De George A. Romero à Sam Raimi, les cinéastes d’horreur ont toujours été attirés par la figure du zombie. Leur notoriété ne s’est jamais limitée au grand écran : les morts-vivants -depuis déclinés en infectés- ont également connu un regain de popularité grâce aux succès phénoménaux de séries telles que The Walking Dead (2010-2022) et The Last of Us (2023-).
Parmi les franchises ayant le plus marqué l’imaginaire et l’imagerie du genre, on retrouve sans doute 28 jours plus tard, qui a connu une seconde vie avec la sortie d’un troisième volet, vingt-trois ans après le premier film. Ce nouvel opus est suivi d’un quatrième épisode, sorti en début d’année 2026 et réalisé par Nia DaCosta. Le troisième film inaugure par ailleurs une nouvelle trilogie, dont le dernier chapitre n’a pas encore été officiellement confirmé par le studio.
Comme la série a évolué en fonction des changements créatifs des cinéastes, les spectateurs peuvent se demander si chaque volet est indispensable pour comprendre le suivant. Du point de vue de la temporalité narrative, la saga laisse certes peu de place au doute puisqu’elle suit un ordre chronologique, mais cela ne signifie pas pour autant que chaque film soit strictement lié aux autres. Faut-il regarder les deux premiers films pour comprendre la trilogie 28 ans plus tard ? Y a-t-il des personnages récurrents ? JustWatch vous explique tout.
28 Jours plus tard (2002)
Réalisé par Danny Boyle et écrit par Alex Garland, 28 Jours plus tard (2002) nous plonge dans une Angleterre ravagée par le Virus de la Fureur (« Rage Virus »), qui transforme les êtres humains en contaminés. (Petite parenthèse : au sein de la série, personne n’emploie le mot « zombie », car les personnes infectées ne sont pas mortes, elles ne sont donc pas des morts-vivants non plus)
Le personnage principal, Jim, se réveille d’un coma après un accident et découvre un monde complètement dévasté par une maladie qu’il peine à comprendre. Le personnage est interprété par un jeune Cillian Murphy, alors au début de sa carrière, tandis que Selena, qui l’accompagne dans sa quête de survie, est incarnée par Naomie Harris.
Bien que Danny Boyle ne considère pas le film comme un film de zombies, 28 jours plus tard a largement contribué à la popularisation du genre au début des années 2000. Grâce à son esthétique lo-fi -notamment l’usage d’une caméra mini-DV qui confère à l’image un aspect sale et granuleux- le long métrage a laissé une empreinte durable sur le cinéma d’horreur contemporain. Au sein de la saga, 28 jours plus tard demeure une entrée essentielle, d’autant plus que certains personnages font leur retour dans 28 ans plus tard : Le Temple des morts (2026). On vous aura prévenus !
28 Semaines plus tard (2007)
La deuxième entrée de la série a sans doute été éclipsée par la popularité du premier film et a notamment été critiquée pour son manque d’originalité sur le plan narratif. Pourtant, elle parvient à élargir l’univers iconographique imaginé par le duo Boyle & Garland. Réalisé par Juan Carlos Fresnadillo -que l’on connaît plus récemment pour La Demoiselle et Le Dragon (2024)- 28 semaines plus tard (2007) se déroule six mois après le déclenchement de l’épidémie du Virus de la Fureur.
On y apprend que la plupart des contaminés sont morts de faim et que les forces militaires de l’OTAN ont établi une zone protégée au cœur de Londres. Les personnages principaux, le frère et la sœur Andy et Tammy, y arrivent pour s’installer avec leur père. Mais leur désir de retourner dans leur ancienne maison, située en dehors de cette zone sécurisée, entraîne la réintroduction du virus parmi les survivants et, selon la fin du film, sa propagation potentielle dans d’autres régions du monde.
Cependant, avec le troisième volet, cette piste narrative sera abandonnée, tout comme l’idée de personnages naturellement immunisés contre le virus. Ainsi, sur le plan de la continuité, le deuxième film n’établit pas de lien direct avec la suite. Il possède néanmoins d’autres qualités : une tonalité encore plus sombre et violente que celle du premier opus, ainsi qu’une critique acerbe des forces administratives et militaires en situation de catastrophe -un thème que l’on retrouve également dans La Bombe (1966) ou, plus récemment, dans A House of Dynamite (2025). Le film bénéficie enfin d’un casting solide, réunissant Robert Carlyle, Rose Byrne, Imogen Poots, Jeremy Renner et Idris Elba.
