, Scott Glenn et même Billy Bob Thornton ! Enfin, si vous préférez les films plus récents bien plus décomplexés, la rédaction vous conseille Crazy Bear (2023), ou Cocaine Bear en version originale, qui ne fait pas dans la dentelle, mais s’assume jusqu’au bout, avec son histoire inspirée de faits réels à base d’ours rendu fou par une quantité massive de drogue tombée de l’avion de narcotrafiquants…
Grands félins
Alors, vous allez me dire que, comme les ours, on ne peut pas dire que les grands félins soient perçus naturellement comme inoffensifs. Demandez au DiCaprio de The Revenant (2016), vous verrez qu’il est plutôt d’accord avec l’affirmation. Mais dans le cas des fauves, les films les mettant en scène ne courent pas les salles obscures. Parmi eux, on citera quand même L'Ombre et la Proie (1996) de Stephen Hopkins avec Michael Douglas et Val Kilmer. Le film raconte l’histoire d’un ingénieur britannique et d’un chasseur américain qui s'associent pour traquer deux lions qui terrorisent un chantier ferroviaire entre le Kenya et l’Ouganda. Le film est inspiré de l’histoire des lions géants de Tsavo qui ont massacré plus d’une centaine d'ouvriers en 1896.
Comme avec notre sélection de films sur les ours, on peut étendre celle mettant en avant un fauve tueur avec le plus récent Beast (2022), porté par Idris Elba et Sharlto Copley, où on suit un père et ses deux filles qui partent en excursion en Afrique du Sud, mais qui tombent tour à tour sur une pension abandonnée, des braconniers sans scrupules et un grand lion très très énervé. Dans un registre moins classique, on pense aussi à Primal (2019) avec Nicolas Cage, Famke Janssen et Kevin Durand, qui troque la savane pour un huis clos : un chasseur émérite transporte un jaguar blanc rarissime sur un cargo, mais un assassin dangereux emprisonné aussi sur le navire s'échappe et libère des animaux captifs pour faire diversion. L'équipage doit alors survivre dans un espace confiné au milieu d’un tueur notoire, d’un jaguar très sournois et de nombreux autres prédateurs évadés. Un pur concept de série B ! Si vous êtes par contre plus fan de vrais nanars, vous trouverez votre bonheur avec le film Prey : Terreur dans la Savane (2007) qui isole une famille dans sa voiture au milieu d’une troupe de lions.
Enfin, les fans du genre peuvent aussi faire un retour aux sources avec le célèbre Roar (1981) de Noel Marshall avec Tippi Hedren et Melanie Griffith. Malgré un échec commercial important, le film est devenu culte, car l’histoire de sa production est entrée dans les annales. En effet, Roar est considéré comme le film le plus dangereux de l'histoire, mais aussi comme la pire idée de film de tous les temps. On ne s’étendra donc pas sur l’histoire du film, mais plutôt sur sa production. Très impliquée sur le projet, Tippi Hedren souhaite que les fauves du film soient de vrais fauves et achète une propriété dédiée autour de Los Angeles. Dedans, elle fait bâtir le ranch qui servira de décor au film, fait planter les mêmes arbres que ceux qu’on peut trouver en Afrique, et implante sur sa propriété plus d’une centaine d’animaux : lions, tigres, guépards ou éléphants. Comment les choses pourraient-elles mal se passer ?
Le tournage du film, qui devait prendre six mois, a duré plus de six ans. Plus de 70 membres de l’équipe ont été blessés pendant les shootings. Le réalisateur a attrapé la gangrène après une morsure, Jan de Bont, alors directeur de la photographie, subit plus de 200 points de suture suite à l’attaque d’un fauve, Melanie Griffith doit faire de la chirurgie réparatrice après une attaque au visage qui lui a presque fait perdre un œil, et Tippi Hedren s’est elle-même cassé la jambe. Comble de l’opportunisme cynique, les blessures du casting sont mises en avant dans la bande-annonce, mais ce ne sera pas suffisant. 17 millions de dollars engagés. 2 millions de recettes. Fauve qui peut, c’est un échec. Toutefois, l’histoire se termine bien, car la propriété est depuis devenue un refuge pour animaux sauvages abandonnés.
