Une vie avec le syndrome Gilles de la Tourette : l’histoire vraie derrière le film Plus fort que moi

Une vie avec le syndrome Gilles de la Tourette : l’histoire vraie derrière le film Plus fort que moi

Maëlle Beauget-Uhl
Maëlle Beauget-Uhl

Publié le 31 mars 2026

Mis à jour le 01 avril 2026

Plus fort que moi / I Swear (2025), le film de Kirk Jones qui a fait sensation aux Baftas en février dernier, sort enfin dans les salles françaises cette semaine. Robert Aramayo, qui était nommé aux côtés de Timothée Chalamet, Leonardo DiCaprio, Michael B. Jordan et Ethan Hawke, avait remporté la statuette du Meilleur acteur pour sa prestation dans le film. Il y incarne John Davidson, un militant écossais atteint du syndrome Gilles de la Tourette. 

Le long métrage retrace son parcours de vie, qui bascule du jour au lendemain, lorsque les premiers signes du syndrome, qui provoque des tics et insultes non-contrôlés, font leur apparition l'année de ses 14 ans. Dès lors, le jeune homme est harcelé par ses camarades et incompris par ses parents, en particulier par son père, qui en vient même à quitter le domicile familial. 

Un film, deux documentaires

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la vie de John Davidson après ou même avant de découvrir le film, la BBC a, dès ses 16 ans, suivi le quotidien de l’adolescent dans le documentaire John’s Not Mad (1989). Kirk Jones a d’ailleurs expliqué à la chaîne que les images tournées à l’époque l’avaient beaucoup marquées :

« Je m'étais rappelé de la vie de John d'après ce documentaire. Il est parfois incroyablement triste, mais très drôle aussi. Je ne pouvais penser à personne d’autre qui avait connu ces 40 dernières années, une vie avec autant de bouleversements, de tragédies et d'émotions. »

Dans ce documentaire, John témoigne de son expérience face caméra, de façon extrêmement ouverte et vulnérable. Il avoue même avoir pensé au suicide les jours les plus durs, un chapitre très sombre de sa vie qui est aussi montré dans le film. Les tâches du quotidien, comme faire les courses avec sa mère ou partager un repas en famille, relèvent du défi et valent au jeune garçon de nombreux regards en coin et des remarques des passants. Dans une interview, Davison a témoigné de l'impact de ce documentaire sur sa vie de tous les jours, en particulier à Galashiels, dans sa ville d’enfance :

« Avant la diffusion, je ne voulais même plus sortir. Les gens traversaient la rue pour changer de trottoir et éviter de me croiser, ou ils me fixaient du regard ou m'insultaient. Après la diffusion, je me suis forcé à retourner dehors pour voir si les choses avaient changé. Les gens traversaient pour venir me voir. Ils s'excusaient et disaient qu’ils ne savaient pas ce que je traversais. Ils me souhaitaient bonne chance. Il y a eu un changement drastique dans leur comportement après ce documentaire, et le reste et bien, c’est de l'histoire. » 

En plus du travail de militantisme mené par John Davison au cours de sa vie pour mettre en lumière le syndrome et ses effets, il a également participé à un deuxième documentaire The Boy Can’t Help It (2002), tourné treize ans plus tard. John y est désormais dans sa trentaine, et vient en aide à un jeune garçon de huit ans, également atteint du syndrome Gilles de la Tourette.

Plus fort que moi est-il fidèle à la vie de John Davidson ?

Dans les moments les plus légers comme dans les plus dramatiques, Plus fort que moi est très fidèle à la vie de John Davidson, qu’il s’agisse de la performance incroyable de Robert Aramayo, à l'écriture très honnête et naturelle du film. L’acteur anglais a passé de nombreuses semaines en compagnie de John Davidson afin d'étudier son accent, son langage corporel et ses tics. Après avoir vu le film, ce dernier a déclaré que c'était comme se voir à l'écran tant le travail réalisé par Aramayo était précis et méticuleux.

Le syndrome Gilles de la Tourette a valu à Davidson de nombreux déboires avec une justice et une police qui n'étaient pas suffisamment éduquées sur cette condition, comme on peut le voir dans le film à plusieurs reprises. L’un des moments les plus traumatisants de sa vie est un véritable choc pour le public également : un soir, au détour d’une ruelle, le jeune homme est passé à tabac avec une barre en fer, après qu’il ait insulté une jeune femme. Davidson est pratiquement laissé pour mort, et se réveille à l'hôpital. Cette altercation lui a pratiquement coûté la vie, et c'est justement pour éviter des situations aussi extrêmes que ce film et le travail de Davidson et d'autres militants est aussi important.

En ce qui concerne sa première rencontre avec Dottie Achenbach, elle est aussi vraie dans le film que dans la vie. Dans une interview  donnée à l'occasion de la sortie du film, Achenbach a raconté : « Quand ce jeune garçon est entré, il a dit ‘Ha-Ha, tu vas mourir d’un cancer!’ C’était la première fois depuis des semaines qu’on avait été aussi honnête avec moi. Et j’ai pensé, on va bien s’entendre ! »

Quelles sont les avancées médicales ?

À la fin du film, on se retrouve en 2023. John Davidson se rend à l’Université de Nottingham pour rencontrer une chercheuse ayant travaillé plusieurs années sur un bracelet permettant de réguler le système nerveux des personnes atteintes d'un fort syndrome Gilles de la Tourette. Dans une séquence très émouvante, John se rend pour la première fois dans une bibliothèque. C’est un rêve simple mais qu’il n'avait jamais pu réaliser par peur de ses tics trop bruyants. Mais cette fois-ci, il est apaisé et serein et peut enfin profiter d’un peu de quiétude. Il demande à la chercheuse s’il peut garder le prototype, mais elle lui répond qu’il faut d’abord mettre en place un protocole de tests.

Davidson s'est d'ailleurs exprimé à ce sujet : « On m’a mis ce prototype qui ressemble à une smartwatch. Elle se situe sur le nerf médian et envoie des impulsions électriques à une partie du cortex cérébral. Et pour une raison que j'ignore, ça bloque une grosse partie des signaux de tics. Je n'en revenais pas, ça m'a ému aux larmes. Je ne m'étais pas senti aussi calme depuis des années, ça a réduit les tics d'environ 45-60%. (...) « Ils ont les budgets, maintenant ils attendent que le gouvernement fasse les vérifications médicales et les recherches nécessaires pour autoriser son utilisation, ce qui j'espère devrait avoir lieu en janvier ou février. C'est un moment vraiment très important pour beaucoup de gens. »

L'histoire vraie et le parcours semé d'embûches de John Davidson, un adolescent atteint du syndrome de la Tourette, une maladie encore méconnue dans les années 1980.
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À propos de cette liste

Titres

1

Durée totale

2h 1min

Genres

Drame

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