28 ans plus tard (2025)
Après la sortie du deuxième film, des discussions autour d’un troisième volet étaient déjà en cours. Cependant, en raison de divergences créatives, il aura fallu près de vingt ans pour que le projet se concrétise. De manière générale, les tentatives de relance d’anciennes sagas ne fonctionnent pas toujours comme prévu ; pourtant, 28 ans plus tard (2025) fait figure d’exception. Le film a non seulement su séduire les fans de la première heure, mais il a aussi permis à une nouvelle génération de cinéphiles de découvrir la saga. Réunis pour la première fois depuis le film original, Danny Boyle et Alex Garland livrent ici une suite remarquable. Ils évitent l’écueil du « fan service » et atteignent une véritable originalité, à la fois stylistique et narrative.
Vingt-huit ans après l’épidémie, l’Angleterre demeure placée sous quarantaine, contrairement au reste du monde. L’intrigue se déroule sur une île où vit une petite communauté de survivants, parmi lesquels le jeune Spike. À douze ans, il part avec son père pour sa première expédition sur le continent afin d’affronter les contaminés. Le film débute comme un récit initiatique, dans un univers archaïque et presque analogue, comme si l’épidémie avait fait régresser la civilisation. Mais la relation entre Spike et sa mère, atteinte d’un cancer, ainsi que leur rencontre avec le Dr Kelson, transforment progressivement l’atmosphère du film. Le récit glisse alors vers une méditation mélancolique sur le deuil. Boyle continue de surprendre son public et, par une fin totalement inattendue, annonce les thématiques et les questionnements auxquels la suite tentera de répondre.
Au-delà de sa réussite en tant que relance de saga, 28 ans plus tard s’impose comme l’un des films hollywoodiens les plus marquants de l’année. Porté par des performances inoubliables de Ralph Fiennes, Jodie Comer, Aaron Taylor-Johnson et Jack O’Connell, c’est un film que même les spectateurs réticents face au cinéma de zombies pourront -et devraient- découvrir sans hésitation.
28 ans plus tard : Le Temple des morts (2026)
Sorti quelques mois après 28 ans plus tard, 28 ans plus tard : Le Temple des morts (2026) reprend directement là où le film précédent s’arrêtait. Pour bien comprendre les événements, il est donc préférable d’avoir vu le troisième volet au préalable -d’autant plus que Danny Boyle y introduit différentes catégories d’infectés, comme les rampe-lents et les Alphas.
On y retrouve Spike, désormais confronté au gang mené par « Sir Lord » Jimmy Crystal — personnage qui se démarque grâce à l’interprétation extraordinaire de Jack O’Connell — lequel tente de le recruter en le rebaptisant Jimmy, à l’image des autres membres de sa secte. Ailleurs, près du monument mortuaire qu’il a construit à partir d’ossements, le Dr Kelson poursuit ses expérimentations avec Samson, un Alpha sur lequel il tente d’inverser les effets du virus.
Réalisé par Nia DaCosta, le film ne se présente ni comme une grande digression stylistique ni comme une rupture narrative, et l’on ressent inévitablement qu’il s’agit, pour la réalisatrice, d’un film de commande. L’accent mis sur le culte satanique dirigé par Lord Jimmy confère toutefois à l’ensemble une tonalité plus macabre et plus gore. Le message du film peut également sembler quelque peu attendu : les êtres humains peuvent parfois se révéler plus monstrueux que celles et ceux que l’on croit privés d’humanité.
Par ailleurs, malgré une scène finale promettant le retour de personnages du premier film, les résultats au box-office n’ont pas été au rendez-vous. Les performances des acteurs ne manquent pourtant ni de subtilité émotionnelle -ni, dans le cas de O’Connell, d’une véritable folie -mais le film souffre d’un manque d’audace artistique.
Y aura-t-il 28 ans plus tard 3 ?
Après la déception rencontrée par le film au box-office, les fans ont commencé à s’interroger sur le sort du dernier chapitre de la saga, d’autant plus que Sony n’a, à ce jour, rien annoncé concernant la suite. Même si 28 ans plus tard a été conçu comme le premier volet d’une nouvelle trilogie et que Danny Boyle et Alex Garland ont exprimé leur volonté de poursuivre le récit de Spike, il faudra sans doute patienter avant de savoir quelle direction prendra la franchise. Espérons simplement que l’attente pour ce cinquième film ne soit pas aussi longue que celle qui a précédé l’arrivée du troisième opus !



















































































