Sangliers
Rentrons un temps nos griffes. N’en déplaise à un certain gaulois à l’appétit particulièrement développé, les sangliers ne sont pas tous les mets préférés d’un petit village gaulois qui résiste encore à l’envahisseur… mais ils sont tout de même condamnés à stagner dans la fange du nanar plus ou moins volontaire. Notre sélection débute avec Razorback (1984) de Russell Mulcahy. Un homme, dont la femme a été victime d’un sanglier géant qui massacre habitants et voyageurs dans l’arrière-pays australien, tente le tout pour le tout pour terrasser le monstre. Simple. Efficace. Un pilier du cinéma de genre australien des années 70-80 qui a fait la joie des vidéoclubs.
Quelques décennies plus tard, Pig Hunt (2008) prend la tangente. Dans ce Direct-to-VOD décomplexé qui met lui aussi un sanglier géant en furie, le danger ne vient pas seul, puisqu’en plus du monstre, le groupe de héros du film se retrouve aux prises avec un gang de rednecks crasseux et une secte locale. Tout un programme. Enfin, retour à la case départ avec Boar (2017) qui nous invite à nouveau dans le bush australien. La différence avec son aîné ? Une cinématographie et une esthétique moins expressionniste et une bestiole toujours plus grosse et difforme. À réserver aux inconditionnels des films tournés de nuit, en forêt, à la lampe torche ; et aux fans de figurines en latex. En numéro complémentaire, ce n’est pas à proprement parler un film sur un sanglier tueur, mais le dernier film de Sam Raimi, Send Help (2026) propose un combat entre Rachel McAdams et un cochon sauvage qui vaut franchement le détour.
Primates
Nos chers cousins ne sont pas en reste quand il faut retourner des ligaments ou forcer sur des clavicules trop fragiles. Les films à base de singes tueurs, c’est encore une autre histoire. La proximité entre l’Homme et les Grands Singes induit un je-ne-sais-quoi de très dérangeant. Quand un fauve attaque, on voit un animal enragé. Quand un primate regarde en coin, l’air menaçant, on décèle presque la déviance d’un serial killer dans l’œil de l’animal. Surtout si ceux-ci sont capables de prouesses de communication, via le langage des signes ou divers tests scientifiques.
« Malin comme un singe… Meurtrier comme un Homme… » C’est sur cette tagline que se termine la bande-annonce de Link (1986) de Richard Franklin avec Elisabeth Shue et Terence Stamp. Tout est dit, et tous les ingrédients du genre sont déjà réunis... L’étudiante en zoologie, l’anthropologue reclus, le singe intelligent devenu une menace mortelle et vicieuse. Un film avec un orang-outan tueur récompensé à sa sortie par le Grand Prix du Festival d’Avoriaz.
À peine deux ans plus tard, le père des morts-vivants, George A. Romero signe Incidents de parcours (1988) ou Monkey Shines aux États-Unis, un film bien plus tordu où un homme devenu tétraplégique reçoit l'aide d'un capucin dressé. Tout pourrait s’arrêter là, mais les choses dégénèrent lorsque l'animal développe une jalousie maladive et finit par devenir l'instrument des pulsions meurtrières de son maître… Une variation particulièrement sombre sur le thème du singe domestique où cette fois la menace est moins physique et plus insidieuse.
