
De Red is Dead à Evil Dead : Alain Chabat boucle la boucle !
Si vous avez un peu tendu l’oreille devant Evil Dead Burn (2026), entre les hurlements de Souheila Yacoub et Hunter Doohan, le rugissement d’une débrousailleuse (qui remplace l’iconique tronçonneuse de la saga) et la bande originale très francophile, vous avez dû reconnaître une voix familière. En l’occurrence celle d’Alain Chabat, qui s’invite dans le film le temps d’un caméo téléphonique dans le rôle du père de l'héroïne. Si la présence de l’ex-Nul tient du clin d’œil, elle s’inscrit dans une continuité horrifico-comique savoureuse.
Alain Chabat, passion horreur
Si on connaît le goût affirmé d’Alain Chabat pour la bande dessinée et pour l’humour anglo-saxon (notamment l’esprit SNL mais également Wayne’s World dont il assura l’adaptation VF), l’acteur-réalisateur-producteur-génie (oui, je suis de la #TeamChabat) a aussi une vraie passion pour le cinéma d’horreur. Outre son rôle de cinéaste à la recherche du meilleur gémissement dans Réalité (2015) de Quentin Dupieux, il a joué dans l’étrange et malaisant Baby Blood (1990) d’Alain Robak qui le confronte à un fœtus assoiffé de sang. Et parmi ses films de référence, on retrouve un certain… Evil Dead 2 (1987).

Sam Raimi vs. les Metteurs en Scène Qui B****** Rien Sur Les Tournages
En 1990, dans le cadre de Les Nuls, l'Émission avec ses camarades Chantal Lauby et Dominique Farrugia, Alain Chabat développe un spot parodique d’une célèbre publicité de l’époque pour une lotion antipelliculaire. On y voyait un « réalisateur » à la chevelure flamboyante prendre le temps de se frictionner la tête entre deux prises : les Nuls décident de détourner cette pub iconique à travers des vidéos de la (fausse) « Fondation Contre les Metteurs en Scène Qui B****** Rien Sur Les Tournages (Foundation Againt Directors Who Don’t Do Shit On Their Shoot) ». Comme James Cameron et Luc Besson, Sam Raimi, de passage à Paris pour la promotion de Darkman, se prête au jeu. C’est très drôle, et c’est la première rencontre entre Chabat et Evil Dead.

Red is Dead, c’est affreux !
Quatre ans plus tard, les Nuls s’essaient au cinéma, avec un chef d’œuvre absurde qu’on ne présente plus : La Cité de la Peur (1994). Accompagnés par Alain Berbérian derrière la caméra, le trio livre une comédie familiale autour des meurtres d’un serial killer en plein Festival de Cannes. Le tueur du film, vêtu d’un bleu de travail et d’un masque de soudeur et armé d’une faucille et d’un marteau (car c’est une pourriture communiste, ne l’oublions pas), s’inspire d’un film dans le film, le savoureusement nanardesque Red is Dead dont les dernières minutes ouvrent le long métrage (vous suivez ?) durant une projection au Marché du Film. Tous les éléments de l'horreur eighties sont réunis dans cette série Z assumée, entre boogeyman increvable, hurlements à répétition et cabane dans les bois. On sent vraiment l’inspiration Evil Dead dans ce délire qui confronte Dominique Farrugia (alias Simon Jérémy) et une jeune Hélène de Fougerolles au sinistre Youri (c’est Alain Chabat dans le costume)… et dont l'affiche se glissera sur la devanture d’un cinéma dans Santa & Cie (2017).

Evil Dead Burn : la boucle est bouclée
Quand Sébastien Vaniček lui propose une apparition dans son Evil Dead Burn, Alain Chabat accepte immédiatement. Sur le plateau de Quotidien, le réalisateur de Vermines explique : « S’il n’avait pas été fan, je ne pense pas que j’aurais eu son numéro de téléphone ! C’est un grand, grand fan. Il a fait un sketch avec les Nuls avec Sam Raimi, aussi. On s’est rencontré autour de ça, on lui a proposé de manière fun de faire sa petite apparition très courte et il a accepté avec grand plaisir. Il était très content. » L’Evil Boucle est donc bouclée pour Alain Chabat… avant de réaliser lui-même un film d’horreur ?