Pour se différencier, chaque film tente une approche et un singe différent. Dans Shakma (1990), c’est cette fois un babouin utilisé pour une expérimentation médicale qui devient incontrôlable et traque des étudiants enfermés dans une faculté de médecine. Un vrai film plaisir coupable de deuxième (voire troisième ?) partie de soirée. De son côté, Congo (1995) est une adaptation d’un roman de Michael Crichton et un pur produit de son époque niveau production. Le film, qui met en scène des gorilles géants, des peuples perdus et des mines de diamants est bien plus inspiré par Stargate (1994), Jurassic Park (1993), Les Aventuriers de l’Arche Perdue (1981) ou King Kong (1933) que par les plus classiques films de notre liste du jour. Au casting : Laura Linney, Dylan Walsh, Ernie Hudson, Bruce Campbell et le regretté Tim Curry.Enfin, on pourra citer, comme un écho à Link, le bien moins ambitieux Primate (2026) qui joue la carte de l’hommage mâtiné de slasher, mais qui brille moins par sa mise en scène que par son costume de chimpanzé très malaisant avec un acteur qu’on devine trop sous le masque. Dans les propositions modernes, la scène la plus marquante mettant en avant un chimpanzé agressif nous vient du film Nope (2022) de Jordan Peele avec Daniel Kaluuya, Keke Palmer et Steven Yeun. Oui, c’est d’abord un film sur un monstre de toute autre nature, mais une scène du film est particulièrement glaçante. Dans un flashback sidérant, le film revient sur un faux sitcom avec un chimpanzé comme personnage principal, et plus précisément au jour où le singe, devenu incontrôlable, s’en prend avec frénésie aux acteurs qui l’entourent…
Chiens
Dès qu’un film faisant intervenir un animal tueur qui se révèle être un chien est imaginé, il est plutôt rare de voir débarquer des caniches ou des yorkshires. Quoique ce serait comique vous me direz. Quand on imagine un chien tueur, on pense plus directement à un doberman, un pitbull ou un rottweiler. Pour Stephen King, c’est un Saint-Bernard qui a été choisi pour devenir la menace canine de l’iconique Cujo (1983). Dans ce film, c’est le virus de la rage le vrai coupable, mais la menace vient frontalement du gros toutou des montagnes et de sa prise d’otage du jour : une mère et son fils prisonniers de l’habitacle de leur voiture. Fun fact, le jeune garçon au centre du film n’est nul autre que le fils d’Angela Bower, le petit Jonathan de Madame est Servie (1984-1991).
Dans la famille chiens dangereux, on peut citer aussi Max, le meilleur ami de l'homme (1993) avec Lance Henriksen en savant-fou qui crée un dogue du Tibet hybride possédant une force, une intelligence et une agressivité hors normes. Un chien pas comme les autres doté de griffes rétractables comme un félin et capable de se camoufler comme un caméléon !
Chats
Le premier chat agressif auquel je pense dans le cadre de notre article est l’abominable chat noir imaginé par Les Inconnus pour la fausse pub Krit & Krat avec ses images tirées du film The Kiss (1988) ; mais le vrai film qui fait peur avec comme star votre félin préféré c’est Le Clandestin (1988). Pas un grand film, mais un concept très dérangeant : un chat mutant échappé d'un laboratoire qui se retrouve à bord du yacht d'un criminel plein aux as. Jusqu’ici tout va bien. Tout va effectivement bien jusqu’à ce que l’animal ouvre sa gueule, le véritable monstre étant caché à l'intérieur du félin. C’est une sorte de chat difforme au poil collé, sorte de Professeur Quirrell félidé avant l’heure. Un vrai nanar de série Z avec un chat qui abrite un chat comme le Xénomorphe d’Alien : le huitième passager (1979) possède une double mâchoire…
Au-delà du caractère de tueur fantasmé, le chat, noir en particulier, a souvent été associé aux forces occultes et malfaisantes. Dans The Uncanny (1977), ou Brrr… en français, on retrouve Peter Cushing dans une anthologie qui se divise en trois histoires horrifiques où les chats jouent un rôle pernicieux. Une variation autour du thème, dirons-nous.
Moutons
Je crois que nous avons terminé notre sélection classique, et que nous allons maintenant rentrer dans le grand n’importe quoi des animaux a priori pas vraiment menaçants de prime abord. Cette liste nous emmène en Nouvelle-Zélande avec Black Sheep (2006) et ses moutons garous sanguinaires créés génétiquement. Un film qui brille plus par son concept que par sa réalisation, mais qui s’est fait remarquer à Gérardmer à sa sortie. Outre l’angle film-concept, jetez-y un œil pour ses effets spéciaux, confiés au studio Weta Workshop, oscarisé pour Le Retour du Roi (2003) quelques années auparavant.
Lapins
Plus surprenant que les moutons, il existe aussi des films avec des lapins tueurs. Alors bien sûr, les plus tatillons d’entre vous vont me citer sans détour le Killer Rabbit des Monty Python à la fin de Sacré Graal (1975) avec son lapin blanc bondissant sanguinaire qui remplace la figure symbolique du dragon. Mais Terry Jones, Terry Gilliam, Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle et Michael Palin n’ont pas forcément sorti ce lapin de leur chapeau…
Car à peine quelques années plus tôt, sortait outre-Atlantique le film Les Rongeurs de l'Apocalypse (1972) avec Janet Leigh, star du célèbre Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock. Au menu, des créatures moins bondissantes mais tout aussi dangereuses : des lapins géants. L’histoire, c’est celle de scientifiques veulant contrôler une population de lapins grâce à une hormone, qui transforment les rongeurs en gigantesques créatures agressives. Est-ce que c’est bien ? Non. Mais le film propose des prises de vues de vrais lapins filmés avec des accessoires et des décors miniatures pour simuler leur gigantisme. Et ça, ça vaut le coup d’œil.
Castors
Dans la série des rongeurs tueurs, la collection s’étend même aux castors. Plus précisément aux castors zombies, ce qui permet à nos amis anglo-saxons ce fantastique jeu de mots qui donne son nom au film : Zombeavers (2014), contraction de Zombie et Beaver. On est cette fois sur un vrai film potache, une sorte de teen movie horrifique où les monstres jaillissent du plancher, des murs, et s’en prennent sans retenue à un groupe d’ados qui n’avait pourtant rien demandé.
Comme pour nos lapins évoqués plus haut, le film a du mal à dépasser son concept. Une fausse bande-annonce ou un court-métrage aurait sans doute suffit. On retiendra les effets spéciaux qui sentent bon le système D, avec l’utilisation de gros gants poilus et sculptés en forme de castors dans lesquels on devine les techniciens hors champ. Un grand moment de kitsch.
Oiseaux
On ne vous fera pas l’affront de vous conseiller à nouveau Les Oiseaux (1963) d’Alfred Hitchcock avec Tippi Hedren, tant le film est une évidence du genre. Et on ne vous conseillera pas Les Oiseaux 2 (1994) réalisé par Alan Smithee (c’est-à-dire le nom qu’un réalisateur donne quand il ne veut pas être crédité au générique…) qui n’est pas une suite, mais un téléfilm remake avec Tippi Hedren dans un autre rôle que le sien. Non, si on veut se faire peur avec des oiseaux tueurs, on ira plus du côté de Birdemic : Shock and Terror (2010) avec ses aigles et vautours mutants qui attaquent l’homme à cause de son implication dans le changement climatique. Attention, ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un chef-d’œuvre, mais plutôt un nanar culte avec des effets spéciaux rudimentaires et un budget de film étudiant.
Chauves-souris
On reste dans les airs. Mais pour des extérieurs nuits… Dans la famille des films avec des chauves-souris tueuses, deux options s’offrent à vous. D’un côté, vous avez le classique Morsures (1979) avec Nick Mancuso et David Warner qui surfe sur la vague des Dents de la Mer mais y rajoute une dimension de terreur écologique et un soupçon de culture amérindienne. De l’autre, le plus moderne La Nuit des chauves-souris (1999) avec Lou Diamond Phillips et Dina Meyer, une série B représentative du revival des années 90 post-Jurassic Park, avec ses explosions, ses animatroniques cheap, ses images de synthèse datées et son scénario vu et revu. Des plaisirs coupables en perspective.
Moustiques
Je vois que vous êtes fans de ce qui vole et se nourrit de votre sang… On embraye donc directement avec les films à base de moustiques. Mosquito (1994) est un cas à part. C’est un film des années 90 qui a tout simplement l’air d’être un film des années 70. Comment est-ce possible ? Tout simplement grâce à des trucages en carton-pâte, des acteurs en roue libre et des plans racoleurs qui ne se font plus depuis longtemps. L’histoire, c’est celle de moustiques contaminés par des déchets extraterrestres qui deviennent gigantesques et attaquent des campeurs. Si vous préférez rester sur Terre, la maison vous propose Skeeter (1993), avec aussi ses moustiques géants, mais cette fois issus d’une pollution et de déchets toxiques bien humains.
Vers, Limaces et Sangsues
On aurait pu appeler ce paragraphe « rampants, grouillants et gluants » : place aux animaux peu ragoûtants qui vivent sous terre. On commence tout de suite par Mutations (1988), un film de la fin des années 80 où des limaces carnivores envahissent une paisible petite bourgade américaine. Un film qui se distingue des autres grâce à ses plans rapprochés sur des limaces reproduites en latex, filmées en gros plans, en train d’essayer de mordre des gens. Vous n’aurez pas peur, mais ça vous fera au moins sourire.
La Nuit des vers géants (1976) de son côté, ne joue pas la carte de l’humour, involontaire ou non. Dans ce film au scénario sans queue ni tête à base de coupure de courant qui réveille un mal profond, on suit une nouvelle fois la vie toute chamboulée d’une petite ville rurale américaine. Mais cette fois-ci, la menace prend la forme de milliards de vers de terre carnivores. Pourquoi y jeter un œil ? Notamment pour ses effets spéciaux particulièrement répugnants et réussis. Enfin, au croisement des productions de type « Films de Requins » et teen movies, on retrouve Leeches : Les sangsues mutantes (2003), avec ses sangsues en plastique gonflées aux stéroïdes après quelques cocktails de nageurs plein d’EPO.
Grenouilles & Crapauds
Hasta la Revolución ! Dans Frogs (1972) de George McCowan, tous les animaux se trouvent un adversaire commun : l’Homme. L’histoire, c’est celle d’une riche famille qui se réunit sur une île et se retrouve confrontée à une révolte de la nature : grenouilles, reptiles, oiseaux et insectes deviennent progressivement des menaces. Un film dans la tradition du cinéma d’horreur écologique des années 70.
Guêpes & Abeilles
Attention, voilà un film qui ne joue pas dans la même cour que les autres. Si je vous dis qu’il a été nommé aux Oscars et qu’il propose un casting 5 étoiles réunissant Michael Caine, Katharine Ross, Richard Widmark, Richard Chamberlain ou Henry Fonda, admettez qu’on est loin des sangsues sous stéroïdes… L'Inévitable catastrophe (1978) de Irwin Allen nous emmène au Texas, dans une petite ville menacée par des millions d’abeilles africaines. Et ? Et c’est tout, ma foi. Pour le reste, ça ressemble surtout à un film catastrophe dans la lignée de ce qui se faisait encore à Hollywood à cette période, mais très inspiré des années 50.
Fourmis
Retour sous terre avec L'Empire des fourmis géantes (1977), une (très) libre adaptation d’un roman de H.G. Wells. Un pur produit de l’âge d’or des films de monstres atomiques façon Godzilla (1954), puisque le scénario de départ est le même : un type d’animal est exposé à des déchets radioactifs entraînant la naissance de monstres sauvages.
Dans celui-ci, des fourmis géantes de la taille d’une vache s’en prennent à une expédition immobilière. On appréciera en particulier l’enchaînement de vraies fourmis mises à l’échelle, en superposition avec des acteurs et des décors, et de grosses fourmis en latex filmées de près. Une alternance qui donne un rendu singulier au film. Dans le même registre, mais avec un charme un peu plus désuet, vous pouvez aussi considérer Des monstres attaquent la ville (1954), qui prouve à lui seul que plus de 40 ans avant Starship Troopers (1997), l’Homme combattait déjà des nuées d’insectes !
Tiques
La même année que Jurassic Park, le marché des vidéoclubs était à son apogée. Parmi les VHS les plus prisées du rayon horreur, on pouvait trouver Infested (1993) ou Ticks. « Ils pondent. Ils éclosent. Ils tuent » nous dit la bande-annonce. Et on veut bien la croire. Le film met une nouvelle fois en scène des adolescents qui découvrent un laboratoire clandestin utilisant des stéroïdes. Peut-être a-t-on affaire au même scénariste que celui des sangsues ? Comme de bien entendu, un accident survient et provoque la croissance monstrueuse d’une espèce. Il s’agit cette fois de tiques, un parasite déjà bien problématique en vrai. Alors imaginez-en des centaines, grosses comme des ballons de basket… Avec Seth Green, dans un de ses premiers rôles.
Rats
Éloignez quelques instants les musophobes de votre écran, puisqu’on va s’intéresser maintenant aux films avec des rats. Cette fois encore, on retrouve deux variations à l’honneur. Dans Willard (1971), on suit un jeune homme marginalisé qui se lie d'amitié avec des rats et découvre qu'il peut les utiliser pour se venger des humains qui l'ont humilié. Une sorte de film de vengeance par rats interposés avec Bruce Davison, futur sénateur Kelly du film X-Men (2000) dans le rôle-titre et l’éternel Ernest Borgnine. Le film aura droit à un remake anecdotique en 2003 avec Crispin Glover. Avant François Cluzet et ses fouines dans Les Petits Mouchoirs (2010), il y a eu Robocop contre des rats. Je m’explique. Dans D’Origine Inconnue (1983), Peter Weller, l’acteur qui a donné vie à RoboCop (1987) incarne un homme seul dans sa maison qui tente d'éliminer un rat qui s'est installé dans ses murs. Un scénario sous forme de blague qui se transforme en une lutte contre le rongeur devenant progressivement obsessionnelle.
Crocodiles & Alligators
Il fallait tout de même aujourd’hui parler des films de crocodiles. Alors bien sûr, les films de crocodiles, c’est comme les films de requins et on en trouve des dizaines. C’est vrai. Et les crocodiles, comme les alligators, on le sait très bien, sont des animaux dangereux. C’est vrai aussi. Mais je ne résiste pas à l’idée de mettre en lumière l’excellent film Crawl (2019) d’Alexandre Aja dont la suite est actuellement en production. Déjà parce que c’est sans doute un des meilleurs films de toute notre sélection. Et ensuite, car il est clairement trop peu connu. Dans Crawl, Kaya Scodelario, Barry Pepper et Morfydd Clark se retrouvent piégés dans un quartier résidentiel inondé après le passage d’un ouragan. Un film sous tension efficace et bien mené du début à la fin.
À voir aussi si vous aimez les grandes dents et les eaux stagnantes ; la comédie noire Lake Placid (1999) avec Bill Pullman, Bridget Fonda, Brendan Gleeson et Oliver Platt avec son crocodile préhistorique géant ; et le plus sérieux Black Water (2007) qui propose peu ou prou le même scénario que Hungry avec ses survivants suspendus à un arbre pendant la moitié de film.
Serpents
Il y a plusieurs façons de voir les films à base de serpents. Soit vous optez pour la comédie horrifique, soit vous parlez de prédateurs sournois à la morsure mortelle, soit vous mettez en avant un constricteur géant, une star du rap et une chanteuse latina. Notre sélection s’ouvre avec l’atypique Des serpents dans l'avion (2006) mettant en scène un Samuel L. Jackson en roue libre qui doit battre son propre record de juron à base de f-word. Le pitch, aussi bas du front que jubilatoire, est littéralement le titre du film pendant un peu moins de 2 heures : des serpents venimeux sont libérés dans un avion de ligne afin d'empêcher un témoin de parvenir vivant à Los Angeles. C’est couillon ? Oui, beaucoup. Et c’est sympa ? Oui, aussi.
Tout aussi barré, mais dans d’autres proportions, que seraient les films de serpents sans Anaconda, le prédateur (1997) ? Un film décomplexé avec Jennifer Lopez, Jon Voight, Ice Cube et Eric Stoltz aux prises avec un anaconda géant. C’est ce qu’on appelle un classique. Notez qu’en 2025, une suite-remake-meta avec Paul Rudd et Jack Black faisant eux-mêmes le remake du premier film sur fond de Nicki Minaj est arrivée jusqu’à nous. Une expérience… particulière. Dans le genre décomplexé, vous pourrez aussi jeter un œil à Copperhead (2008), qu’on pourrait retitrer « Cow-Boys & Big Snakes » ou « Des Serpents dans mon ranch ».A l’autre bout du spectre, on pense aussi au film Venin (1981) de Piers Haggard et Tobe Hooper avec Klaus Kinski et Oliver Reed. Un film beaucoup plus sérieux, avec des ravisseurs qui prennent un enfant en otage sans savoir qu'il possède un mamba noir. Ni que celui-ci s'est échappé dans la maison… Comment ça c’est une des idées de Maman, j’ai raté l’avion (1990) avec la scène de la tarentule ? Un peu de sérieux, voyons.
Orques
Retour dans l’eau, mais dans les grands fonds marins, avec un classique qui voulait très fort être les Dents de la Mer : Orca (1977). Dans ce film de Michael Anderson avec Richard Harris et Charlotte Rampling, on suit la triste aventure d’un capitaine de bateau qui devient la cible d’un orque mâle après avoir tué sa compagne. Notez que les orques sont très peu représentés dans le cinéma de genre de ce type, malgré son statut de super prédateur absolu. En effet, dans la nature, les orques chassent le requin blanc comme l’homme décime les sardines… Mais ne s’en prennent jamais aux humains, que les orques ont assimilé depuis l’aube des temps comme n’étant pas une proie. On peut respirer.
Piranhas
Je dirais qu’il y a deux voies si on veut trouver des piranhas tueurs à l’écran. Soit d’aller voir vers la fin des années 70 et début des années 80 avec la série des Piranhas (1978) et Piranha 2 : Les Tueurs volants (1982) de Joe Dante et James Cameron, soit d’aller voir mi-2010 du côté de la série remake incarnée par Piranha 3D (2010) et Piranha 3DD (2012) relancée par Alexandre Aja. Dans le cas des films originaux, on trouve des effets spéciaux kitchs, des scénarios à base d’expérimentations militaires et des poissons voraces et volants, dans le cas des remakes, on est sur des effets spéciaux cette fois réussis, mais illustrant un humour potache et lourdingue et de poissons géants carnivores préhistoriques pendant le Spring Break. Faites vos jeux.
Loups
Autant les films de loups-garous sont nombreux, autant les films mettant en scène de vrais loups sauvages sont plus rares. Il faut dire que contrairement aux légendes et aux chansons, l’Homme croise très peu le prédateur des montagnes. Mais il peut arriver que les rescapés d’un crash d’avion au fin fond de l’Alaska doivent survivre à une meute sauvage. C’est le cas dans Le Territoire des loups (2011) avec Liam Neeson. Un film plus orienté survie que film avec des animaux tueurs mais qui réserve son lot de scènes sous tension.
Araignées
Les araignées ont eu leur heure de gloire, mais les films les mettant en scène restent bien en retrait par rapport à d’autres du genre. Parmi les plus mémorables, on est une fois de plus devant un grand écart stylistique. Dans Arachnophobie (1990) de Frank Marshall avec Jeff Daniels, Harley Jane Kozak et John Goodman, on est dans le pur premier degré, avec sa bourgade archétypale envahie par des araignées amazoniennes. À l’opposé, Arac Attack, les monstres à huit pattes (2002) se la joue plus parodie pop-corn. David Arquette, auréolé du succès de Scream (1996) et de ses suites, y tient le rôle principal. Un film ouvertement humoristique qui ne se prend pas une seconde au sérieux.
Il faudra attendre Vermines (2023) du français Sébastien Vaniček avec Théo Christine, Sofia Lesaffre et Jérôme Niel pour retrouver une vraie dimension horrifique autour du thème. Dans ce premier film, le futur réalisateur de Evil Dead : Burn (2026) raconte comment Kaleb ramène chez lui une araignée exotique qui s'échappe et se reproduit dans son immeuble. Les habitants, d’abord incrédules, se retrouvent progressivement prisonniers de leur cité et devant une véritable invasion d'arachnides de toutes tailles.
Lamas
Bon d’accord, on avait dit pas de monstres et pas d’extra-terrestres. Mais dans la lignée de Velocipastor (2018) et des films du Poohniverse, prenons quelques instants pour parler de Llamageddon (2015). Dans ce film d’étudiants dans la lignée de Alpacalypse (2024), ayant coûté à peu près 3000 dollars, perclus de faux raccords et véritable ode à l’amateurisme en puissance, la vraie star c’est celle qui donne son nom au film : un lama extra-terrestre sanguinaire qui veut détruire l’Humanité. C’est tout ? Non, car l’animal peut aussi tirer des lasers avec les yeux et infecter les autochtones avec son crachat toxique, ce qui a pour résultat de transformer ses victimes en mutants mi-hommes mi-lamas ovipares.
Licornes
Pour finir en beauté, la maison vous conseille un petit voyage dans l’univers féérique des licornes. Oui, on avait dit pas de surnaturel. Mais là, on peut faire une exception. La Mort d’une Licorne (2025) est une production A24 d’Alex Scharfman qui réunit à l’écran Paul Rudd, Jenna Ortega, Will Poulter, Téa Leoni et Richard E. Grant. Tout ce petit monde doit se retrouver dans une villa privée dans les montagnes, en vue de signer un contrat pharmaceutique au sommet. Sauf que l’un des convives percute malencontreusement une licorne et ne trouve rien de mieux à faire que de l’embarquer dans son coffre. Une licorne comme vous n’en avez jamais vue, avec ses dents à faire pâlir un fauve, et une corne aiguisée comme un glaive… Le point de départ d’un grand n’importe quoi qui mêle sorcellerie antique et animaux fantastiques sur fond de cynisme capitaliste. Oui, ça valait bien quelques lignes de plus.
Hippopotames
Arrive enfin l’objet qui a motivé cette liste : Hungry. Une nouvelle entrée inédite pour notre grande série de films avec des animaux tueurs : un hippopotame en colère. S’il ne brille pas par son originalité, ce film Netflix peut au moins se targuer d’être le premier du genre à mettre en avant l’animal. En effet, si dans le vrai monde les orques n’attaquent pas l’Homme, il en est tout autrement des hippopotames qui trustent la 11e place sur la liste des animaux responsables de décès humains par année. Notez que Hungry n’est pas l’adaptation au cinéma du jeu Hippos Gloutons, pourtant en gestation d’après les rumeurs !


























































